‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 609 sur 662 · LES SAUVAGES RAMËNENT LES OTAGES · texte numérisé non relu

LES SAUVAGES RAMËNENT LES OTAGES

dix Sauvages matachés, auroient pris la fuite. Je n’avois pas été le maître d'en choisir d’autres, et, quelque recommandation qu'eût faite M. de La Galissonière, cü partant pour Québec, de me donner des hommes choisis, on n'y avoit eu aucun égard. Il n'y avoit point d'autre party à prendre que celuy de continuer ma route. Manquant de vivres, mes canots hors de service, plus de gomme ny d’écorce, je rembarquai, prêt à tout événement. J’avois de bons officiers et environ cinquante hommes sur lesquels je pouvois faire fond.

A un quart de lieue du village, je fus découvert. Aussitôt les saluts commencèrent, et ces Sauvages tirèrent bien mille coups de fusil. Jay sçu que la poudre leur étoit fournie gratis par les Anglois. Je débarquai vis-à-vis le village et fis rendre le salut. Les chefs et les anciens traversèrent la rivière, et vinrent à moi avec le pavillon et le calumet de paix, firent couper de l’herbe pour nous faire des sièges et m'invitèrent à prendre séance avec tous les officiers; ils avoient ramené avec eux le sieur de Niverville et les Sauvages, qu'ils avoient gardés, Comme nous allions nous asseoir, il traversa environ quatrevingts hommes armés et équipés en guerriers. Je fis prendre les armes à mon détachement. Ces quatre-vingts hommes bordèrent une haie à vingt pas de nous et se posèrent sur leurs fusils. Je dis au chef que j'étois surpris de la manœuvre de ces étourdis, et que, s’ils ne se retiroient promptement, je ferois tirer dessus. [ls me répondirent qu'ils n'étoient pas venus à mauvais dessein, qu'ils venoient saluer de nouveau, mais qu'ils alloient se retirer, puisque cela me déplaisoit. Ce

qu'ils firent sur le champ, en tirant leurs fusils au vent, qui n’étoient chargés qu'à poudre. Les calumets me furent pré- [e)

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