DISCOURS FAIT AUX LOUPS, OS
de cela, que ie venois Pour traiter avec eux de bonnes affaires ct donner de l'esprit aux enfants du Gouverneur, qui en avoient manqué. J’ajoutai que je ne doutois pas que, sitôt que je serois passé, ils ne revinssent chez eux; que je les invitois à se rendre au village plus bas, qui n'étoit pas éloigné plus de 4 à 5 lieues, ct que je leur parlcrois, Je passai ce même jour à un petii village Loup de six cabanes, auxquels je dis, comme aux autres, de se rendre au village le plus considérable, où je leur parlerois de la part de leur père Onontio ; ils y arrivèrent peu de temps après mov.
Le 2, je parlai à ces Sauvages au nom de M. le Général. Voicy les paroles cet leurs réponses,
Par un collier.
« Mes enfans les Loups, la raison qui a déterminé votre père Onontio à m'envoyer dans cette partie de terre a été la connoissance, qu'il a eue, que les Anglois se proposoient d'y former un établissement assez considérable pour envahir un Jour ces terres ct Sy multiplier de façon, si on les laissoit faire, qu'ils s'en rendroient maîtres et vous en seriez les victimes, comme vous l'avez déjà été par le passé. Ecoutez avec attention la parole que je vous apporte de sa part,
« L'expérience que vous avez faite, mes enfans, des mauvais procédés des Anglois pour vous doit vous ètre présente, Ressouvenez-vous que vous possédiez autrefois, à Philadelphie, des terres magnifiques ct sur lesquelles vous trouviez abondamment de quoi faire subsister vos familles. [ls se sont
approchés de vous, sous prétexte de vous donner vos be-
soins, et petit à petit, sans que vous vous en soyez aperçus,