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UN SEUL ÉTANT MALADE

Dans ce groupe nous classons seize de nos malades atteints de

ÉTUDE DE LA MARCHE DES ÉLIMINATIONS URINA IRES 507

pyélonéphrite simple ou lithiasiqiie, d'uronéphrose, d'uropyonéplirose et de tuberculose rénale.

Quantité d'urine. — Dans tous nos cas nous avons vu le rein sain présenter une polyurie très nette, déjà sensible dans la demi-heure qui suit l'ingestion de l'eau, môme lorsque le malade a bu une petite quantité de liquide, et habituellement plus marquée dans la demi-heure suivante. Si la quantité de boisson absorbée est abondante, on voit parfois la polyurie encore plus marquée dans la dernière demi-heure de l'expérience. Lorsque le malade a bu peu, la polyurie est naturellement moindre et disparaît plus rapidement. Du côté du rein malade la quantité d'urine n'augmente pas ou augmente beaucoup moins lorsque la lésion rénale est importante; en cas de lésion légère les deux reins réagissent à peu près de même manière.

Lorsque le rein sain sécrétait déjà plus d'urine que l'autre avant le début de l'expérience, l'écart devient plus considérable pendant la polyurie : on peut vérifier ce fait sur toutes les courbes rouges des malades ayant une lésion de quelque importance. Nous donnons ici la belle courbe d'une malade atteinte d'uropyonéphrose chez qui la quantité des urines sécrétée par chaque reia a été mesurée avant, pendant et après la polyurie expérimentale : on voit très nettement que l'écart entre les deux reins se trouve très exagéré après que la malade a bu (fig. 93).

Voici encore une courbe, fig. 91, page 498, représentant la quantité d'urine sécrétée pendant vingt-quatre heures par les deux reins d'un malade atteint d'hydronéphrose fîstulisée depuis plus d'un an, l'uretère du môme côté étant complètement oblitéré près du bassinet. La quantité d'urine des deux reins a été mesurée treize fois dans les vingt-quatre heures. On voit très nettement d;ins ce cas que, pendant toute la journée, les deux reins fournissent à peu près la même quantité d'urine, mais que le rein sain présente un peu plus d'oscillations : après les deux repas, le rein sain augmente considérablement son travail, tandis que le rein malade, tout en l'augmentant aussi, le fa.L en proportion beaucoup moindre.

Lorsque, au début de l'épreuve, les deux reins sécrétaient la

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môme quantité d'urine, on voit ensuite que la polyurie est plus active du côté du rein sain. Nous donnerons comme exemple la

Moy.entre H-f) et 7 du soin

Mo^. entne H*} et 71?

du soin

Moyenne entre lOh.du soin et 4 *? du matin

N\oy. entre i*'' et 10'?

du matin

Mid

FiG. 95. — Uropyonéphrose (Obs. 101). Polyurie expérimentale.

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courbe de la malade observation 72, atteinte de tuberculose rénale, et celle d'un malade non compris dans nos tableaux dont nous avons donné les graphiques Jigure 92, page 499. Chez ce second malade il s'agit d'une fistule rénale datant de huit mois; la quantité d'urine a été mesurée d'heure en heure pendant sept heures; dans la deuxième heure on a fait boire au malade deux verres de tisane et on voit dans l'heure qui suit la brusque ascension de la courbe du rein sain montrant la polyurie; dans la quatrième heure la quantité d'urine diminue à nouveau pour remonter sous l'influence du repas. Pendant ce temps la quantité d'urine émise par le rein malade, aussi considérable au début de l'expérience que celle du rein sain, ne subit que de très petites oscillations.

Lorsque le rein malade était polyurique par rapport à l'autre au début de l'expérience, ce qui n'est pas très exceptionnel, on voit la courbe du rein sain se rapprocher de la sienne, le plus souvent môme l'atteindie et la dépasser, en sorte que, inversement à ce qui existait avant l'épreuve, le rein sain sécrète plus d'urine que le rein malade, ou tout au moins réagit plus à l'absorption de boisson. On peut observer la marche respective des deux courbes dans ces cas, chez les malades dont nous donnons ici les graphiques. Dans la courbe figure 96, qui correspond à l'observation 12, il s'agit d'un calcul du rein; les courbes 97 et 98 sont celles des malades des observations 73 et 76, atteints tous deux de tuberculose rénale.

Tout ce que nous venons de dire montre que, au point de vue de l'élimination de l'eau, le rein malade est doué d'une constance fonctionnelle plus grande que le rein sain. L'étude delà courbe

mo

Wkh

FiG. 9G. — (Obs. 12). Calcul du rein. Courbe des quantités d'urine.

Le trait plein représente le rein sain; le trait ponctué le rein malade. On voit avant la pelj'urie que le rein malade sécrétait davantage d'urine ; pendant la polyurie le rein sain en fournit plus. Absorption de deux verres d'eau.

