‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 303 sur 662 · PF 172 TL UNE SAUVAGESSE ABRITE ET SOIGNE BÉLLE-ISLE · texte numérisé non relu

PF 172 TL UNE SAUVAGESSE ABRITE ET SOIGNE BÉLLE-ISLE

Le matin estant VENU, tous ces Sauvages me dirent adieu ct partirent pour aller contre leurs ennemis. Pendant le séjour que je fis chez cette Angélique, tout ce qu'elle avoit de meilleur elle me le faisoit servir, et elle avoit autant d'amitié pour moy que si j'eusse esté son enfant. JC trouvay ce traitement si doux en comparaison de celuy que je venois de souflrir que je fus guéry de tous mes Maux en huit jours, au bout desquels je demanday à Angélique Pourquoy leurs hommes ne venolent point, comme ils M'avoient promis. Elle me dit qu'ils ne tarderoient Pas. Enfin, au lieu de dix jours qu'ils devoient rester absents, je passay

Sauvages ne revenoient point de leurs guerres; cela me cha-

deux mois et demy que ces grinoit d’une façon Extraordinaire, Angélique s'en aperçut ; elle s’approcha de Moy ct me demanda ce que j'avois à me chagriner. Je luy dis qu'elle pouvoit bien le Savoir, çt que cestoit l'envie de me rendre dans ma patrie.

Elle me dit que c’estoit naturel, et qu'elle ne comprenoit PAS pourquoy les hommes ne revenoient pas de la guerre Pour Me mencr, mais que je me consolasse, que dès le matin elle fcroit prendre trois de ses chevaux et qu'elle me donneroit deux de ses enfans, qui me conduiroient chez les François.

Cela me fit grand Plaisir. Eflectivement, dès le matin, je visles

NEVAUX tout prests et des vivres Pour ma route. Elle me demanda si je voulois Partir; je luy dis que ouy. Elle me rcprésenta pourtant qu'il y avoit deux grandes rivières à Passer, €t comment je ferois Pour m'en tirer ct pour passer ses Cnfans, qui ne Sçavoient pas nager, Je luy dis de venir, ec toutes les femmes de son village, voir comme je fcrois

Pour passer cette première rivière. Elles y vinrent. D'abord

que je fus au bord de l'eau, je me mis dedans, et je pris un de

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