PROPORTION
des cas avec =
ou 4- d'urée du côté malade à un examen quelconque ozonn il.
Rein mobile sans rétention
Pyélonéphrites simples ou calculeuses.
Irt
Ce tableau nous montre que, dans les pyélonéphrites, la tuberculose rénale et les rétentions rénales on observe dans 8 à lo et même 30 p. 100 des cas, soit à un seul examen, soit dans plusieurs examens successifs, que la proportion d'urée par litre est plus considérable du côté du rein malade. Nous n'avons jamais observé ce fait dans nos 14 observations de pyonéphrose ni dans le cancer du rein sans rétention rénale concomitante.
En étudiant dans chaque groupe d'observations les cas dans lesquels le rein malade a fourni de l'urine contenant autant ou plus d'urée par litre que le rein sain, nous trouvons :
Rein mobile sans rétention. — Quatre fois sur cinq, la proportion d'urée par litre était à peu près semblable des deux côtés. Une seule fois, dans l'observation 3, l'écart des deux reins avait
QUANTITE D'URÉK SKCHÉTÉE PAR LES DEUX UEINS
quelque importance; le rein sain sécrétait un peu plus d'urine et son rapport d'urée par litre était à celui du rein malade de 0,87 : 1.
Pyélonéphntes simples et calculeuses. — Dans une seule analyse de pyélonéphrile non calculeuse nous avons constaté qu'il y avait un peu plus d'urée par litre du côté malade que du côté du meilleur rein :
Obs. VII. — Dame atteinte de pyelonéplirite légère, du côté gauche, en décembre 1900 : à ce moment nous trouvons :
Côté malade ... 30 ce. d'urine avee G gr. 40 d'urée p. 1000.
— sain 24 — — 5 gr. 88 — —
Un an et demi après, la lésion rénale est plus accentuée (mai 1902), et, à, ce moment, nous trouvons :
Côté malade. ... 7 c.c. d'urine avec 3gr. 78 d'urée p. 1000.
— sain 8 — — 6gr.30 — —
On voit dans ce cas, lorsque la lésion devient plus grave, que le rein malade sécrète moins d'urée. En septembre 1903 nous avons dû opérer chez cette malade une pyonéphrose avec abcès périnéphritique.
Parmi les observations de pyélonéphrite calculeuse, nous voyons dans les n°^ 8 et 18 une différence dans l'urée par litre en faveur du rein qui cliniquement ^oxdlï le plus malade; dans le n° 16, les deux reins fournissent le môme travail. Dans tous ces cas, il paraît y avoir en réalité des lésions doubles et on ne saurait dire que le rein malade fournit plus d'urée que l'autre.
Dans l'observation 14, la lésion rénale est légère et ne modifie pas la proportion d'urée par litre.
Tuberculose rénale. — Sur 57 observations personnelles de tuberculose rénale nous trouvons dans cinq analyses autant ou plus d'urée, par litre, du côté malade.
Obs. 71. — Il s'agit ici d'une lésion rénale double plus accentuée d'un côté : dans des analyses successives les deux urines ont la môme proportion d'urée par litre, mais il y a
ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
polyurie notable du rein relativement sain, ce qui dilue d'autant son ui'ine.
Premier examen.
Rein sain. Rein malade.
Quantité 70 cent, cubes. 45 cent, cubes.
Urée 0,12 5,12
Deuxième examen.
Quantité 50 cent, cubes. 30 cent, cubes.
Urée 3,84 3,84
Obs. 72. — Femme atteinte de pyonéphrose tuberculeuse unilatérale ; le rein extirpé présentait de nombreuses cavernes, mais conservait encore une grande portion de parenchyme sécrétant. Malgré cela, et sans qu'il y eût de polyurie notable du rein sain, la quantité d'urée était égale de chaque côté :
Rein malade Urine 18 cent, cubes. Urée 3,78
Rein sain — 20 — — 3,78
Obs. 78. — Dans ce cas la lésion rénale était peu importante : trois analyses d'urine recueillie à une demi-heure d'intervalle le 4 juin 1903 donnent plus d'urée par litre du côté sain; une nouvelle analyse taite le 10 juillet montre, au contraire, une faible différence en faveur du rein malade.
Obs. 79. ■ — Dans ce cas il s'agit d'une femme atteinte de tuberculose rénale droite, au début, qui ne fut pas opérée : quoique le rein malade fût polyurique, la quantité d'urée était aussi forte de son côté dans un premier échantillon d'urine et un peu plus faible dans le second.
