‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 67 sur 662 · LE LAC PÉPIN · texte numérisé non relu

LE LAC PÉPIN

ouest, commence un lac de six lieues de long et de plus d'une licue de large; on le nomme le lac Pépin'; il est bordé à l'ouest d’une chaisne de montagnes; de l’autre costé, à l'est, on voit une prairie rase, et au nord-ouest du lac une seconde prairie de deux de long sur demy lieue de large, Aux environs il y a une chaisne de montagnes, écore de roches par estages, qui a bien deux cents pieds de hauteur et plus d'une demy-lieue de long. Dans cet écore on trouve plusieurs cavernes, où les ours se retirent en hyver. La plupart de ces cavernes ont plus de quarante pieds de profondeur, et environ trois ou quatre pieds de hauteur. Il y en a quelques-unes dont l'entrée est fort estroite, et on y voit dans toutes quiu:tité de salpestre. [1 seroit dangereux d’y entrer l’esté, parce qu'elles sont remplies de serpens à sonnettes, dont la morsure est très dangereuse. M. Le Sueur vit de ces serpens qui avoient six pieds de long; mais, pour l'ordinaire, ils n’en ont environ que quatre. Ils ont les dents semblables à celles du brochet, et les gencives pleines de petites vessies, dans lesquelles est renfermé leur venin; les Sioux disent qu'ils le prennent tous les matins, et qu'ils le rejettent la nuit. Ils ont à la queue une espèce d'escaille, qui fait du bruit; c'est ce qu'on appelle leurs sonnettes. M. Le Sueur fit ce jour-là sept lieues ct demie, et passa une autre rivière, nommée Hihanbouxeaté-Ouataba, qui signifie la rivière aux Roches- Plates.

Le 15, il passa une petite rivière et aperceut aux environs plusieurs canots, remplis de Sauvages qui descendoient le fleuve, Il crut d'abord que c'estoient des Sioux, parce qu'il ne pouvoit pas ‘'i.guer si les canots estoient grands ou

1. La lettre de Du Lhut, du 5 avril 1630, mentionne les frères Pépin.

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