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II. - COLORATION DE L'URINE

La couleur jaune, normale, de l'urine est bien connue de tous; on sait aussi les différentes modifications que les états morbides peuvent imprimer à la coloration des urines et la table des couleurs de Vogt est bien connue. On étudie tous ces caractères en séméiologie générale, sans que d'ailleurs cette étude conduise à des conclusions importantes.

Sans entrer ici dans des détails inutiles, nous nous contenterons d'indiquer que la principale matière colorante de l'urine est l'urochrome, isolé par Thudicum, duquel dérivent l'uroerythrine et l'uromélanine. Quels que soient d'ailleurs les matières colorantes et le point de l'économie où elles se forment, il est certain que ces pigments sont contenus dans le sang.

Or, les deux reins recevant le même sang, l'urine que chacun d'eux sécrète devrait avoir la même coloration lorsque les deux reins fonctionnent d'une manière semblable. Nous avons vérifié expérimentalement la justesse de cette induction.

ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS

Nous avons pensé aussi que la matière colorante devait passer plus ou moins facilement par les reins malades suivant l'état de leur perméabilité à ces substances et qu'il pourrait y avoir quelque utilité à comparer à ce point de vue l'urine des deux reins dans les maladies unilatérales ou prédominantes d'un côtô.

Lorsque nous étudions comparativement la couleur des deux urines après l'injection sous-cutanée de bleu de méthylène, de rosaniline ou d'indigocarmin, nous essayons de déterminer la perméabilité particulière du rein à ces substances colorantes et de nous renseigner ainsi sur les modifications de la perméabilité rénale. La coloration jaune des urines étant due à l'élimination par les reins de substances colorantes contenues dans le sang (peut-être en partie modifiées par le rein lui-même), nous pouvons essayer d'étudier comparativement dans les deux reins l'élimination de ces substances pour nous renseigner sur l'état de leur perméabilité.

Guidé par ces idées, nous avons fait quelques recherches, encore très incomplètes, que nous exposerons brièvement.

Technique.

Les urines des deux reins sont d'abord centrifugées, pour les débarrasser des éléments en suspension qu'elles peuvent contenir, jusqu'à ce qu'elles soient devenues transparentes.

Il faut ensuite comparer la coloration des deux urines proportionnellement à la quantité. Si un des deux reins fournit plus d'urine que l'aulre, elle sera, à quantité de pigment égale, moins colorée que l'autre : c'est ainsi que, à l'état normal, lorsqu'un des deux reins sécrète plus d'urine que l'autre, on voit que son urine est un peu plus pâle. En réalité, pour bien comparer les deux urines, il faut les ramener à la même quantité. On le peut par deux procédés différents :

1° En ajoutant de l'eau à l'urine moins abondante jusqu'à la ramener au volume de l'autre; ce procédé a l'inconvénient de rendre l'échantillon d'urine inutilisable pour les analyses ;

2° En examinant chaque urine sous une épaisseur propor-

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