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(Je la quaiilitc d'urine éliminée nous a permis, dans tous les cas étudiés, lorsqu'un seul rein est malade, de dire quelle était la glande qui fonctionnait mieux, et cela môme lorsque, par la simple mesure des quantités d'urine sécrétée par chaque rein pendant le môme espace de temps, on aurait pu croire que les

ko

QQ

to

jo/t

FiG. 97. — (Obs. 73).

Tuberculose rénale.

Absorplion d'un seul verre d'eau.

Avant l'expérience le rein malade sécrète plus du double d'urine que le rein sain ; pendant l'épreuve, les deux courbes se rapprochent. Chaque coloune correspond à une demi-heure.

FiG. 98. — (Obs. 76).

Tuberculose rénale.

Polyurie considérable du rein malade avant l'expérience. On voit que le rein sain réagit beaucoup plus à l'absorption d'eau et que, à la fin de l épreuve, les quantités d'urine sécrétées par les deux reins sont presque égales. Chaque colonne correspond à une demi-heure.

deux reins éliminaient pareillement l'eau ou que le rein malade sécrétait mieux que le rein sain.

L'étude des courbes nous montre encore que la différence entre la sécrétion des deux reins pendant l'épreuve est d'autant plus marquée que la lésion unilatérale est plus grave. 11 suffit, pour s'en convaincre, d'étudier les deux courbes que nous donnons ici en les comparant à toutes les autres. Nous n'avons

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trouvé une réaction semblable des deux reins à l'absorption de l'eau que dans trois cas, et dans tous les trois la lésion était si légère qu'elle modifiait peu le fonctionnement rénal : on voit ce phénomène dans la courbe ci-dessous (observation 9, fig. 99), Dans ce cas, il s'agit de pyélonéphrite simple légère; chez cette

de L

OISS

on

FiG. 99. — fObs. 9).

Pyélonéphrite légère.

La (luantité d'urine des deux reins oét à peu près la même ; les deux côtés réagissent à la polyurie expérimentale, toutefois le rein sain réagit un peu mieux. Chaque colonne correspond à. une demi-heure.

FiG. 100. — Rein mobile, sans rétention.

La malade n'a pas hu; il n'y a pas de polyurie et les deux courbes sont parallèles et semblables. Chaque colonne correspond il une demi-heure.

malade, les deux courbes se suivent, celle du rein sain restant toujours un peu plus haute.

Concentration moléculaire de lurine. — La concentration moléculaire de l'urine, que mesure le point A, varie dans le rein sain inversement à la quantité d'urine : pendant la polyurie, le A s'abaisse pour remonter lorsqu'elle cesse. Lorsque le malade a absorbé une petite quantité d'eau, il peut se faire que la dilution de l'urine ne soit pas suffisante pour

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faire baisser le A d'une manière appréciable. La figure montre bien comment la courbe rouge de l'urine monte pendant que la courbe verte du A descend pendant la polyurie expérimentale.

Pendant que le A du rein sain présente ainsi de grandes oscillations, on voit celui du rein malade ne varier que dans des

IbO SO £0

ko

FiG. 102. — (Obs. 73).

Tubei'CLilose rénale.

On voit que le A du rein sain s'abaisse fortement pendant la polj'urio e.xpérimcntale, tandis que celui du rein malade (trait ponctué) est peu influencé. Chaque colonne correspond à une demi-heure.

FiG. 103. — (Obs. 76).

Tuberculose rénale.

Pendant la polyurie expérimentale le A du rein sain s'abaisse considérablement, tandis que celui du côté malade ne subit pas de modifications. Chaque colonne correspond à une demi-heure.

FiG. 101. — (Obs. 110).

Ilydropyonéphrose .

Courbes du A des urines.

La lésion étant importante le rein malade (trait ponctué) ne réagit pas, tandis que le rein sain (trait plein) donne de l'urine à A beaucoup plus faible pendant la polyurie expérimentale. Chaque colonne correspond à une heure.

proportions beaucoup moindres : lorsque la lésion rénale est importante, la chute de la courbe A du rein malade est petite ou nulle comme dans les figures 101, 102 et 103; parfois môme le rein malade est si peu innuencé par la polyurie que le A de ses urines peut monter un peu. Lorsque, au contraire, la lésion rénale est légère, le rein malade suit la môme marche que le

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rein sain, et le A de ses urines s'abaisse dans des proportions notables (fig. 104).

Les dillerences que nous avons signalées dans le degré de dilution des deux urines ont pour résultat de diminuer l'écart entre les deux A du rein sain et du rein malade, et ce n'est qu'en cas de lésion rénale légère qu'on n'observe pas de diflérence sensible entre les deux urines comparées avant et après l'absorption de Feau.

