‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 302 sur 662 · BONNE RÉCEPTION DE BELLE-ISLE CHEZ LES ASSINAIS · texte numérisé non relu

BONNE RÉCEPTION DE BELLE-ISLE CHEZ LES ASSINAIS

donnèrent une robe de bœuf, avec laquelle je me couvris depuis les pieds jusqu’à la teste, et puis ils me firent monter sur un de leurs chevaux.

Nous nous mismes sur-le-champ en chemin, et au bout de quatre jours de marche, nous arrivasmes au premier village des Bidayes, nation sauvage. Ils nous donnoïent, en passant, ce qu'ils avoient pour manger. Nous marchasmes de cette manière bien dix-sept à dix-huit jours, au bout desquels nous arrivasmes au premier village des Assinais.

Dès que ces bons Sauvages nous virent à trente pas, ils me tirèrent une vingtaine de coups de fusil pour me saluer (ils ont ces fusils des François), et en mème temps vint une Sauvagesse Assinaise au-devant de moy, qui me prit la main ct me dit en espagnol qu’elle estoit bien faschée de me voir dans un si triste état, et qu'elle auroit souhaité sçavoir mon infortune plus tost, que les François n'auroient point eu la peine de m'aller chercher, et que ses gens seroient bien venus d'eux-mesmes.

Après ce joli compliment, elle me dit qu’elle me prioit de demeurer chez elle pendant le séjour que je ferois dans son village. Je l’acceptay avec plaisir, Quand je fus dans sa cabane, tous les Assinais de ce village vinrent et dirent à cette Sauvagesse, nommée Angélique, de me dire de leur part qu'ils devoient partir dès le lendemain matin pour aller à la guerre contre leurs ennemis, qu'ils appellent Sadamon, ct qu’au bout de dix jours ils seroient revenus, et qu'ils me mèneroient tous en corps au fort Saint-Jean-Baptiste de Naquitoche, chez les François. Je luy dis de leur dire que je le voulois bien. Ilne me falloit pas moins que cela pour me délasser, car

’avois la cheville des pieds grosse comme la teste, de fatigue.

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