I SE SOUMET, LUI ET SA NATION, A NOTRE OBÉISSANCE
qui nous sont bien utiles pour nous faire des souliers, et autres marchandises bonnes pour nostre usage, et ainsy tu peux délibérer de nous, car nous t'obéirons tous, ct je te le diset te promets que, si tu as besoin de deux mille guerriers, tu n'as qu'à parler, Quand tu voudras, je les feray tous avertir, et ils me suivront tous pour ton service. Je te le répète, tu peux délibérer de nous. »
M. de Bourgmont respondit à son offre : « Mon amy, je te suis bien obligé pour le présent. Nous sommes en paix avec toutes Îles nations de ce pays-cy; mais, si, en cas, il \ avoit quelque nation qui se brouille, je ne te refuseray pas. » Sur quoy le Grand Chef respondit : « Hé bien, mon Père, tu me fais plaisir, et ainsy, dans le cas où tu auras besoin de moy et de tous mes guerriers, tu n'auras qu'à me le faire sçavoir, Je Suis toujours tout prest à t'obéir, »
M. de Bourgmont avoit là de ses gens qui leur donnoient à fumer de temps en temps. Après avoir fumé environ un quart d'heure, le Grand Chef des Padoucas se leva, qui estoit assis auprès de M. de Bourgmont, et il commença une autre harangue, où il v avoit plus de trois cents personnes de sa nation et tous les François qui accompagnoient M. de Bourgmont, I commença d'abord à dire dans sa harangue, en regardant les Sauvages que M. de Bourgmont avoit amenés avec luy : « Ah! mes amis, que vous estes heureux, vous autres, d'estre proches des François, car ils vous fournissent des marchandises dont vous avez besoin, et nous autres nous n'avons rien. Il est vray que nous allons chez les Espagnols, mais ils ne nous traitent que des chevaux,
quelques couteaux et quelques mauvaises haches. mais ils
ne nous tra:tent ny fusils, ny plomb, ny poudre, ny chau-