CÉLORON FUME DANS LES CALUMETS
imaginé ou que de mauvais esprits vous ont dit, je vous l’aurois caché, cela m'’étoit facile. Je ne serois point arrivé aussy tranquillement que je fais à votre village; je sçais faire la guerre, et ceux qui l'ont eue avec nous doivent le sçavoir, mais je ne sçais point faire de trahison. Par ces quatre branches de porcelaine je vous ouvre de nouveau les oreilles, j'éclaire votre esprit, et j’ôte le bandeau que vous avez sur les yeux, afin que vous puissiez entendre la parole de votre père Onontio, qui est rempli de bonté pour vous, quoiqu'il ait cu des sujets de mécontentement de quelqu'un d’entre vous.
« Je veux bien présentement fumer dans vos calumets pour vous prouver que j'oublie ce que vous avez fait.
« Je vous parlerai demain de la part de votre père Onontio. Je vous invite à chasser le mauvais esprit, qui vous séduit et qui vous perdra sans ressource, si vous n'y faites attention. »
Je fumai dans les calumets. Ils s’en retournèrent très satisfaits, et tout fut tranquille le reste du jour et la nuit suivante. Le ro Aoust, sur les dix heures du matin, je fis assembler tous les chefs et une partie des guerriers à mon camp, j'avois fait préparer un endroit pour le conseil; je leur dis la parole de M. le Général, qu'ils écoutèrent avec beaucoup d'attention.
Parole d M. le marquis de la Galissonière aux nations de Chiningué, portée par M. de Céloron, le ro Aoust 1749. Par un collier.
« L'amitié, que j’ay pour vous, mes enfants, malgré votre éloignement de moy, m'a engagé à vous envoyer M. de Céloron pour vous porter ma parole et vous engager à ouvrir
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