PROCÉDÉS TECHJNIQUES POUR RECUEILLIR SÉPARÉMENT
LES URINES DES DEUX REINS j
Depuis que Tuchmann en 1874 réussit à recueillir isolément %
les urines d'un seul rein, on a fait de très nombreuses tenta- -|
tives pour séparer les urines du rein droit de celles du rein i
gauche. Un certain nombre de procédés employés ne présentent I
qu'un intérêt rétrospectif et nous nous bornerons à les indiquer i dans une revue historique; nous ne décrirons en détail que les
procédés actuellement employés. |
Un peut grouper en trois catégories tous les procédés de sépa- -
ration des urines : i
1° Compression d'un uretère pour recueillir pendant la com- -
pre-ssioîi l'urine de P autre rein; I
2" Cloisonnement de la vessie: ■
3° Calhétérisme des uretères. \
I — COMPRESSION D'UN URETÈRE [î
Tuchmann de Londres, se servait d'une sorte de lithotriteiir perforé dans le but de laisser couler l'urine; l'orifice urétéral I élait pincé entre les deux branches de l'instrument dont on gra- i duait la pression par un ressort (fig. 23). Chez plusieurs malades, , Tuchmann essaya son instrument en prolongeant la compression pendant dix minutes. Ce procédé ne fut guère employé i que par son auteur et par Wagner. j
Silbermann ^ de Breslau, s'est servi 32 fois chez l'homme et i
S fois chez la femme d'un nouveau compresseur de l'uretère. I
L'instrument est formé d'une sonde métallique courbe, présen- '
tant de chaque côté de son extrémité vésicale une échancrure; il
dans l'intérieur de ce cathéter se trouve une sonde élastique ^
1. Tlchmann. Wien. med. Woch., 18-74, nos 21 et 22, et Alonnis, Siirgical deseases ( of t/ie kidney and ureter, vol. II, p. 310, 1901.
2. Silbermann. Berl. /clin. Woch., n" 3i, 1883, cité par Perkz, Exploration des < uretères, Thèse de Paris, p. 29, 1888.
COMPRESSION D'UN UUETKHIÎ
portant à son extrémité un petit ballon. Lorsque l'instrument est en place, on remplit le ballon de mercure et on détermine ainsi la compression de l'uretère. Rocbet et Pellanda' ont fait constrnire un appareil analogue à celni de Silbermann (fig. 24). Voici la description de ces auteurs :
« Le compresseur urétéral que nous avons établi se compose essentiellement :
u r D'une sonde destinée à introduire et à maintenir dans la vessie l'appareil compresseur, à permettre enfin l'évacuation au dehors des urines recueillies par siphonage simple ou aspiration ;
« 2° D'un ballon de caoutchouc mince distendu par injection d air et que le bec de la sonde, incliné latéralement, maintiendra contre l'orifice urétéral.
« On a combiné ces diiïérents éléments pour donner à leur ensemble la forme d'une sonde métallique ordinaire, à bec court et d'un calibre n" 24 de la filière Charrière, 11 faut avoir deux appareils symétriques, l'un destiné à la comjDression de l'uretère droit, l'autre à la compression de l'uretère gauche. Nous prendrons ce dernier pour type de notre description.
« 1° La sonde se compose de deux pièces glissant à coulisse l'une dans l'autre et rappelant de tous points un lithrotriteur
Fio. 23. — Compresseur urétéral de Tuchmann.
I. RociiKT et Pellanda. La séparation des urines par compression des orifices nrétéro-vésicaux dans la vessie m('me, Gazelle hebdomadaire de médecine el de chirurgie, p. 1177, 1902.