Premier examen.
Rein sain. Rein malade.
Quantité 4 ce. o 8 cent, cubes.
Deuxième examen.
Quantité. . 4 ce. 5 8 ce. 5
Urée 15,37 14,09
QUA.NTITÉ D'URÉE SÉCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS
Obs. 87. — Chez ce jeune malade de dix-neuf ans, les lésions rénales sont doubles mais plus importantes à gauche : le rapport de l'urée du rein le meilleur au plus malade est de 1,04 et peut 6tre considéré normal.
D'après ces faits, on peut observer, quoique très rarement, dans la tuberculose rénale, que le rein malade ou le plus malade sécrète dans un court espace de temps (une heure au plus dans nos cas) de l'urine aussi riche en urée que celle du rein le meilleur. Le plus souvent ce phénomène est dû à la dilution polyurique du côté du rein sain; d'autres fois il existe, même avec un léger excès de quantité du côté du rein malade.
Réientions rénales. — Sur 43 malades nous avons trouvé dans cinq cas, à certains examens, plus ou autant d'urée par litre du côté malade. Sur ces 43 observations il y en a 14 de pyonéphrose dans lesquelles constamment le rein sain a donné plus (l'urée ; il reste donc vingt-neuf cas d'hydronéphrose et d'hydropyonéphrose et parmi eux cinq, qui ont été, à un moment donn^, anormaux, au point de vue de la sécrétion comparée de l'urée par les deux reins. La proportion est de 17 p. 100 et elle monte à 20 p. 100 si on ne considère que les hydronéphroses,
Obs. 24. — M. D... quarante-trois ans ; épithélioma papillaire du bassinet gauche avec 80 centimètres cubes de rétention d'urine sanglante : rein distendu par la tumeur, mais encore assez bien conservé. Néphrectomie le 20 mars 1898 : guérison maintenue en janvier 1905.
Rein gauche, malade. Rein droit, sain.
Quantité 110 cent, cubes. 113 cent, cubes.
Densité ^ " 1.020 1.020
Urée, par litre 15 gr. 40 16 grammes.
Chlorures, par litre . . 11 grammes. 11 gr. 80
Acide phosphorique . . 1 gr. 78 1 gr. 78
Dans ce cas, malgré la rétention rénale et des lésions importantes dans le parenchyme du rein malade, nous ne constatons que des modifications insignifiantes dans la sécrétion rénale.
Obs. 90. — Rein mobile avec légère rétention. Malgré
ÉTUOE niîS URINES SÉPARÉES DES DEUX REINîv
l'existence d'une rétention de 30 centimètres cubes, le rein malade donne autant d'urée que le rein sain.
()i?s. 97. — Jeanne L... 26 ans. l^laie urétérale à droite pendant l'hystérectomie, ultérieurement urétéro-cystonéostomie : hydropyonéphrose consécutive; rein assez bien conservé. Néphrostomie le 7 mars 1898; ultérieurement néphrectomie :
Rein droit, malade. Rein gaucho, sain.
Quantité 600 cent, cubes. 900 cent, cubes.
Densité 1019 1032
Urée, par litre 11 gr. 40 H gr. 67
Acide urique, par litre. 0 gr. 30 à peine (départ).
Chlorures, — . 7 gr. 95 14 gr. 08
Phosphates, — . 0 gr. 98 1 gr. 42
Dans ce cas, la presque parfaite égalité dans les quantités d'urée, par litre, des deux reins, contraste avec toutes les autres données de l'analyse; elle peut s'expliquer par la polyurie du rein sain.
Obs. lOS. — Jeune fille, vingt-cinq ans. Calcul en Y dans le bassinet droit, hydronéphrose avec 60 centimètres cubes de rétention ; rein bien conservé. Néphrolithotomie le 28 septembre 1898. Guérison.
Une première analyse faite le 23 septembre donne :
A droite, rein malade 14 gr. 10 d'urée par litre.
A gauche, rein sain 8 gr. 30 —
La deuxième analyse, du 26 septembre :
Rein gauche. Rein droit.
Quantité 60 cent, cubes. 60 cent, cubes.
Densité 1.011 1-014
Urée, p. 1000 ... 9 gr. 80 14 gr. 70
Chlorures, p. 1000. 8 gr. 50 10 grammes.
