MIAMIS DU VILLAGE DE LA DEMOISELLE
Cela fait, j'embarquai. Le peu d'eau que je trouvay dans cette rivière m'a fait mettre treize jours à la monter.
Le 12,les Miamis du village de la Demoiselle, ayant appris que j'étois près d'arriver chez eux, envoyèrent quatre chefs au devant de moy avec des calumets de paix pour me faire fumer, Comme j'avois la moitié de mon monde par terre, n’y ayant pas assez d'eau dans la rivière pour passer les canots chargés, je fus informé par M. de Courtemanche, officier du détachement, de l'arrivée de ces envoyés. Je débarquai à l'endroit où ils étoient, et lorsque nous fûmes tous assis, ils commencèrent leur cérémonie et me présentèrent le calumet ; je l’acceptai. Ils le portèrent ensuite à M. de Contrecœur, capitaine en second du détachement, et à tous MM.les officiers et aux Canadiens qui, fort affamés de fumer, auroient voulu que la cérémonie eût duré plus longtemps. L'heure estant venue de camper, nous couchämes à cet endroit; les envoyés restèrent avec nous. Je fus obligé, malgré le peu de vivres que
j'avois, de leur donner à souper.
Le 13, j'arrivai au village de la Demoiselle, je fis placer mon camp et poser des corps de garde, et attendis l'arrivée de l'interprète, que j'avois demandé à M. de Raimond. Pendant ce temps, je sondai les esprits pour savoir s'ils étoient disposés à revenir à Kiskakon, c’est le nom de leur ancien village. Il me paroît qu'ils n’y avoient pas une grande répugnance. [ls avoient deux engagés anglois dans leur village, que je fis partir. Ceux qui y avoient passé l'été en commerce s'estoient retirés avec leurs effets par terre; ils ont des chemins de communication d'un village à l'autre
Le 17, ennuyé de ce que l'interprète n° pas et que
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