Maonus Lévy. Verandlnngen fût- hinere Med.. juin
5. AciiAUD et Delamare. La glycosurie phloridzique et l'exploration des fonctions rénales, Socie'le' de biologie, p. 48, 1899, et Bulletins et Mémoires de la Sociélémédicale des hôpitaux, p. 381, 1899.
ÉPREUVE DE LA PHLORIDZINE
que présente l'élimination du sucre par les urines après l'injection de phloridzinc à dose déterminée par la voie sous-cutanée. Cette même année 1899, Delamare' consacra à la glycosurie phloridzique une importante thèse inaugurale.
Depuis ces premiers travaux nous trouvons surtout à signaler la Ihèse de Cloupet% un important mémoire de Lépine', le travail de Richter et Casper* dont nous aurons souvent à parler et le travail de Pugnat et Revilliod ^
TECHNIQUE
On fait uriner le malade et on s'assure que son urine ne contient pas de sucre. On fait ensuite une injection sous-cutanée de 1 centimètre cube de la solution stérilisée de phloridzine au 1/200. Pour que la phloridzine se dissolve dans l'eau à cette dose il faut chauffer modérément le liquide ; on pourrait encore augmenter la solubilité en ajoutant un peu de carbonate de soude. La solution qu'on injecte doit être stérilisée par simple ébullition. Nous avons remarqué chez plusieurs sujets que la solution de phloridzine stérilisée à l'autoclave avait une action infidèle.
La dose injectée, 1 centimètre cube en solution au 1/200, correspond à o milligrammes de phloridzine. Achard etDelamare ont adopté cette dose parce que, en injectant de trop fortes doses, comme l'avait fait Magnus Lévy (de 20 centigrammes à 1 gr. SO), on peut arriver « à stimuler un rein malade dans son ensemble, ou dont certaines parties sont encore indemnes, et à réveiller la propriété que tout rein normal possède d'élaborer de la glycose ou d'éliminer le sucre sanguin sous l'influence de la phloridzine ».
1. Dëlamare. La glycosurie iililoridzitiuc, Thèse de Paris, 1899.
2. CcoupET. Elude clini(]ue des fondions rénales à l'aide de la i)lilori(lzine, Thèse de Toulouse, 1899.
3. Lépink. La glycosurie pliioridzi(iue, Archives de médecine expiSrivienlale^ \). 110, 1901.
4. CvsPER et RiCHTEH. Funclionelle NierendiarjnosLik, Berlin, 1901. 3. PuoNAT et Revilliod. Loc. cil., p. Îi6.
La dose de 5 milligrammes suffit h provoquer dans les reins sains une glycosurie manifeste et h déterminer dans les reins malades de l'hypoglycosuric ou de l'anaglycosurie. Des doses plus fortes ont Tinconvénient de déterminer une glycosurie qui peut être abondante môme dans les néphrites (M. Lévy).
Contrairement à ce que pensent Achard et Delamare nous croyons qu'il y a intérêt à injecter une plus grande quantité de phloridzine : lorsqu'on n'injecte que 5 milligrammes il est fréquent d'observer de l'anaglycosurie même avec des reins peu malades; avec une dose plus forte il est plus facile d'apprécier plus de nuances dans l'élimination du sucre. Nous poursuivons avec M. Debains des recherches sur ce point et, jusqu'à plus ample informé, nous avons adopté la dose de 2 centigrammes. Nous injectons sous la peau 4 centimètres cubes de la solution de phloridzine à 1/200.
Elùjîinalion du sucre chez le sujet sain. — En général, disent Achard et Delamare, chez les sujets sains, après injection de S milligrammes de phloridzine, le sucre apparaît dans l'urine au bout d'une demi-heure et la glycosurie dure de deux à quatre heures. La quantité de sucre éliminée est comprise entre 1 et 2 grammes, mais il faut tenir compte des causes d'erreur du dosage et ne pas attribuer à ses résultats une précision rigoureuse. « Nous admettons donc que la limite inférieure de la glycosurie régulière se trouve comprise entre oO centigrammes et 1 gramme et sa limite supérieure entre 2 grammes et 2 gr. 50. Enfin nous tenons compte du début de l'élimination et de sa durée. »
Il est indispensable de connaître les influences qui, à l'état normal, peuvent modifier l'élimination du sucre après l'injection de phloridzine.
Certains médicaments font varier le taux du sucre, qu'ils diminuent : tel le salicylate de soude (Coolen), le jambul (Hildebrand, Coolen, Delamare). L'action de l'antipyrine, admise par Germain Sée et Gley, a été confirmée par Delamare. Ce dernier auteur n'admet pas la diminution de sucre qu'IIildebrand avait notée lorsque le sujet prend de la piperazine.
ÉPREUVE DE LA PHLORIDZINE
Depuis Coolon ' ou sait que radministration successive de plusieurs doses de phloridzine, même à plusieurs jours d'intervalle, augmente notablement la quantité de glycose éliminée. « Une seconde injection pratiquée quatre à cinq jours après la première provoque une glycosurie dont l'intensité peut être deux fois plus forte que celle de la précédente, ce qui constitue une cause d'erreur importante à connaître pour l'étude de la fonction rénale à l'aide de la phloridzine » (Delamare).
Mode de production de la ghjcomrie phloridzique . — Un fait qui doit tout d'abord appeler notre attention, c'est que lorsqu'on injecte de la phloridzine, ce n'est pas cette substance que le rein élimine, mais bien du glucose; la phloridzine elle-même ne se retrouve pas, ou se trouve, en quantité négligeable, dans les urines.
D'où provient le sucre éliminé?
Certainerrient pas d'un dédoublement simple de la phloridzine ; cette substance se décompose bien en glucose et en phlorétine, mais on trouve dans les urines beaucoup plus de sucre que n'en représente la dose de phloridzine injectée : normalement si on injecte S milligrammes il s'en élimine de 1 à 3 grammes et la quantité éliminée peut encore être plus grande. Yon Mering, ayant démontré que chez les chiens phloridzinés le sang contient moins de sucre qu'à l'état normal, admit que la glycosurie était due à un excès de perméabilité pour le sucre, hypothèse inadmissible parce que l'hypoglycémie n'est pas en rapport avec la quantité de sucre éliminée.
On a encore admis que le sucre éliminé dépend de l'action du foie, du pancréas ou du rein.
Dans la Ihéorie hépaliqiie on suppose que la phloridzine agit sur le foie en empêchant l'assimilation du sucre des aliments, lequel s'éliminerait alors par le rein, ou bien encore que la phloridzine augmente la transformation du glycogène en sucre. Lépino ^ a combattu cette théorie en montrant que la section de la moelle
1. CooLEN. Contrilnition à rûlude de raction physiologi(|iie de la pliloridziac, BulletAn de r Académie roijaU: de médecine de Belgique, p. «39, 1891.