Ac. phosph., — . 0 gr. 94 1 gr. 20
On ne peut comprendre le résultat de cette analyse qu'en supposant que le rein gauche, dont la malade souffre, et qui
QUANTITÉ D'UKÉE SÉCRÉTÉE PAU LES DEUX REINS
contient un calcul, est quand môme meilleur que le rein droit, atteint de lithiase ancienne, indolente. Cette supposition est justifiée par la bilatéialité fréquente des lésions dans la lithiase rénale.
Oiîs. 111. — Jeune femme atteinte d'uro-pyonéphrose ; pendant la néphrostomie nous constatons que le rein conserve encore une grande quantité de parenchyme. L'analyse d'urine faite le jour même de l'opération montre du côté du rein sain 700 centimètres cubes d'ui ine contenant 29 gr. 30 d'urée p. 100 pendant que le rein malade ne donne que 300 centimètres cubes d'urine avec 2 gr. 44 d'urée par litre. Les quatrième et cinquième jours après l'opération la quantité d'urine augmente du côté malade et cette urine contient beaucoup plus d'urée, mais le rein sain est toujours fonctionnellement supérieur. Le sixième jour le rein malade fonctionne mieux que le rein sain; il donne 700 centimètres cubes d'urine avec 17 gr. 65 d'urée par litre, tandis que le bon rein fournit 6S0 centimètres cubes contenant 15 gr. 15 d'urée p. 100. Le septième jour, il y a plus d'urée au litre du côté malade, mais il fournit beaucoup moins d'urine ; enfin les huitième et neuvième jours la proportion d'urée des deux urines est la même, mais le rein sain sécrète notablement plus d'urine que le rein malade.
Ce cas est remarquable parce qu'il nous montre la rapide amélioration dans la sécrétion du rein malade à la suite de l'opération; il existe môme une suractivité fonctionnelle de ce rein qui arrive à rivaliser avec le bon rein vers le sixième jour, mais bientôt, de nouveau, le meilleur rein sécrète mieux.
En étudiant les quatre cas de Casper et Richter dans lesquels le rein malade a donné la même quantité ou plus d'urée p. 100 que le rein sain, nous trouvons.
Obs. 14. — Légère pyélite droite.
Rein droit. Rein gauche.
Urée, p. 1000 7 gr. 79 !j gr. 01
L'absence de tout renseignement au sujet de ce malade ne
■U2 ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX IIEINS
nous permet pas de commenter ce cas; il en est de môme dans l'obs. suivante :
Obs. 44, — Cystite, pyélite gauche.
Rein droit. Rein gauche.
Urée, p. 1000 ... 11 gr. 4 Id gr. 4
Sucre . 10 10
Quantité d'urine. . 14 cent, cubes. 15 cent, cubes.
Obs. 64 (cas de Karewski). — Tumeur du rein droit.
Rein droit. Rein gaucho.
Quantité 35 cent, cubes. 31 cent, cubes.
Urée, pour 1000 . . 6 gr. 08 3 gr. 50
Sucre, p. 100 ... . pas. 0 gr. 2
Dans ce cas, malgré une lésion importante du rein droit, on
voit le rein gauche donner moins d'urée; l'absence d'albumine et de cellules épithéliales dans l'urine de ce rein gauche ne nous autorise peut-être pas à penser à l'absence de lésions de néphrite toxhémique.
Obs. 66. — Tuberculose du rein droit.
Rein droit. Rein gauche.
Quantité 39 cent, cubes. 38 cent, cubes.
Urée, p. 1000 ... 5 gr. 01 5 gr. 02
A IHO l''25
Sucre, p. 100 ... . 0 gr. 9 1 gr. 2
Nous manquons encore ici de renseignements qui nous permettent de comprendre comment la quantité d'urée était égale et le A peu différent dans les deux reins.
Cette rapide revue des cas dans lesquels la proportion d'urée par litre est anormale nous montre que, souvent, il s'agit de lésions légères des reins; que d'autres fois on est fondé à penser qu'il existait des lésions bilatérales; que dans d'autres cas la polyurie du rein sain a dilué son urine; exceptionnellement, aucune de ces raisons ne peut être invoquée.
QUANTITI':: D LUIÉE SÉCRÉTÉE PAK LES DEUX IIEINS
Quantité réelle d'urée sécrétée par chaque rein.