2.i6 PHUCÉDl'S POUn RECUEILLIR SÉPAHÊMENT LES L'RINES DES REINS
ordinaire, avec celte dilldrenco cependant que les branches du li
lithrotriteur sont pleines alors qu'ici elles sont creuses. De ces |H
deux branches, l'une est màlc, l'antérieure; l'autre femelle, la n
postérieure. Lorsque l'appareil est fermé, les deux pièces se a
pénètrent réciproquement et le bec de la sonde n'offre aucune Sj
saillie. Quand l'appareil s'ouvre, les deux becs s'écartent et ^ leur écarlement n'est limité que par la mise en tension incom-.
plète d'une lame aiticulée qui devra peser sur le ballon com- -
presseur quand le bec sera incliné latéralement. |
« La branche mâle présente à son exirémité vésicale et tout |
près de sa terminaison doux orifices : l'un, sorte de gouttière î
Fio. 2t. — Compresseur urétéral de Rochet et Pellanda. (I
longue de 4 centimètres, est destiné ù permettre Vexpansicn s
au dehors du ballon de caoutchouc destiné à comprimer l'uretère, Ij
Il est situé sur la face droite de la sonde supposée introduite et I
maintenue dans le plan sagittal, le bec regardant en haut. L'autre a
plus petit est situé sur la face gauche, il est destiné à mettre en i
communication le liquide venu de l'uretère droit non comprimé |
avec l'extérieur. «
« Cette même branche mâle, à son extrémité libre, est munie i
d'un pavillon à ailettes et présente deux orifices. Un de ces ori- \
fices est terminal, il est exactement calibré pour permettre au \
tube du ballon compresseur de glisser très aisément dans son t intérieur. L'autre est latéral et muni d'un têton sur lequel pourra être fixé un tube de caoutchouc qui servira à l'évacuation des urines ;
« 2° Le ballon est d'une seule pièce; il comprend : a) un long g
COMPRESSION D'UN URETÈRE
tube de diamètre déterminé et constant ; f)) une ampoule souple et mince qui, distendue, acquiert une forme ovoïde et peut atteindre un volume de 30 ou 40 centimètres cubes. Ce ballon est muni à son extrémité libre de deux fils qui permettront de le fixer solidement à l'exlrémité antérieure de la gouttière;
« 3° Enfin comme pièces accessoires une seringue en cristal, graduée, munie d'un embout spécial et destinée à injecter par le tube l'air nécessaire au gonflement du ballon.
(( Pour monter l'appareil on pousse dans la branche mâle, par l'orifice, le tube d'un ballon; l'extrémité de ce tube apparaît à l'extrémité du pavillon et on tire alors sur elle jusqu'à ce que l'ampoule recroquevillée sur elle-même se dispose dans la partie terminale de la branche mâle, et l'on assure sa fixité en nouant les deux chefs du fil dont est munie son extrémité, par deux petits orifices ménagés au voisinage du bec de la sonde.
« L'appareil étant fermé, rien n'est visible du dispositif contenu dans son intérieur. Mais si l'appareil étant ouvert on injecte par le tube extérieur du ballon une quantité d'air déterminée, on voit le ballon se distendre, faire hernie à travers l'orifice sous forme d'une boule ovoïde, résistante, fixée latéralement à l'extrémité de la sonde, un peu à la façon d'un fruit à très court pédicule. C'est par Yinlermédiaire de ce coussinet gazeux que l'on exercera sur la région de l'orifice urétéral une compression qui intéressera sûrement l'uretère et qui, en raison de ses qualités d'élasticité, d'uniformité, ne saurait provoquer de la part du muscle vésical la réaction défensive habituelle dans les cas de contact rigide. »
llock' a fait construire un instrument destiné à recueillir isolément l'urine d'un seul rein en se préoccupant surtout d'obtenir un apparei 1 de pelil calibre. La partie vésicale de l'instrument est un cathéter métallique ordinaire mince, ayant la courbure delà sonde de Mercier; la membrane de séparation ou rectale se distingue essentiellement de celle du séparateur de Downes
1. A. IIocK. Méthodes pour recueillir la sécrétion de chaque rein séparôm-int, Wiener klin. Woch., n" 16, 1933.
238 PROCÉDÉS POUK lŒCUEILLIll SÉPARÉMENT LES URINES DES REINS \\
on ce qu'elle n'esl pas lixc et en ce qu'on peut la faire saillir ou ti
rentrer en vissant ou en dévissant. i |
La sonde métallique est introduite dans la vessie et ce réser- u
voir lavé; on s'assure de ce qu'il ne reste pas de liquide dan i
la vessie. On tourne alors la sonde d'un côté, et en vissant la lis