JONCAIRE MAL REÇU A SINHIOTO
de nouvelles le leur eût troublé. Ce fut M. de Joncaire que je destinai à y aller avec Téganakassin et Laétarguerate, tous deux chefs du Sault de Saint-Louis et fidèles serviteurs du Roy et trois chefs Abenakis. M. de Niverville me demanda à y aller, je le luy permis. Je donnay quelques heures d'avance à mes envoyés, ensuite je rembarquai, et mis à terre, à l'ordinaire, pour faire chasser.
Le 22, j'embarquai sur les sept heures du matin, après avoir fait délivrer des munitions de guerre à tous mes gens, et les encourageai à bien faire leur devoir, si les Sauvages vouloient faire quelques entreprises sur nous. Après avoir fait environ quatre licucs, je découvris un canot, qui me parut armé de sept ou huit hommes et qui avoit un pavillon blanc. Sitôt qu'ils m'eurent découvert, ils mirent à terre, je fus à eux. C'était M. de Joncaire avec sept Sauvages, tant Chaouanons qu’Iroquois. Sitôt que je fus débarqué le chef vint me donner la main ; les autres en firent de même et furent s'asseoir cet gardèrent le silence, pendant quelque temps. Ces gens me parurent fort émus. J’en demandai le sujet à M. de Joncaire, qui me dit que les nations de Saint-Yotoc étoient entièrement troublées, et que, lorsqu'ils étoient arrivés, ils avoient uré sur eux à balles et même percé le pavillon de trois coups de balle; qu’en débarquant on les avoit conduits dans la cabane du Conseil, et que, lorsqu'il avoit voulu leur dire le sujet de sa commission, un Sauvage s’estoit levé et l’'avoit interrompu, disant que les François les trompoient et qu'ils ne venoient chez eux que pour les égorger avec leurs familles, qu'à l'instant la jeunesse avoit couru aux armes, en disant : « Il faut commencer par tuer ces François, envoyer
nos familles dans les bois, et puis aller dresser des embuscades
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