Nous avons dosé la quantité réelle d'urée contenue dans Turinc sécrétée par chaque rein dans le môme espace de temps et établi le rapport des deux reins à ce point de vue dans 1 0 't de nos observations. Dans tous ces cas le dosage de l'urée a été fait dans les urines recueillies lorsque le malade n'avait pas bu peu de temps auparavant.
Nos 104 observations indiquent :
Égalité d'urée en centigrammes des deux côtés 14
Plus d'urée en centigrammes du côté sain 76 Ciis.
— — — — malade 7 —
Plus ou moins d'uréo dans le môme rein, suivant l'examen. 7 —
La quantité réelle d'urée sécrétée par le rein sain est donc, habituellement, plus grande que celle fournie par le rein malade dans le même espace de temps. Dans certains cas pourtant c'est du côté du rein malade qu'on note la plus grande quantité d'urée. On peut observer cette particularité dans deux conditions différentes :
1° Lorsque la proportion d'urée par litre était plus faible du côté malade et que la polyurie de ce même rein augmente son rendement en urée ;
2" Lorsque, par exception, le rein malade sécrète de l'urine aussi riche ou plus riche en urée au litre sans qu'il existe de polyurie du côté sain; dans ces cas, qui sont rares, nous avons, d'ailleurs, vu toujours de la polyurie du rein sain.
Parmi les 28 cas dans lesquels nous avons trouvé que dans môme espace de temps le rein malade avait fourni une quantité égale ou plus grande d'urée en valeur absolue, il se trouve des malades dont les reins présentaient des lésions très variées ; c'est ainsi que nous trouvons :
1 rein mobile.
10 pyélonéphrites. . . . {N"^ 1, 8, 9, 10, 12, 13, i'i-, 15, 16, 18).
7 rétentions rénales. . N'"' 24, 89, 90, 96, 100, 102, 111).
10 tuberculoses (>\<» 3b, 4b, 49, ôîi, 67, 70, 73, 78,79, 81).
414 ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
Cette énumération démontre que la nature de la maladie influence moins la sécrétion de l'urée que ne le fait la quantité do parenchyme détruit. En étudiant ces observations on conslate, en ciïet, que, dans la plupart des cas où le rein malade, par le fait de sa polyurie, sécrète autant ou davantage d'urée que le rein sain, les lésions dont il est attteint sont généralement peu étendues. Dans quelques cas pourtant, nous avons noté l'existence de lésions rénales imporlantes.
Nous devons en outre faire remarquer la fréquence d'une sécrétion équivalente d'urée par les deux reins dans l'unité de temps en cas de pyélonéphrite; au contraire, chez les malades atteints de cancer et de pyonéphrose, nous n'avons jamais vu la même quantité d'urée des deux côtés.
Comme nous l'avons démontré pour la diurèse moléculaire réelle comparée de chaque rein (A V), nous voyons que la diurèse réelle de l'urée est habituellement prépondérante du côté sain, mais qu'elle peut aussi être plus forte du côté malade. Dans la majorité de ces cas la polyurie du rein malade compense la moindre concentration de son urine : la inodalilé fonctionnelle du rein peut être changée par la maladie, sans que sa valeur au point de vue de Vexcrélion soit diminuée lorsquon ne considère qit'un court espace de temps. Nous aurons à dégager de ce fait des considérations importantes au point de vue des interventions opératoires sur le rein malade.
Rapports entre les quantités d'urée sécrétées par chaque rein pendant des espaces de temps plus ou moins longs.
Lorsqu'on étudie les rapports entre les quantités d'urée sécrétées par les deux reins à différents intervalles, on aboutit à des constatations importantes que nous allons indiquer en essayant de les démontrer.
1° Le rapport dans le taux durée par litre dans les urines des deux reins varie dans des proportions notables dans l'espace d un quart d'heure, une demi-heure, une heure, et même en comparant les deux urines pendant plusieurs fois vingt-quatre heures.
QUANTITÉ D'URÉE SÉCUÉTKE PAU LES DEUX REINS
Il siiflît de jeter un coup d'œil sur notre tableau des rapports et de regarder la colonne urée par litre pour constater les variations dans des examens pratiqués, l'un après l'autre, de une demi-heure à deux heures d'intervalle. Sur 17 examens à court intervalle nous trouvons :
Rapports des doux reins égaux 2 l'ois.
— différant de moins de 10 0/0 6 —
— — plus de 10 0/0 9 —
Parmi les observations de cette dernière catégorie, on en trouve plusieurs démontrant que la différence des rapports des deux reins peut être très grande : en voici des exemples :
Oiis. 27. — Cancer du rein.
