FEVRIER 17424 FABRY DÉTOURNÉ DE MONTER LA RIVIÈRE
prète. [l Y eut une explication, dans laquelle ils ne gagnèrent rien. [ls partirent avant midy, promettant que, s'ils faisoient coup, ils reviendroient dans six ou sept nuits et amèncroient
des esclaves, [ls revinrent ie 3 Février au nombre de dix-sept,
Avec Sept chevaux, un mulet et deux chevelures, et dirent que
le reste de la bande s'estoit séparé d'eux en allant aux Mentos, et qu'ils ne les avoient pas vus depuis, Le sieur Fabry avoit fait fire après Ieur départ un abattis de bois, dont il se fit cntourer pour se mettre à couvert de surprise, en cas qu'ils revinssent en plus grand nombre. Il leur dit qu'il s'estoit forufié à cause des Panis noirs, qui rôdoient aux environs: ils parurent le croire et l’approuver, ils témoignèrent cependant quelque inquiétude sur Son voyage, S'imaginant qu'il cherchoit les Panis et les Padokas por faire alliance avec eux ct leur traiter des fusils. 11 les rassura leur disant qu'il alloit voir les François du Ouest, qui estoient nos anciens frères. [ls lu y demandèrent s'il comptoit monter la rivière bien hauit ; il leur respondit que oui, pensant qu'il estoit inutile de leur faire mystère de son voyage, dont ils auroient oui parler aux Missouris, et d'ailleurs ils voyoient avec luy des Canadiens, qu'ils connoissoient pour avoir fait leur premier voyage. Le chef luy dit qu'il ne devoit point penser à monter cette rivière, qu'il estoit venu plus de dix fois et qu'il Pavoit toujours trouvée sans cau. Le sieur Fabry,ne pouvant presque douter de la vérité de ce discours par les observations qu'il avoit faites luy mesme, jugea à propos de conférer avec les quatre Canadiens et le sergent du détachement pour décider du party qu'il y auroit à prendre, en cas qu'il fust obligé de quitter la rivière. Il leur représenta qu’il n'estoit point tombé de neige
de tout l'hiver, et que, si la sécheresse continuoit, ils ne pou-