‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 34 sur 662 · IL SE MET A LA POURSUITE D'ACHIGANAGA · texte numérisé non relu

IL SE MET A LA POURSUITE D'ACHIGANAGA

ils m'appelèrent, et qui ne tendoient qu'à disculper le prisonnier, pour que je le relaschasse, chargeant tous d'une voix Achiganaga et ses enfans, dans la croyance qu'ils avoient que Monsieur Peré, avec son détachement, ne sçauroit s'en rendre maistre, voulant comme me persuader qu'ils appréhendoient que tous les François n'y fussent tuez. Je leur respondis qu’à l'esgard du Folle-Avoine, je n'estois pas obligé de croire un homme que je regardois comme ayant aidé à répandre le sang de mes irères, que cependant par la soumission que je voyois qu'ils avoient pour les ordres d'Onontio, leur père, je ne me déterminerois à rien que je ne fusse plus amplement informé du fait, — et de plus, si je n'avois pas des preuves plus convaincantes contre luy que celles qui me paroissoient, que je le leur remettrois; mais qu’au contraire, s’il estoit vray qu'il fust du nombre des assassins, je verrois de quelle manière j'en disposerois. Et quant à la prétendue mort du sieur Peré, aussi bien que des autres François, que cela ne m'embarrassoit pas, puisque je doutois que les alliez, non plus qu'aucun de la nation d'Achiganaga, voulussent avoir une guerre avec nous pour soutenir une action aussi noire que celle dont il estoit question, et que par ainsi, n'ayant qu’à attaquer quelques meurtriers ou tout au plus ceux de sa famille, j'estois assuré que les François les auroient morts ou vifs. — Voilà toutes les responses qu'ils eurent de moy, pendant trois jours que leurs Conseils durèrent;après quoyjem'embarquay, soutenu seulement de douze François, à dix heures du matin, pour montrer à quelques séditieux, qui se vantoient de m’enlever le prisonnier, que les François ne les craignoient pas. Les advis, que l’on me donnoit journellement, du nombre des Sauvages qu'arrestoit Achiganaga de sa nation à Kiaonan,

ES

He

cheb NE

Page 1