‹ Exploration des fonctions rénalesChapitre 39 sur 156 · AV P · texte numérisé non relu

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FiG. 14. — Type des modifications survenant dans les éliminations urinaires sous l'influence du NaCl en excès dans la quatrième variété (d'après Mauté).

la chlorurie expérimentale, le pronostic de la lésion rénale est basé sur le mode d'élimination du chlorure de sodium dans les néphrites.

Si on étudie les intéressants documents réunis par Mauté, en ne tenant pas compte des formules cryoscopiques, on constate que, dans les néphrites, d'une manière générale, le chlorure de sodium administré en excès s'élimine comme les autres substances dont nous avons étudié l'élimination provoquée. Dans les cas légers, l'élimination commence rapidement, elle se fait avec intensité et cesse brusquement, phénomènes qui s'expliquent par la grande diffusibilité du sel :

CIILOllUlUE ALIMENTAIRE EXPÉRIMENTALE

dans ce cas, le rein étant peu malade, les éléments achlorés continuent à s éliminer à peu près comme à l'état normal, et ils augmentent un peu pendant l'épreuve parce qu'il y a suractivité de la fonction rénale. Lorsque le rein est plus malade, les chlorures s'éliminent plus tardivement, en moindre quantité et pendant plus longtemps : pendant ce temps, il n'y a guère de modifications dans les autres éliminations rénales.

Ces constatations nous paraissent intéressantes parce qu'elles rentrent dans la loi générale du fonctionnement des reins malades que nous démontrerons plus loin. D'après cette loi, le rein malade a un fonctionnement plus uniforme que le rein sain, et d'autant moins modifiable par des causes accidentelles que sa lésion est plus grave. La marche de Télimination des chlorures dans la chlorurie expérimentale montre bien que l'absorption accidentelle de sel modifie d'autant moins la fonction rénale que la lésion du parenchyme est plus grave. A notre sens, celte constatation est aussi nette et beaucoup plus aisée lorsqu'on étudie simplement l'élimination des chlorures sans avoir recours aux formules cryoscopiques.

Ceci dit d'une manière générale, nous croyons que l'élimination des chlorures présente trop d'irrégularités dans les affections rénales, pour qu'il y ait grand intérêt à soumettre les malades à la diète lactée et à l'absorption du sel pendant plusieurs jours. Le travail de Mongour et Couratte-Arnaude * aboutit à cette conclusion négative : ces auteurs ont étudié, après Claude et Mauté, l'élimination des chlorures dans 7 cas de néphrite subaiguë ou chronique et n'ont pas constaté de rapport entre l'élimination du sel ingéré et la gravité de la maladie ; ils n'ont pas non plus observé de concordance entre les résultats des épreuves de la phloridzine, du bleu, et la chlorurie expérimentale.

Mauté dit bien que la constatation isolée et le dosage du NaCl éliminé après l'ingestion du sel, ne donne aucun renseignement

1. MoNooun et CouRAïTK-AnNAiiDK. Valeur de la chlonirie expérimentale comme élément de pronostic clans les néphrilca. liullelin de la Société de biologie, 1903, 13 février.

parce qu'elle est très variable, mais cette variabilité n'en existe pas moins si on ne la considère pas isolément. Avec des formules différentes, les procédés de Koranyi et de Claude et Balthazard étudient le rapport du point A à l'élimination des chlorures, et la chlorurie expérimentale étudie ce môme rapport lorsqu'on a ingéré une quantité déterminée de sel.

Je ne reviens pas sur les objections déjà formulées aux procédés de Koranyi et de Claude et Balthazard, notamment sur lu variabilité de l'élimination des chlorures dans les urines en dehors de toute cause rénale (voir page 36), objections qui peuvent être faites à la chlorurie alimentaire expérimentale, mais nous devons appeler l'attention sur une autre cause d'erreur tenant à l'élimination parfois abondante des chlorures par certains reins malades et à leur élimination insuffisante sous la dépendance de troubles circulatoires.

Teissier et son élève Raynaud ' ont montré que dans les néphrites aiguës, suivant l'état de la circulation au moment de l'examen, on pourra, d'après la chlorurie expérimentale, porter un pronostic grave ou bénin. De môme, dans les néphrites interstitielles chroniques, la polyurie peut déterminer une élimination suffisante dés chlorures pour que, pendant la chloruration, l'élimination permette de porter un pronostic favorable, malgré l'état de réelle gravité (obs. VI de Raynaud). La possibilité de ces contradictions entre l'état réel du malade et le résultat de l'épreuve de chlorurie expérimentale a conduit le professeur Teissier à proposer une autre méthode d'exploration, la chlorurie alimentaire sponlanéo. .

Dans quelques cas d'affections chirurgicales, nous avons constaté que les reins malades, qui donnaient habituellement une abondante élimination de chlorures, éliminaient aussi facilement le sel lorsqu'on l'administrait en excès dans l'alimentât ion. Ces reins qui, dans leur état habituel, tout en étant malades, laissent passer avec une certaine facilité le NaCl,

1. Raynaud. La chlorurie dans les néphrites. Thèse de Lyon, 1904.

CllLORLRlli ALIMENTAIUK EXPÉRIMENTALE 141

donnent naturellement, dans les formules de Claude et Balthazard, la courbe de l'insuflisance rénale; si on les soumet à l'épreuve de la chlorurie expérimentale, comme ils laissent liltror facilement le NaCl, ils donneront le tracé de Finsuflisancc expérimentale qui correspond à un fonctionnement normal. On voit d'après cela que le môme rein, qui paraîtra insuffisant d'après le procédé de Claude et Baltliazard, aura un bon fonctionnement suivant la méthode de Claude et Mauté. Voici une des observations de Mauté lui-même, qui démontre ce que nous venons d'avancer : nous reproduisons le résumé de l'observation d'après l'auteur et les dessins des courbes, p. 142. <( Il s'agit d'un malade porteur d'une hydronéphrose fermée du rein droit, et chez lequel M. Tuffier pratiqua d'abord une néphrotomie, puis une néphrectomie secondaire. Pendant l'inlervalle assez long qui s'est écoulé entre ces deux opérations, nous avons pu, en môme temps que l'épreuve de la chlorurie était inslituée, examiner, au point de vue qui nous occupe, l'urine séparée de chaque rein. La figure 15 nous montre les tracés obtenus pour l'un et l'autre rein. Bien qu'ils paraissent diU'érents au premier abord, nous voyons qu'ils présentent l'un et l'autre les caractères que nous avons attribués à la première variété, c'est-à-dire : type d'insuffisance rénale, marquée par

l'ascension de la ligne — cessant ou diminuant brusquement

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après l'épreuve; écart entre les tracés de -p- et -p- »

Si on se rapporte au texte de l'observation, on constate que le rein malade, atteint d'hydronéphrose, avait 14 centimètres de .long et que, vide de liquide, il pesait 212 grammes; l'examen liislologique révéla des lésions profondes et étendues. Ces constatations seules suffiraient à nous démontrer que ce rein ne fonctionnait pas normalement, parce que, nous le savons, un rein ainsi altéré ne fonctionne jamais normalement, môme lorscju'il existe des zones en hypertrophie compensatrice. Au surplus, on étudiant les chiffres ici reproduits, nous voyons que, avant la chlorurie expérimentale, le rein fonctionne d'une

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manière bien insuffisante, aussi bien lorsqu'on considère on elle-même la sécrétion de ce rein que lorsqu'on la compare à

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