DES DEUX REINS
Dans un remarquable mémoire publié en 4 901, Casper et Richter*, ont consigné les résultats qu'ils ont obtenus par l'étude comparée de la glycosurie phloridzique dans l'urine séparée des deux reins recueillie par le cathétérisme urétéral. Ces auteurs, suivant pour l'épreuve de la glycosurie expérimentale la technique indiquée avant eux par Achard et Delamare, pratiquent une injection sous-cutanée .de 5 milligrammes de phloridzine : après avoir attendu une demi-heui-e, pour que l'élimination de sucre par les urines ait acquis une forte intensité, ils recueillent les urines pendant dix à vingt minutes. 11 est inutile, d'après les auteurs, de recueillir l'urine pendant un plus long espace de temps et il suffit de doser la quantité de sucre pour 100 que chaque urine contient et de les comparer entre elles.
Casper et Richter commencent par établir que, à l'état normal, les deux reins éliminent, pendant le môme espace de
1. Casper et Richter. Funktionelle Nierendiagnoslik. Berlin, 1901.
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temps, des urines dont la proportion de sucre p. 100 est la même * ou présente des dillérences insigniliantes qui ne vont pas au delà de i p. 100.
D'un autre côté, étudiant un grand nombre d'observations ^ personnelles et d'autres auteurs, ils trouvent, d'une manière î constante, que le rein malade donne moins de sucre au pour- f centage que le rein sain et que, lorsque les deux reins sont atteints, celui qui est le plus malade donne moins de sucre. Cette constatation démontre que la glycosurie phloridzique présente une grande valeur au point de vue du diagnostic et son importance est encore accrue parce que, d'après Casper et Richter, « la quantité de sucre éliminée est en rapport avec la quantité de parenchyme sécrétant ». D'après cela, les auteurs, tout en accordant quelque valeur à l'analyse quantitative de certains éléments chimiques, et notamment à celle de l'azote, dans les deux urines, et donnant encore plus de valeur à la comparaison des deux A, pensent que la glycosurie expérimentale est le procédé qui permet d'apprécier, avec la plus grande exactitude, la valeur fonctionnelle comparée des deux reins.
Dans un intéressant travail, Straus S de Francfort, est venu confirmer dans ses grandes lignes les résultats obtenus par Casper et Richter. De môme, dans un excellent rapport à la Société de médecine de Buda Pesth, Gellert^ admet la valeur de la méthode de Achard et Delamare, suivant le procédé de Casper et Richter. Fjodorow % de Moscou, confirme les résultats de Casper et Richter, mais il admet que, à l'état normal, l'écart entre les deux reins dans le pourcentage de sucre de l'urine peut aller jusqu'à 0,2 p. 100. Plus récemment, Marguliès * accepte et préconise le procédé de Casper et Richter.
Nous citerons encore, parmi les auteurs qui accordent de la
1. Straus. Zur funktionellen Nierendiagnostik. Untersuchungen ûber Physiologie und Patliologie der Nierenl'unktion, Berliner klin. Wocli., 19u2. p. 159.
2. Gellert. Diagnostic cliirurgical des alTections du rein. Berichle filr Urologie, 1901, p. 310.
3. Fjodorow. Ueber die Bedeutung der funktionellen Nierendiagnostik bei chirurgischen Erkrankungen der Nieren. MonatsberichLe fûr UroL, 1902, p. 413.
4. Margumès. 200 Falle von Katheterismus der Ureteren. Monatsber. fur UroL, 1903, p. 449.
confiance h l'épreuve de la phloridzine, Yan der Poel ', qui préconise en môme temps la recherche du A.
D'autres auteurs ont fait valoir des objections au procédé de Casper et Richter. Geza von Kovesi * objecte au procédé de ne pas tenir compte de la polyurie qui peut exister d'un des deux côtés, et qui pourrait fausser le pourcentage de sucre éliminé. LudAvig von Adlor' a vu de l'hyperglycosurie (jusqu'à 2 gv. 06 p. 100) dans des reins normaux; il pense que la méthode est inférieure à celle de Koranyi.
En France, nous ne connaissons sur ce sujet que le travail publié par nous au Congrès de Madrid* en 1903; nous développerons plus loin les raisons qui nous font penser que l'épreuve de la phloridzine ne présente pas plus de valeur que l'analyse chimique ou la concentration moléculaire des deux urines.
Israël ^ surtout s'est élevé avec vigueur contre la glycosurie expérimentale, d'après le procédé de Casper et Richter. En 1902 il publie un premier travail sur ce sujet; il y revient en 1903 ' et entame, à ce sujet, une intéressante discussion avec Casper et Richter ^
Les objections longuement développées par Israël peuvent se résumer ainsi :
1° A l'état normal, l'écart entre la quantité de sucre éliminée par les deux reins dans le même espace de temps, en tenant compte de la quantité d'urine sécrétée 'par chaque rein^ peut arriver jusqu'à 30 p. 100 d'après les observations mêmes de Casper" (obs. 21 et 31). Cette objection ne nous paraît pas très
1. Van der Poel. Ureteral catheterism as a routine method of diagnosis inrenal disease. New-York med. Journ., n" 16, vol. XXXIX, 1904:
2. Geza von Kovesi. Discussion. Monatsber. fur UroL, 1901, p. SIO.