DÉCEMBRE 1710. MISSIONNAIRES ESPAGNOLS RAPPELÉS
« Mon Révérend Père,
« La vénération parfaite que j'ay pour Votre Révérence, jointe à l'inclination que j'ay pour la nation espagnole, m'a fait sentir avec douleur la rupture entre nos deux nations. Le sang qui les unit et la grandeur d'âme des princes qui nous gouvernent doivent nous faire espérer sous peu une union parfaite. Pénétré de ces sentimens, je me rendis à votre mission des Adayes dans le dessein d'assurer Vos Révérences contre Ja malignité de nos Sauvages, et de soutenir et protéger les missions, desquelles vous estes le digne pasteur. — J'ay eu le malheur dene pas vous y rencontrer, mais seulement le frère Manuel, lequel, ne voulant pas se fier à mes promesses, s'enfuit, abandonnant la mission avec les vases sacrez et quelques effets, des quels je me saisis, de crainte qu’ils n’eussent esté profanés et pillés par des idolastres. Vous pouvez, mon Révérend Père, les envoyer chercher icy, où tout vous sera rendu ponctuellement. Je vous sollicite aussi, suivant les ordres que j'ay reçus de mon général, de retourner à votre mission et de vivre avec nous avec la mesme cordialité que cy-devant, vous promettant tous secours et assistance.
« Je suis, mon Révérend Père, le plus humble de vos ser viteurs.