CONSEIL AVEC LES SAUVAGES
les montagnes, qui sont leurs bornes. Je ne veux point pour cette fois user de violence avec eux, je leur dis doucement mes sentiments, qu'ils y fassent attention. Si, à l'avenir, il leur arrivoit malheur, ils ne pourroient s'en prendre qu’à eux. Pour vous, mes enfans, demeurez tranquilles sur vos nattes, et n'entrez point dans les discussions que je pourrois avoir avec l’Anglois; j'aurai attention à tout ce qui pourra vous être avantageux. Je vous invite à me venir voir l’année prochaine. Je vous donnerai des marques de mon amitié et vous uttrai en état de ne point regretter ceux que je vous exhorte
point souflrir chez vous; je vous donnerai tous les secours d’un bon père, qui vous aime et qui ne vous laissera manquer de rien. Ceux qui vous les apporteront n'envieront jamais vos terres, soit par achat ni usurpation. Loin de cela, je leur ordonnerui de vous y maintenir contre tous, et vos intérêts seront toujours les miens, si vous vous comportez bien. Par ce moyen, vous serez toujours tranquilles, et la paix sera dans vos villages. J’ay voulu, mes enfans, vous dire les sentimens de votre père, avant de parler aux Anglois, que je
vais envoyer chercher pour leur dire de se retirer. »
Le Conseil fini, ils parurent très satisfaits de ce que je leur avois dit et furent à leurs villages pour concerter ensemble leurs réponses, que je leur dis de faire le lendemain, ayant bien du chemin à faire et la saison étant fort avancée.
Ce village est composé d’Iroquois, de Chaouanons, de Loups, ce qui fit que le Conseil dura plus de quatre heures; outre ces trois nations, il y a dans le village des Iroquois du
Sault Saint-Louis, du lac des Deux Montagnes, des Népis-
singues, des Abénakis, Outaouais et autres nations. Cct
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