‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 552 sur 662 · MANQUE DE VIVRES ET GUERRES DES NATIONS ENTRE ELLES · texte numérisé non relu

MANQUE DE VIVRES ET GUERRES DES NATIONS ENTRE ELLES

qu'on avoit coutume de trouver dans les diflérents postes où je passay, c'est-à-dire au fort du lac des Bois et au bas de la rivière du Ouinipek, ce qui me mit dans l’absolue et indispensable obligation de faire partir M.le chevalier de Niverville, enseigne des troupes détachées de la Marine, pour aller à la rivière du Paskoya, où, ne pouvant se rendre en canot, il fut obligé de cacher dans les bois une partie de ses effets et de mener l'autre avec luy sur des traines. J/ n'est point de misère qu'il x'éprourat. N'ayant point de vivres, il étoit exposé tous les jours, luy et sa troupe, à mourir de faim. 11 n'eut que l’indigente ressource, pendant lhiver, de quelques poissons : c'est ainsi qu'il se soutint jusqu’au printemps que la pêche fut plus aisée et plus abondante.

Je ne fus pas j'lus heureux que luy. J’éprouvois la même disette de vivres. J'envoyai une partie de mes gens dans les bois avec les Sauvages, ce qui néanmoins ne me garantit pa d’un jeune tres rigide, qui dérangea si fort ma santé, que je fus hors d'état de rien entreprendre pour remplir ma mission. Mais mes forces me l'eussent-elles permis, la guerre que toutes ces nations avoient contre les Tactchejlini, les Brocheis et Gros-Ventres, auroit été un obstacle insurmontable.

Je vis donc que, pour travailler fruetueusement à la découverte qui m'est confiée et avoir un passage libre, ilétoit essentiel de faire faire la paix entre ces différentes nations, à quoy je m'appliquay pendant le cours de l'hiver. Je me servis des prisonniers nouvellement arrivés, que je renvoyai à leur village du consentement des Cristinaux et Assinibouels, lesquels prisonniers je chargeay d’une parole de ma part pour

leur nation.

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