‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 267 sur 662 · OCTOBRE 1710, ON REVIENT A PIED AUX NASSONITES · texte numérisé non relu

OCTOBRE 1710, ON REVIENT A PIED AUX NASSONITES

nos descouvertes, ayant trouvé une lieue et demie d'abregée par un beau chemin.

Le 1°", nous aperçusmes une très grande multitude de bœufs sauvages qui paroissoient épouruntés, Nostre Sauvage en tua quelques-uns; il s'arresta à Ics boucaner, contre mon avis. Ayant jugé que les bœufs estoient chassés par quelques nations ennemies, je suivis mon chemin, Ayant avancé d’une lieue, nous cusmes connoissance d’une cinquantaine de cavaliers qui suivoient le bœuf; nous en fismes des Cancy. Cela nous fit redoubler nos pas jusqu'à dix heures du soir que nous nous arrestasmes près d'un ruisseau. Je comptois un de mes noirs perdu, ayant resté avec le Naouydiche au boucanage, mais il arriva à deux heures du matin, s'estant sauvé i la faveur des herbes, où il s'estoit caché. Suivant son rapport, notre guide et sa femme avoient esté mis à mort.

Le 3, nous nous égarasmes dans les montagnes. Comme j'avois observé, en venant, l'aire du vent à la boussole et corrigé la route, je fis le Sud-Est; mais nous trouvasmes des chemins si difficiles, avec des lacs qu'il falloit traverser, que je perdis ce jour-là trois chevaux avec leurs charges.

Depuis le 4 jusqu'au $ du mesme mois, nous rodasmes dans les montagnes. Tous nos chevaux v périrent. Nous fusmes contraints de nous en venir à pied avec chacun un paquet de cheval boucané.

Le 9, nous retrouvasmes notre chemin, et le 13 nous arrivasmes aux Nassonites. extrêmement fatigués d'une route si pénible. Je trouvay le caporal de la garnison, Saint-François, de retour des Natchitoches, qui me donna deux lettres, l’une du Conseil de la Louisiane, l’autre de M. de Bienville, desquelles voicy la teneur :

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