PRÉCAUTIONS EN APPROCHANT DE SINHIOTO
nous avons dressé le présent procès-verbal, que nous avons signé avec MM. les officiers, A notre camp le 18 Aoust 1 740, »
Le 19, la pluye ayant continué avec tant de violence que je fus forcé de lever mon camp pour monter sur la coste, la grève cstant inondée, le 20 je rembarquai. Après avoir fait quelques lieues, je vis de loin un homme sur la grève. Je fus à luy, c'étoit un sauvage Loup, qui revenoit de guerre sur la nation du Chien, Il y avoit seize jours qu'il estoit parti seul, Sans vivre ny munition, Je luy en donna pour se rendre à Chiningué, dont il estoit fort éloigné. Je l'interrogeai sur la quantité de monde qu'il pouvoit y avoir à Saint-Yotoc !; il me répondit qu'il pouvoit y avoir quatre-vingts cabanes ct Peut estre cent. Je continuai ma route jusque sur les trois heures et fis chasser.
Le 21, lesdits Sauvages de mon détachement vinrent me trouver pour me représenter qu’ils appréhendoient d'arriver à Saint-Yotoc, sans avoir prévenu les nations de cet endroit de mes desseins, que ce village étoit considérable et qu'il étoit à croire que ces Sauvages estoient avertis de ma marche, et n’estoient pas sans inquiétude, que ceux qui leur avoient porté la nouvelle de mon arrivée leur auroient dit, comme dans les villages que j'avois passé, bien des menteries, qui les porteroient à nous dresser bien des embuscades, en appro- Chant du village. Je fis assembler MM. les officiers pour con-
férer ensemble du party que nous prendrions. Il fut délibéré qu'on envoyât un canot à Saint-Yotoc pour tranquilliser les nations et leur remettre l'esprit, en cas que quelque porteur
1. Le Père Bonnecamp met Sinioto, Si cela est juste, le copiste de notre texte aura fait des trois premières lettres le mot saint,