‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 269 sur 662 · NOVEMBRE 1710. LA HARPE GRAVEMENT MALADE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE 1710. LA HARPE GRAVEMENT MALADE

Nous suivismes la fourche de la gauche, celle de la droite qui forme la grande rivière estant à sec, et formant deux isles dans les eaux hautes. Cette rivière est éloignée de 20 lieues des Cadodaquious, quoyque par terre il n’y ait que 8 à 9 lieucs. Le 50, nous aperceusmes les cajeux, sur lesquels les Tonicaus avoient traversé la rivière.

Le 31,je tombay dangereusement malade d'une grosse fièvre avec délire.

Le 1°", un jeune chirurgien, que j’avois avec moy, me soigna. La connoissance me vint un peu. Nous restasmes au cabanage. Je continuay d’estre affligé de maladie et hors d’estat que l’on pust me descendre à terre, de sorte que j'estois obligé de coucher dans la pirogue. Exposé au vent et à la pluye et au froid, estendu sur une simple robe de bœuf, j'arrivay dans cet estat, le 21 Novembre, au portage des Natchitoches, éloigné de ce poste de 25 lieues par terre, et de 14 par les lacs ; la rivière estant basse, et ne pouvant aller plus loin par eau, l'on me porta à une cabane sauvage abandonnée, où l'on me laissa avec deux de mes gars, et pour tous vivres trois livres de mahys. Le reste de mes gens furent chercher des secours soit chez les nations Adayes, en cas qu'ils les eussent rencontrées, ou bien aux Natchitoches pendant leur absence. Notre mahys ayant finy, nous ne vivions que de senelles et quelque pourpier sauvage, ce qui me réduisit à la dernière extrémité.

Le 4, deux de mes gens arrivèrent des Natchitoches avec des vivres. Ils m'amenèrent le chef blanc avec trois hommes de sa nation, les cinquante Adayes qu'ils avoient pris sur la route pour ayder à faire mon portage. Ils me trouvèrent si foible et en si mauvais estat, qu’ils ne jugèrent pas à propos de me faire partir. Ces Adayes m'ayant examiné et connois-

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