SON DISCOURS AUX NATIONS ASSEMBLÉES
avec les autres, où vous serez toujours les bien reçus, car, lorsque vous viendrez chez les François, ils vous recevront bien et vous donneront à manger et fumer, comme ils donnent tous les jours aux autres nations, nos alliées, Je vous dis ct vous avertis aussy que je veux ct prétends, sans aucun refus, que vous receviez bien toutes les nations que je viens de vous nommer, quand elles viendront vous voir, et que vous traitiez avec elles sans aucun trouble ny aucune avarice. Je vous annonce aussy ct je vous avertis que, quand les François viendront chez vous pour y traiter ou voudront passer chez ls Espagnols, de ne leur faire aucun trouble ny empeschement. Au contraire, je veux que vous les laissiez passer et repasser, aller et venir, et que vous leur serviez de guides en tout ce qui sera besoin, en vous payant vos peines. Je vous promets aussy que, s'il y a quelques nations de nos alliées qui vous fassent la guerre, vous n'avez qu'à avertir les François, ils vous défendront ct vous rendront bonne justice. » En mesme temps, M. de Bourgmont présenta le pavillon au Grand Chef des Padoucas, en luy disant : « Voilà ce pavillon que Je te donne de la part du Roy, mon maistre, qui est le chef de toutes les nations, et je te conjure et t'ordonne de le conserver tousjours aussy blanc que je te le donne, et que, quand les François viendront dorénavant te voir, ils le voyent sans tache. Je veux dire, mes amis, en parlant à toute l'assemblée, que vous ne soyez brouillés avec aucune de nos
tions alliées, »
Après quoy M. de Bourgmont leur dit : « Mes amis, les marchandises que vous voyez là parées sont pour vous tous; vous n'avez qu'à les prendre; c’est le Roy, nostre
maistre, qui vous les donne et qui m'a envoyé exprès pour