‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 599 sur 662 · ONONTIO RÉCLAME LA NEUTRALITÉ DES SAUVAGES · texte numérisé non relu

ONONTIO RÉCLAME LA NEUTRALITÉ DES SAUVAGES

les yeux sur les projets que les Anglois forment sur vos terres. Vous ignorez, sans doute, les établissements qu'ils se Proposent d’y faire, qui ne tendent pas moins qu'à votre ruine entière, Ils vous cachent leurs idées, qui sont de s'y établir, de façon qu'ils se rendroient maîtres de cette terre et vous en chasseroient, si je les laissois faire, Je dois comme un bon père, qui aime ses enfants tendrement, qui, quoique éloigné d’eux, les porte tous dans son cœur, les avertir du péril qui les menace, qui est le dessein que l’Anglois a formé de s'emparer de vos terres, et, pour y parvenir, il a commencé à vous gâter l'esprit, Vous Savez, mes enfants, qu’ils n’ont rien oublié, dans cette dernière suerre, pour vous mettre aux mains avec moy. La majeure partie de votre nation a eu assez d'esprit pour ne les pas écouter; je leur en sçais bon gré et oublie en bon père le passé, persuadé qu’à l'avenir vous demeurerez tranquilles sur vos nattes. Quelque guerre que j'aie avec les Anglois, il est de votre avantage de garder Ja neutralité, que vous-mèêmes m'avez demandée, lorsque vous êtes venus à Montréal, à laquelle j'ai bien voulu consentir. Parce moyen vous conserverez cette paix, qui fait le bonheur des nations.

« Comme je sçais que l’Anglois ne vous inspire que de mauvais sentiments, et que, d’ailleurs, il projette par ses établissements sur la Belle Rivière qui M'appartient, de s’en emparer, je l’envoye sommer de se retirer, et je suis d'autant plus en droit de le faire que les Roys de France et d'Angleterre sont convenus que jamais l'Anglois n'y viendroit, ni cn commerce ni autrement. C’est même une des conditions de la paix, que nous venons de faire ensemble; de plus, les chefs des Cinq Nations ont dit aux Anglois de ne pas passer

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