Rapport.
Rapport.
Obs. 6o.
Rapport . Rapport.
Rein sain Rein malade
Rein sain Rein malade
Rein sain Rein malade
Rein sain Rein malade
•1" J /i d'heure.
2° 1/4 d'heure.
— Tuberculose caverneuse du rein.
pendant 3/4 d'heure 1,49
pendant les 3/4 d'heure suiv. 2,60
Obs. 70. — Tuberculose rénale.
l" rapport il, 26
Obs. 102. — Ilydronéphrose.
De 9 h. à 9 h. 1/2 3,;;.")
De 3 11. à 3 h. 1/2 l,3o
Les courbes ci-jointes feront mieux saisir la variabilité des rapports entre les deux reins.
Dans le tracé de la figure 66, le trait bleu représente la quantité àhirée par litre : onvoit les courbes du rein sain et du rein malade se rapprocher ou s'éloigner suivant les moments ; de •Jeux à trois heures les courbes sont très éloignées, tandis
ËTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
Urée] à
FiG. 63. — Hydropyonéphrose (obs. 110. Mars 1903). Trait bleu, urée par litre. Trait vert, A. Les traits pointillés correspondent au rein malade les traits pleins au rein sain.
llf
Fio. 66. — Hydropyonéphrose (obs. 103. Oct. 1903). Trait plein, rein sain. Trait ponctué rein malade. Rouge, quantité d'urine. Bleu, urée par
litre.
QUANTITÉ D UllÉE SÉCnÉTÉE PAU LES DEUX REINS
qu'elles se touchenl de qiiaire à cinq heures. Ces diiïércnGes sont dues à ce que la quantité d'urine varie beaucoup pour le rein sain dans les dilTérenles heures et que son urine est d'autant plus dilue'c qu'elle est plus abondante : le rein malade, lui, oscille peu aussi bien dans la quantité que dans la qualité de l'urine. On se rend bien compte de ce phénomène dans la courbe 11g. 6G qui représente en même temps les quantités d'urine (lo chaque rein et la proportion d'urée par litre dans ces urines. La courbe montre aussi très nettement les différences des
FiG. 67. — Uropyonéphrose. Sonde urétérale à demeure.
Courbes do l'urée totale. Courbes de rurée du rein sain. Courbes de l'urée totale du rein malade, d'après des mensurations faites pendant quarante-cinq jours. Dosage par [litre d'urine.
rapports de l'urée par litre suivant les différentes heures. On pourra observer le même phénomène dans les courbes fig. 6S et dans d'autres que nous donnons plus loin.
Les différences entre les rapports des deux reins ne s'observent pas uniquement dans les heures d'une même journée, mais aussi lorsqu'on compare les deux glandes pendant plusieurs jours consécutifs.
Les différences de rapports entre les deux reins, considérées pendant plusieurs jours de suite, se voient avec évidence dans les courbes ci-jointes,
AUARRAN. — Exploration rénale. 27
ftTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
La courbe lig. 07 représente à la fois l'urée totale des vingtqualre heures, l'urée du rein malade et l'urée du rein sain, mesurées par rapport au litre; les analyses ont été faites pendant quarante-cinq jours consécutifs. Chez cette malade, atteinte d'uropyonéphrose, on voit que l'urée du rein sain varie d'un jour a l'autre comme l'urée totale, tandis que l'urée du rein malade présente de petites oscillations.
Les courbes 68 et 69 montrent le même phénomène
FiG. 68. — Pyonéplirose : sonde urétérale à demeure pendant quinze jours.
Courbes de l'urc'-e tolale, de l'urée du rein sain et du rein malade, d'après les dosages journaliers.
FiG. 69. — Uropyonéphrose (obs. 101).
Quaulité d'urée par litre notée pendant dix-sept jours sur les urines des vingt-quatre heures de chaque rein.
dans un cas de pyonéphrose examiné pendant quinze jours consécutifs et dans une observation d'uropyonéphrose étudiée pendant 17 jours.
2° Les mêmes variations de rapports existent lorsque la comparaison entre les deux reins porte sur la quantité réelle d'urée,
QUANTITÉ D'URÉE SÉCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS 419
mesurée en centif/mmmes, que chaque rein fournit pendant le mihne espace de temps.
Cette proposition se trouve démontrée par l'examen du tableau des rapports, dont nous détachons quelques exemples.
