LES VILLAGES VISITÉS PROMETTENT DE NE PLUS LES RECEVOIR
nous Sommes gens qui n'ont aucune connoissance des affaires, Mais qui vous parlent du fond du cœur. Mon père, vous nous avez paru surpris de ce que l’Anglois venoit en commerce sur nos terres. Les anciens en ont défendu l'entrée, cela est V'aY; Vous nous engagez à descendre à Montréal, l’année prochaine, afin de parler d'affaires avec Onontio et nous ressentir de ses grâces: nous vous assurons que nous allons travailler à cette affaire pendant l'hiver, et que nous irons ce printemps.
« Mon père, vous nous avez dit que vous vous aperceviez que l'Anglois venoit envahir nos terres et que vous veniez les sommer de se retirer, que pour cet effet vous leur barriez le chemin ; nous vous remercions de votre entreprise et Vous promettons de n'en plus souffrir icy. Nous ne sommes Pas partie capable pour décider entièrement du sentiment Sénéral des Cinq Nations qui habitent cette rivière, nous attendons la décision des chefs de nos villages, comme celles des villages qui sont plus bas. Pour nous, mon père, nous VOUS assurons de ne point recevoir l’Anglois dans nos vil-
lages, ») Par deux branches de porcelaine.
€Mon père, vous nous avez dit que de petits oiseaux vous avoient averti qu'on bâtissoit icy une maison pour les Anglois, et que, si nous les souflrions, dans peu ils feroient un établissement assez considérable Pour nous en chasser, parce qu'ils se rendroient maîtres de nos terres. Vous nous avez in. vités à ne pas continuer cet Ouvrage; c’est ce que nous vous Promettons, et cette maison, qui cst presque faite, ne servira
qu'à divertir la jeunesse, Nous vous promcettons aussy de ne
6So CÉLORON PART DE LA PAILLE COUPÉE,
point toucher aux armes du Roy, que vous planterez dans cette rivière, ce qui prouvera aux Anglois qu’ils n’ont aucun
droit dans cette partie de terre. »
Par deux branches de porcelaine aux Saurages du détachement.
« Mes frères, nous sommes charmés de vous voir accompagner notre père dans sa route. Vous nous avez dit que vous n'aviez d'autres sentiments que ceux d’Onontio; nous vous invitons à suivre les conseils qu'il veut bien nous donner, et nous sommes dans la résolution de ne faire que ses volontés.
« Nous vous remercions de ce que vous venez de nous dire.
nous y ferons attention. »
Le conseil fini, je fis des présents à ces Sauvages, qui leur firent grand plaisir, et, en reconnoissance, ils m'assurèrent derechef qu'ils ne recevroient jamais d’Anglois chez eux et qu'ils descendroient le printemps prochain pour voir leur père Onontio.
Le 31 Juillet, je séjournai à ce village, ayant été arrêté par une abondance de pluye qui nous fit grand plaisir ; les eaux montèrent dans la nuit de trois picds.
AousT. — Le 1° Aoust, je suis parti de la Paille Coupée. Après avoir marché environ quatre lieues, je trouvai un village de Loups et de Renards de dix cabanes. Je débarquai ct ne trouvai qu'un homme qui me dit que le reste avoit pris la fuite. Je dis à ce Sauvage que ses gens avoient tort de s'ef-
frayer, que je ne venois point pour leur faire du mal; loin
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