COLORATION DE L'URINE
tionnolle à sa quantité. Pour ce faire nous nous servons d'un petit colorimètre que nous avons fait construire avec M. Debains (fig. 58).
Ce colorimfître se compose de deux tubes de môme calibre, gradués et îi fond plat. Les deux tubes sont suspendus au-dessus d'une plaque en émail blanc sur laquelle on peut les incliner à volonté. Pour comparer les deux urines on met dans chacun des tubes une quantité de chaque urine proportionnelle à sa quantité : c'est-à-dire que si le rein droit a donné par exemple 30 centimètres cubes, tandis que le gauche en fournissait IS centimètres cubes, on mettra à droite 10 centimètres cubes et 5 centimètres cubes à gauche. Si la quantité de matière colorante est la même dans les deux urines, en regardant les deux tubes de haut en bas, dans le sens de leur longueur, on aura la même coloration : si un des tubes est moins coloré, c'est que son urine contient moins de matière colorante. On peut même par ce procédé arriver à déterminer, par à peu près, le rapport de coloration entre les deux reins, soit en diluant l'urine plus colorée jusqu'à la ramener à la même coloration que l'autre, soit en augmentant l'épaisseur de l'urine la plus pâle.
En procédant comme il vient d'être dit nous avons vu, d'une manière générale, que dans les maladies chirurgicales des reins, le rein malade donne de l'urine moins colorée et que la diminution du pigment est en rapport avec le degré de la lésion et avec
Fig. S8. — Colorimètre d'Albarran-Debains pour la comparaison des deux urines droite et gauche.
ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
la quantité de bleu de méthylène éliminée par chaque rein. Nos recherches n'ont pas été suivies pendant assez longtemps pour que nous puissions entrer dans des détails à ce sujet, mais nous avons été frappé de voir dans six cas d'hydropyonéphrose et deux de pyonéphrose, ainsi que dans plusieurs cas de tuberculose rénale unilatérale, que l'urine du rein malade présentait une coloration beaucoup plus pâle que l'autre. Dans trois cas nous avons vu le rein malade sécréter de l'urine qui après la centrifugation était aussi claire que de l'eau, tandis que l'autre rein donnait de l'urine d'un beau jaune; chez deux de ces malades le bleu de méthylène s'éliminait très faiblement du côté malade et chez la troisième il n'apparut pas dans l'urine correspondante au rein sain.
Nous pensons que l'étude de la matière colorante dans les urines globales a peu d'importance parce que la coloration des urines est sous la dépendance de trop de causes variées indépendantes du rein. Mais lorsqu'on ne fait que comparer les urines des deux reins, comme les causes générales influencent aussi bien la coloration des urines d'un rein que celles de l'autre, il nous paraît que la comparaison colorimétrique peut avoir quelque valeur. Dès à présent nous pouvons dire que dans le cas de lésions avancées d'un rein atteint de tuberculose ou de rétention, la différence de coloration des deux urines est très considérable. Nous ne pouvons dire encore si, lorsque les lésions rénales sont peu importantes, on peut donner à la comparaison colorimétrique une réelle valeur clinique.
m. - DENSIMÉTRIE
Dans un grand nombre d'analyses comparées des urines des deux reins, nous avons vu l'urine du rein malade présenter une densité moindre que celle du rein sain : dans aucun cas la densité n'a été plus forte du côté malade, lorsqu'aucune cause perturbatrice ne venait fausser les résultats de T'examen. Parfois nous avons vu, lorsque le malade avait bu peu de temps aupa-
CONCENTll A'Tl ON .M 0 1. KG U I. A 111 K
ravant, Uiirine du rein sain, sécrétée en beaucoup plus grande abondance, ôtre moins dense que celle du rein malade.
Ceci nous indique que, dans l'étude de la densité comparée des deux urines, il fout tenir compte de la quantité sécrétée par chaque rein. Nous allons voir qu il en est de môme pour l'étude du A des urines. Nous avons, d'ailleurs, toujours obtenu des résultats concordants entre la densité et le A comparé des deux urines.