Oits. 110. — Uropyonéphrose fistulisée, 2 mars 1903.
l'« 1/2 heure -, — ^, en confiur. 1,93
,,,,,, Ur. R. S.
- iirnrM: - ^'^^^
En 24 heures ^- ^- 2 2.3
Ur. R. M. '"^
Obs. 27. — Cancer du rein.
1" 1/4 d'heure n!- r ' cenligr. 1,22
9e Ur. R. S.
Sur dix-sept observations dans lesquelles la quantité totale d'urée éliminée par chaque rein a été comparée dans deux examens successifs nous trouvons :
Diflereiice des rapports des deux reins moindre de 10 0/0. 3 fois. — — — plus grands que — 12 —
Voici quelques-uns de ces cas montrant une grande différence des rapports.
Obs. 53
. — Tuberculose
caverneuse.
1/2 heure
Ur. R. s.
Ur. R. M.
Ur. R. S.
Ur. R. M.
Obs. 65
— Tuberculose
caverneuse.
1/4 d'heure . . .
Ur. R. s.
Ur. R. M.
Ur. R. S.
en oentigr. 6,87 — 11,25
Ur. R. M.
en c'Mjdgr. 0,07
ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
Obs. 102. — Hydronéphrose.
De 9 h. à 9 h. 1/2 . .
De 3 h. à 3 h. 1/2 . .
Ur. R. S.
Ur, Ur
en cenligr.
Ur. R. M.
UO
Les courbes ci-jointes, appartenant à d'autres malades chez qui la quantité d'urée en centigrammes a été mesurée pendant plusieurs heures consécutives, démontrent k l'évidence la variabilité des rapports, suivant le moment considéré. On verra les mêmes écarts dans les autres courbes données plus loin.
Nous avons vu que les variations de l'urée par litre sont en raison inverse des quantités d'urine, ce qui est dû à la dilution de l'urine ; il en résulte que les courbes de la quantité d'urine et de l'urée par litre sont opposées; lorsque la courbe urine monte, celle de l'urée Laisse et inversement. Lorsqu'on compare les courbes d'urée en centigrammes et de la quantité d'urine, on voit, au contraire, que les deux tracés du même rein se suivent comme le fait prévoir le raisonnement : l'urine a beau être diluée, si elle est abondante elle contient plus de centigrammes d'urée que si elle est sécrétée en petite quantité. Le tracé ci-joint montre ce parallélisme de la quantité d'urée mesurée en centigrammes et de la quantité d'urine : on pourra étudier d'autres exemples dans les tracés.
3° On ne peut déduire du rapport trouvé dans un court espace de temps quel est le rapport dans Pexcrétion d'urée des deux reins pendant vingt-quatre heures. Tout ce que nous avons dit à ce sujet à propos du AV, page 362, s'applique à la quantité d'urée contenue dans les urines.
FiG. 70.
Uropyonéphrose (obs. 103).
Urée en centigrammes {V u.).
Trait plein, rain sain; Irait ponctué, rein malade.
QUANTITÉ D'URÉE SÉCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS
En étudiant les mômes malades (voir page 396) nous trouvons, pour l'urée par litre.
FiG. 71. — Uropyonéphrose (obs. 103).
Urée en centigrammes (bleu). Quantité d'urine (rouge). Trait plein, rein sain; trait ponctué, rein malade.
Obs. 1. — 12 septembre 1903.
De 10 h. 1/2 à 11 h. 1/2 ^' ^'
Ur. R. G.
Ur. R. D.
De 1 h. 1/2 à 2 h. 1/2
Ur. R. G.
En 24 heures
Ur. R. D.
Ur. R. G.
Par litre.
De o h. 1/2 à 7 h. 1/2 î^' i?' .... 0,37
Ur. 11. ti.
En centigr.
Les différences sont ici importantes et vont du simple = au double, suivant les heures, lorsqu'on considère l'urée par litre; elles n'existent pas pour l'urée en centigrammes.
422 ÉTUDE DES URINES SÉPAUftES DES DEUX REINS
Oi)s. II. — 28 février 190.'}.
Par litre. ICn cenligr.
l"- heure (9 à 10 heures) |||; ||' |j' . . . . 3,33 13,10
2>= heure (4 à l\) - g'; ]^'. ... 2,0 25,21
^ ^, , Ur. R. D. , «M ...
En 24 heures r-. — rr—^ 4,10 3o,31
Ur. H. (j.
