LES GENS DE L’ARC. AFFABILITÉ DE LEUR CHEF
redouter par la sagesse et la bonne conduite du chef qui est à leur tête. L'on me fit aussi espérer qu'il pourroit me donner quelques connoissances de la mer, étant ami des nations qui
A vorit en commerce.
Ayant toujours marché au Sud-Ouest, nous fimes ren-
contre, le 18 Novembre, d'un village très nombreux des Gens de la Belle-Rivière. Ils nous donnèrent connoissance des Gens de l'Arc, qui étoient près de là. Nous marchämes tous ensemble au Sud-Ouest; le 21, nous découvrimes le village ‘ui nous parut fort grand. Toutes les nations de ces pays-là
mantité de chevaux, ânes et mulcets; ils leur servent à porter leurs équipages et de montures tant pour leurs chasses rue pour leurs routes.
Acrivés au vilage, le chef nous mena à sa loge. Nous faisant des gracieusetés et des politesses qui ne sentoient en aucune façon le Sauvage, il fit mettre tous nos équipages dans sa loge, qui étoit très grande, ct prendre un grand soin de nos chevaux.
Jusque là, nous avions été bien reçus dans tous les villages où nous avions passé, mais ce n'étoit rien en comparaison des belles manières du grand chef de l'Arc, homme nullement intéressé comme tous les autres, et qui a toujours pris un très grand soin de tout ce qui nous appartenoit.
Je m'attachai à ce chef, qui méritoit toute notre amitic. J'appris en peu de temps la langue, assez pour me faire entendre et entendre aussi ce qu'il me pouvoit dire, par l’application qu'il avoit à m'instruire.
Je lui demandai s'ils connoissoient les blancs de la mer et s'ils pouvoient nous y conduire, il me répondit : « Nous les
connoissons par ce que nous en ont dit les prisonniers des
IEF, 1742.
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