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LES OFFICIERS MONTENT ET DESCENDENT UNE RIVIÈRE

ramions de toutes nos forces. Nous fismes ce jour-là six à sept lieues, et puis nous nous arrestasmes pour chasser dans cet endroit. Nous finismes de manger le reste de notre chcvreuil, et dès le lendemain nous rembarquasmes pour gagner toujours dans la rivière. Nous marchasmes, comme cela, huit à neuf jours, après quoy nous trouvasmes la fin de ladite rivière, qui finissoit dans un petit estang. Nous en fismes le tour pour voir s’il n’y avoit point quelque petite rivière, dans laquelle nous pussions entrer. Nous n'en trouvasmes point.

Nous fusmes encore obligés de retourner d’où nous venions. Nous n'avions presque rien à manger, et nous estions si fatigués que nous n'en pouvions plus; mais comme la rivière descendoit nous nous laissions dériver, ne mangeant que quelques petits oiseaux, que nous tuions, car il est très dificile de trouver du chevreuil, estant extrêmement épouvanté par les Sauvages, qui descendent de ce costé-là l'été. Comme nous estions dans l'hiver, nous n’en trouvasmes aucun. Nous vismes cependant, en descendant cette rivière, un chevreuil mort sur le bord de l’eau, qui commençoit à sentir fort mau-

ais. Nous restasmes là deux jours pour manger de cette beste et pour nous reposer un peu. N'ayant plus qu'une gigue de ce chevreuil, nous nous embarquasmes, ayant résolu entre nous de gagner le bord de la mer, comme j'ay dit cy-devant que cette rivière y résidoit, et mesme à l'embouchure de la baye. Nous avons mis à terre, ayant marché pour cet eflet huit jours. Nous nous rendismes dans un petit cul-de-sac, où nous trouvasmes quelques huistres. Nous arrestasmes là pour en manger, car mes camarades n’en pouvoient plus de faim

et de fatigue, et estoient hors d’estat d'en pescher, à l'exception du sieur Legendre et mor. Nous en peschasmes tous

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