‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 285 sur 662 · LE NAVIRE LES ABANDONNE · texte numérisé non relu

LE NAVIRE LES ABANDONNE

cer davantage, Nous voulusmes gagner dans les terres, nous les trouvasmes noyées la mesme chose. I fallut donc prendre la résolution de retourner sur ses pas, ce que nous fismes, Nous avions déjà plus de biscuit, Nous tuions de tems en tems auclque gibier, cependant bien peu. Après avoir marché, oujours en retournant sur nos pas, nous trouvasmes un petit canot sur le sable, qui sortoit sans doute de la rivière de la Louisiane, et que la mer avoit jeté en cet endroit, Nous résolusmes de le tirer de dessus le sable et de le passer sur un trajet de terre d'un quart delieue de large, qui se rendoit à une rivière que nous voyions, laquelle rivière faisoit un grand tour et retomboit à la mer, à l'embouchure de la baye, dont jay parlé cy-devant,

Nous nous mismes donc tous les cinq après ce petit canot qui estoit tout neuf, et ayant fait des routes avec une hache que nous avions descendue avec nous, nous le roulasmes en noins d’un jour à ladite rivière.

Il y avoit déjà pour lors un jour que nous n'avions mangé. Je fus avec le sieur Legendre à la chasse, le matin, ayant pris la nuit précédente pour nous reposer de la fatigue, que nous avions eue à passer ce petit canot; le soir nous revinsmes avec un chevreuil que nous avions tué, et que nous apportasmes à nos camarades. Nous en fismes cuire ct en mangeasmes à discrétion, car nous mourions de faim. Nous en man- SCASMES tant que nous pensasmes mourir du mal d'estomac, l'ayant mangé sans pain,

Cette expédition faite, et le reste de notre viande presque lin, le surlendemain estant venu, nous résolusmes de nous em-

barquer dans notre canot et d'aller dans la rivière, tant que

nous trouverions de l’eau. Nous partismes sur le champ ct

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