LE CHEF DES PADOUCAS DEMANDE L'ENVOI DE FRANÇAIS
massa à nostre camp un grand nombre de Padoucas avec plusieurs femmes et enfans:; le Grand Chef des Padoucas se leva au milieu de tout ce monde et se mit à haranguer en présence des François et des gens de sa nation; il fitvenir les interprètes pour expliquer à M. de Bourgmont ce qu'il alloit dire, Il commença d'abord à dire à nostre interprète, qu'il donneroit deux doigts de sa main pour pouvoir se faire entendre luy-mesme à M. de Bourgmont, ct, en mesme temps, commença sa harangue :
« Mon Pére, tu vois là un grand nombre de guerriers, mais tu n'en vois pas le quart de tous ceux qui sont sous ma domination. Je les ay pourtant fait tous avertir de ton arrivée, et tu en vois là de douze villages qui sont tous de mon obéissance: je leur ay à tous fait ma harangue pour leur dire les raisons pourquoy tu estois venu, ct que tu estois venu pour faire la paix avec nous. [ls m'ont escouté, ils t'ont escouté aussy. Ainsy, ils t'obéiront doresnavant, et mov aussy, etn'ontd’autre volonté quelatienne; mais ils te prient, et moy en particulier, de nous envoyer des François chez nous : nous leur donnerons des chevaux. Nous en aurons dans trois où quatre lunes plus qu'à présent, car il partira bientost un grand nombre de nos guerriers pour aller chez les Espagnols pour en traiter. Nous allons passer une grande quantité de robes de bœufs pour y porter: ils nous donnent un cheval pour trois robes, mais ils ne sont pas comme toy qui nous as donné beaucoup de marchandises, et eux ne nous donnent rien. Ils nous traitent seulement quelques couteaux et quelques mauvaises hach:, mais ils ne sont pas comme toy qui nous donnes des fusils, de la poudre et des balles, des chau-
dières, des haches, des couteaux, des couvertes, des alesnes
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