‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 608 sur 662 · LE CHEVALIER DE NIVERVILLE GARDÉ EN OTAGE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE NIVERVILLE GARDÉ EN OTAGE

aux canots, » Suivant ceque m'ont dit M. de Joncaire et les Sauvages qui l’accompagnoient, c'étoit fait d'eux, sans un chef Iroquois qui détourna l’orage cet les tranquillisa, et s’engagea à venir au devant de moy avec ceux qui voudroient le suivre, ét, pour sureté, ils gardèrent M, de Niverville et les Sauvages. Enfin, après une demi-heure de silence, le chef Iroquois se leva et me dit : « Mon père, tu vois devant tes yeux des gens sans esprit et qui ont été sur le point de brouiller la terre pour toujours. Regarde-nous en pitié et n'aie aucun ressentiment de ce que nous avons fait, Nos anciens, lorsque tu seras arrivé à notre village, te témoigneront leur repentir de la faute qu'ils ont commise. Depuis deux mois, nous sommes comme des gens ivres par les mauvaises nouvelles qui nous ont été rapportées des villages où tu as passé. »

Je lui répondis : « Je ne sais pas ce que tu veux me dire: lorsque je serai à Saint-Yotoc, je m'instruirai et je verrai ce que j'aurai à faire, Jete sais bon gré d'être venu jusqu’à moy. Tu aurois fait sagement de ramener les Sauvages, qui étoient avec M. de Joncaire. Tu peux retourner à ton village, je m'y rendrai dans peu. Tu recommanderas à tes jeunes gens de ne pas saluer à leur façon, qu'ils s’'exposcroient. » Je luy fis donner un coup à boire ct à ceux qui étoient avec luy et les renvoyai,

Par ce que me dit M. de Joncaire, je connus bien que ces Sauvages étoient très mal intentionnés etfort effrayés, puisque, en deux fois vingt-quatre heures, ils avoient fait un fot de pieux, bien redoublé, et s'étoient mis en état de s'y défendre. Cela me fit faire de plus sérieuses réflexions. Je Connoissois la foiblesse de mon détachement; les deux tiers étoient des

jeuncs gens. qui n'étoient jamais sortis et qui, à l'aspect de ] , Q Û P

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