De 10 h. 1/2 à 11 h. 1/2 y/'- .... :;,27 36,0
' ' Ur. li. (j.
En 24 heures ^^^-^^ ^^,28 49,8
Lr. R. G.
Dans les premières analyses du 28 février, les différences sont considérables entre les rapports obtenus à deux reprises dans la journée et celui des vingt-quatre heures.' Dans l'analyse du 6 mars les deux rapports se correspondent par litre et diffèrent notablement en centigrammes.
Obs. III. —
Par lilre. En centigr.
Ur. R. D. , , ,
De 6 h. 1/2 à 7 heures ^ ■ . • • 2,41 1,93
De 8 h. 1/2 à 9 heures ^' ^' . . . . 1,32 l,7o
ur. 11. u.
En 24 heures ^^^4^ 2,60 2,23
Ur. R. 11.
Dans ce cas les différences suivant les heures varient aussi bien pour Turée au litre que pour l'urée en centigrammes.
4° Les différences des rapporf^ dam Vurée des deux reins sont dues surtout aux variations dans la sécrétion du rein sain; le rein malade a un fonctionnement beaucoup plus uniforme et d'aidant moins oscillant que son parenchyme est plus profondément altéré. Tour se convaincre de cette vérité nous prions le lecteur de regarder toutes les courbes, à court intervalle ou de vingt- quatre heure=î, que nous avons données dans les pages précédentes (fig. 65 à 72). Dans tous les cas, on voit le rein malade varier beaucoup moins que le rein sain dans sa production d'urée. Nous reviendrons sur ce point important à propos de la polyurie expérimentale.
QUANTITÉ D URÉE SÉCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS
Comparaison de la quantité d urée, du volume et du A des urines des deux reins.
Nous renvoyons à l'élude qui a 6Lé failc de ce point parliculier aux pages 370, 381 et 388.
Comparaison des quantités d'urée et de chlorures
des deux reins.
Le fait important qui résulte de l'étude de nos nombreuses observations est que chez le même malade, pendant le même espace de temps, on observe presque constamment une différence notablement plus grande dans C élimination de Vurée des deux reins que dans r élimination des chlorures.
Nous démontrerons bientôt (voir p. 426) que, d'une manière générale, le rein malade élimine mieux les chlorures que les autres sels de l'urine; les deux reins se rapprochent ainsi au point de vue de la quantité de chlorures contenue dans leur urine et, lorsqu'on compare leurs rapports de sécrétion, on trouve une plus grande parité entre eux. Il suffit de parcourir nos tableaux pour voir quelle est la grande constance de ce phénomène ; on l'observe aussi bien lorsqu'on compare la quantité de chlorures par litre que lorsqu'on étudie le rapport des quantités exactes de chlorures et d'urée éliminées dans le même espace de temps par les deux reins. Il n'est pas rare même d'observer que les deux reins éliminent une quantité à peu près semblable de chlorures, lorsque leur élimination d'urée est très dissemblable.
En comparant les quantités d'urée et de NaCl, proportionnellement au litre, des deux reins dans nos 123 analyses utilisables à ce point de vue nous trouvons :
87 fois des variations de l'urée et des chlorures dans le môme sens, 8 fois égalité des chlorures et de l'urée, 28 fois des variations en sens inverse des deux sels.
Sur ces 28 derniers cas il en est 23 dans lesquels le rein malade a donné plus de chlorures au litre que le rein sain,
ETUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS
inversement à ce qui se passait pour l'urée : souvent môme on observe des différences remarquables à ce point de vue; entre autres nous citerons les observations 104, 110 et 111.
Dans l'observation 110, nous voyons un rein très détruit par l'uropyonéphrose donner plus de chlorures que le rein sain qui élimine beaucoup mieux l'urée :
HO
fO
F Boi^/fCMi^ji? -,So.
FiG. 72. — Hydropyonéphrose.
Vert, Av. Bleu, urée en centigrammes. Jaune, chlorures en centigrammes. Trait plein, rein sain. Trait ponctué, rein malade.
Suivant l'heure, on voit les courbes des deux reins se rapprocher ou s'éloigner et les rapports varier.
28 février 1903; totalité des urines de vingt-quatre heures.
Rein sain. Rein malade.
Urée, p. iOOO NaCl. —
Voici encore un cas de calcul rénal où nous trouvons (obs. 104, 2^ analyse) :
Urée, p. 1000 NaCl —
Rein sain.
Roin malade.