Dans les autres cas, on voit le A du rein sain, habituellement plus élevé au début de l'expérience, se rapprocher de celui du rein malade : dans quelques cas, les deux A deviennent semblables comme dans la figure 101, observation 111 ; parfois même on voit le A du rein sain devenir inférieur à celui du rein malade. Ces variations du A expliquent bien les erreurs qu'on peut commettre en examinant de simples échantillons d'urine sans tenir compte de la marche des éliminations. Il importe aussi de savoir que ces modifications du A des urines ne sont pas les mêmes pendant la polyurie expérimentale et pendant la polyurie digestive. Lorsque l'examen est fait pendant la période digestive, on voit du côté du rein sain que le A augmente en môme temps que la quantité des urines, ce qui est dû à la plus grande élimination moléculaire pendant la digestion. Dans ces mômes conditions, le A du rein malade ne présente que des oscillations peu importantes, en sorte que l'écart entre les deux reins persiste ou s'exagère au lieu de diminuer comme pendant la polyurie expérimentale.

Les courbes figures 105 et 106, pages 514 et 515, montrent dans leurs trois premières colonnes Finfluence de la simple absorption

ALBARRAN. — Exploration rénale. 33

1.60 1 50 1 *0 1 30 1.20 1. 10 1.00 0.90 0.80 0.70 0.60 0.50 OAO 0 30 0.20 0.10 0.00

Fig. 104. — (Obs. 9).

Pyélonéphrlte légère.

La courba du A des deux rems estfortement influencée par la polyurie expérimentale, celle du rein sain (trait plein) descend de plus haut pour aboutir au même point.

til4

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et dans lem

(If

de boissons sur la quantité et le A des urines, seconde partie l'iniluence de la digestion.

Ce qui domine dans l'étude comparée du A des urines d< deux reins, lorsqu'un de ces organes est malade, c'est la gran variabilité dans la courbe du rein sain h. côté des petites oscillations du rein malade. Nous allons voir que les différences enliv

les deux reins sont encon' plus sensibles, dans certaincas, lorsqu'on compare la diurèse moléculaire vraie ou aY des deux reins.

Variatiom de la diurèse moléculaire vraie ou AV. — Nous avons vu que, lorsque la quantité d'urine émiso par le rein sain augaiente sous l'influence de la polyurie expérimentale, le a s'abaisse, ce qui est dû à la dilution de l'urine. Si nous considérons les modifications du aV, c'est-à-dire si nous mesurons la diurèse moléculaire vraie effectuée parle rein sain, nous voyons constamment que, pendant la polyurie provoquée, le rein sain travaille réellement davantage : la courbe aY monte en môme temps que la courbe d'urine, quoique en proportion moindre. On peut en conclure que, pendant l'épreuve de la polyurie expérimentale,Ue rein sain augmente son travail utile. Lorsque la polyurie est due aux boissons absorbées pendant le repas, on voit la courbe aY suivre, comme dans le cas précédent, celle de l'urine mais s'en rapprocher davantage : cela est dû à la plus

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FiG. lOS. — Hydroiiéphrose.

Rouge, quantité d'urine; vert, A des urines.

On voit, pendant la polyurie qui suit l'absorption d'eau, la courbe du A s'abaisser pendant que celle de l'urine monte ; apriis le repas les deux courbes montent. Chaque colonne correspond à une heure.

Du côté du rein malade (trait ponctué) les oscillations sont beaucoup moindres.

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forte élimination de molécules pendant la digestion. On peut voir très nettement l'influence du repas dans la courbe ci-dessous, figure 106, qui représente la quantité d'urine et le aV chez un malade atteint d'hydropyonéphrose fistulisée depuis plusieurs mois au moment de l'examen : avant et pendant le repas les courbes de quantité et de aV suivent des oscillations analogues, mais elles sont fort éloignées l'une de l'autre; bientôt la

FiG. 106. — Hydropyonéphrose.

Courbe rouge, quantité d'urine. Courbe verte, AV. Les mensurations ont été faites cliaque heure. A la fin de la deuxiôme heure, le malade boit de l'eau d'Evian ; il déjeune pendant la quatrième heure. L'ascension du AV, déjà marquée pendant la polyurie expérimentale, devient très considérable pendant la digestion. Du côté du rein malade (trait ponctué) les oscillations sont peu importantes.

polynrie fait monter le tracé de quantité et, dans l'heure suivante, la digestion détermine l'ascension de la courbe AV.

Pendant que sous l'influence de la polyurie expérimentale, ou de la digestion, les tracés du rein sain présentent les grandes oscillations dont nous venons de parler, on voit ceux qui correspondent au rein malade marquer par de minimes oscillations les modifications fonctionnelles : aussi bien la polyurie simple

5lè

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que la polyiirie digeslive no modifient guère la fonction du rein malade; l'uniformité de ses tracés contraste avec les oscillations du rein sain.

Comme nous l'avons vu en étudiant le simple A des urines, on constate en étudiant le aV que les écarts entre les deux reins diflèrent avant et pendant l'épreuve de la polyurie expérimen-

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