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Volume A
Nacl
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Fio. 3. — Néphrite chronique, période d'insuffisance rénale passagère (d'après
Claude et Balthazard).
dépendance du régime alimentaire, ou de conditions pathologiques non rénales; l'intervention de ces facteurs étrangers modèle à leur gré les formules malléables de Claude et Balthazard, faussant l'interprétation qu'elles oiïrent de l'état de la fonction rénale. Brault en a rapporté quelques exemples tout à fait démonstratifs'.
« Enfin, la valeur P est également d'une interprétation ma-
1. Brault. .Vrtlcle « llcin <•, du Traité de médecine de Charcot-Brissaud, 2» édil., l. V, 1902, p. 390.
EXPLOllATION DRS FONCTIONS HÉN.VLIÎS
laisée; tous les éléments qui contribuent à sa constitution n'ont pas une valeur égale; on peut difficilement réduire à des unités équivalentes et comparables les poids d'individus gros ou maigres, infdtrés de sérosité ou cachectiques; les différents tissus ne fournissent pas un travail égal dans l'élaboration dos matériaux de la nutrition, et il peut se glisser, là encore, des causes d'erreur, peut-être, plus importantes que celles qui dériveraient de l'abandon de la notion du poids, dont on ne voit pas très bien la raison d'être en matière de fonction rénale. » '
Sarazin* a confirmé les chiffres donnés par Claude et Balthazard pour les sujets normaux. Chanoz et Lesieur', en étudiant aussi des individus normaux, ont souvent trouvé des chiffres qui, d'après les tableaux de Claude et Balthazard, indiqueraient l'insuffisance rénale. De la discussion qui s'est engagée entre ces différents auteurs ^ il paraît résulter que, même en ne tenant pas compte des sujets obèses, IS à 20 p. 100 des sujets normaux peuvent donner des chiffres faisant penser à l'insuffisance rénale. De même Barailhé* constate 48 fois sur 69 examens
de sujets normaux que le rapport - sort des limites indiquées
par Claude et Balthazard.
Brault* n'accorde guère de valeur aux formules cryoscopiques de Claude et Balthazard. 11 remarque, avec ces auteurs, que si les résultats obtenus dans les scléroses rénales et dans les asystolies pures concordent assez bien avec les lois énoncées précédemment, il n'en est plus de même dans les lésions aigu>"s
1. Sabazin. ConlribuUon ;\ l'étude de la cryoscopie des urines, Thèse de Bordeaux, 1902.
2. Chanoz et Lesieuh. Journal de p/u/siologie el de pathologie générale, septembre et novembre 1902.
3. Voir Claude et Baltiiazaud. Remarques sur la cryoscopie des urines, Journal de phijsiologie et de pathologie générale, 1903, p. 9u; Chanoz et Lesieur. Remarques sur la cryoscopie des urines, môme journal, 1903, p. 317.
4. Bahaujik. Contribution à l'étude cryoscopique des urines. Thèse de Lrjon, 1901-
5. Rrault. Maladies du rein et des capsules surrénales, Traité de médecine de Bouchard et lîrissaud, vol. V, p. 392.
PROCÉDÉ Dlî CLAUDE ET BALTH.VZAllD
du rein où, d'après les courbes données par les auteurs, « le tracé est souvent Lrès analogue à celui de Tinsuffisance. cardiaque )). Brault remarque encore que dans le cancer, où il y a peu d'urée, un taux de chlorures relativement élevé, un total d'élimination insuffisant, on rencontre assez fréquemment le schéma de l'insuffisance rénale; il en est de même chez les syphilitiques, chez les polyuriques, dans les crises des maladies aiguës.
Nous pensons qu'une des raisons qui faussent le plus souvent les formules de Claude et Balthazard est la variation considérable que présente l'élimination des chlorures dans différents états morbides et dans les lésions rénales en particulier. Nous avons longuement insisté sur ce point, page 34. En étudiant séparément l'urine du rein sain et celle du rein malade dans un grand nombre d'affections rénales unilatérales, nous avons souvent remarqué, mais non d'une manière constante, que, relativement à l'urée, le NaCl s'élimine en plus grande quantité par le rein malade que par le rein sain. Léon Bernard avait fait la même remarque sur plusieurs des analyses qu'il avait faites des urines de mes malades, et il a considéré ce fait comme venant à l'appui de la théorie de Koranyi, parce qu'il semble montrer que plus il passe d'urée dans l'urine, moins il reste de chlorures. 11 confirme tout aussi bien les autres théories et on peut expliquer le rapport plus fort des chlorures à l'urée en admettant que les glomérules, relativement peu altérés, laissent passer assez bien les chlorures, tandis que les épithéliums des tubes urinifêres, plus malades parce que plus délicats, laissent moins bien passer l'urée : il n'est besoin pour cela ni de concentration de l'urine canaliculaire ni d'échange moléculaire comme le veut Koranyi. Nous remarquerons d'ailleurs que, dans
d'autres cas, nous avons vu le rapport ..^ semblalie du côté
Naul
malade ou môme plus faible que du côté sain (voir p. 38).
Au point de vue pratique les formules de Claude et Balthazard se sont trouvées confirmées dans un grand nombre de cas étudiés par ces auteurs et par différents autres. Mais il est
d'autres faits dans lesquels les résultats de la méthode n "onl pas concordé avec ce que le raisonnement faisait prévoir ni avec les résultats des autres méthodes d'exploration rénale. Dans certains cas on peut comprendre les résultats discordants : il en est ainsi par exemple lorsque le poids exagéré du sujet fausse l'interprétation. D'autres fois, comme dans des observations (le néphrite saturnine et de néphrite interstitielle de Léon Bernard, on ne peut saisir la raison qui fausse les calculs. Il est aussi impossible de dire pourquoi, dans trois des neuf observations de la thèse de Miorcec les résultats de la cryoscopie concordent avec ceux du bleu de méthylène et de la chloruric expérimentale, tandis que dans les six autres il y a discordance entre les résultats des différentes méthodes. De même, dans la thèse de Jouffray ' qui contient plusieurs observations confirmant les vues de Claude et Balthazard, on remarque la dissemblance des données fournies par les différents procédés d'exploration rénale.
Nous avons étudié nous-même un certain nombre de sujets atteints d'atfections chirurgicales des reins et nous avons comparé les résultats donnés par les formules de Claude et Balthazard avec ceux des autres méthodes d'exploration des fonctions rénales. En étudiant la valeur clinique du procédé de Claude et Balthazard en chirurgie urinaire, page 190, nous donnerons le résumé de ces observations et nous indiquerons comment dans certains cas, les plus nombreux, les indications fournies étaient justes, comment dans d'autres cas elles étaient erronées.