QIIANTITF, D'URÉE SÉCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS
Plus remarquable encore est l'obs. H l dans laquelle nous voyons dans un cas de pyonéphrose, le premier jour après l'opération :
Hein sain. Rein malade.
Urée, p. 1000 29,30 2,44
NaCl — . . .' 4,50 10,50
Si nous étudions non seulement les 23 analyses dans lesquelles les chlorures ont été plus abondants du côté où il y avait moins d'urée, mais encore tous nos autres cas, nous arrivons à un total de 123 analyses : 8 fois il y a égalité dans l'élimination ; 24 fois l'écart des chlorures est plus grand que celui de l'urée et 91 fois la différence des chlorures des deux reins est moindre que la différence de l'urée. On peut affirmer, d'après cette constatation, que, dans les différentes maladies chirurgicales du rein, les chlorures s'éliminent plus facilement que l'urée dans 70 à 80 p. 100 des cas examinés.
Nous ferons remarquer ici que les grandes différences entre l'élimination des chlorures et de l'urée peuvent s'observer parfois lorsqu'un des reins est très profondément altéré, mais que, d'une manière générale, les écarts entre les deux éliminations s'atténuent avec la gravité des lésions.
Si, au lieu de considérer les éliminations de l'urée et des chlorures par litre, nous les comparons en centigrammes, c'est-kdire, si nous comparons la quantité réelle de ces sels que chaque rein a éliminée dans le même espace de temps, nous verrons encore que la quantité de chlorures éliminée est habituellement supérieure à celle de l'urée et que, dans certains cas, le rein malade élimine en réalité plus de chlorures que le rein sain lorsque, au contraire, ce dernier élimine mieux l'urée. Mais nous devons remarquer que les différences entre l'élimination réelle des chlorures et de l'urée sont moindres que celles de la quantité de ces sels par litre contenue dans les deux urines. On comprend facilement qu'il en soit ainsi parce que, dans la grande majorité des cas, le rein sain est polyurique, ce qui compense plus ou moins complètement la faible teneur de son urine en chlorures.
426 ÉTUDE DES UIUNES SÉPARÉES DES DEUX REINS
Comparaison de rélimination de l'urée et de l'acide phosphorique par les deux reins.
Nous avons comparé les rapports de l'urée et des phosphates par litre d'urine, dans les deux reins chez dix-huit malades. Dans tous ces cas le rein qui fournit le plus d'urée est aussi celui qui élimine la plus grande quantité de phosphates. La différence des rapports des deux éliminations urique et phosphatique, par litre, a été :
Différence moindre que 10 p. 1000 14 fois.
Différence plus forte que — 4 —
De même, en comparant les éliminations d'urée et de phosphates mesurées en centigrammes, nous trouvons que, dans tous les cas, l'urine la plus riche en urée est aussi celle qui contient le plus de phosphates. Ici encore nons remarquons que les différences dans les rapports des deux reins ne sont généralement , pas très considérables; c'est ainsi que, sur 14 examens comparatifs, 11 fois l'écart entre les deux éliminations est moindre que 10 p. 400.
Ces recherches nous montrent que, d'une manière générale, dans les lésions chirurgicales des reins, les phosphates s'éliminent d'une manière analogue à celle de l'urée.
Vlll. — QUANTITÉ DE CHLORURES EXCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS
En comparant la quantité de chlorures contenue dans l'urine des deux reins à la quantité d'urine éliminée, au A et à l'urée, nous avons exposé dans les pages précédentes la plupart des remarques que nous avons faites sur l'éliminatiou des chlorures par les reins malades.
D'une manière générale on peut dire que le rein malade fournit habituellement de l'urine moins riche en chlorures que le rein sain, mais il n'est pas rare de voir le rein malade sécréter de l'urine aussi concentrée ou môme plus concentrée en chlo-
QUANTITÉ DE CHLORURES EXCRÉTÉE PAR LES DEUX REINS 427
ruros que celle du rein sain. En comparant à ce point de vue les observations de notre tableau nous trouvons :
Plus de chlorure du côié sain 69 fois.
Plus de chlorure du côté malade 14
Quantité égale des deux côtés ou variable suivant
l'analyse 12
soit une proportion de 22 p. 100 d'observations donnant dans certaines analyses plus de chlorures par litre du côté malade que du coté sain.
En comparant dans les différentes maladies chirurgicales le pourcentage des urines des deux reins en chlorures nous pouvons dresser le tableau suivant.