V. - CATHÉTÉRISME CYSTOSCOPIQUE A LA LUMIÈRE DIRECTE
C'est la méthode de choix et qui a fait entrer le cathétérisme urétéral dans la pratique. Brenner eut le premier l'idée de se
Fie. 38. — Cystoscoioe de Brenner.
servir du cystoscope pour pratiquer le cathétérisme des uretères et, dans ce but, il modifia le cystoscope de Nitze. Il ajouta à la partie postérieure, convexe, du cystoscope de Nitze un conduit destiné à laisser passer une sonde fine dont l'extrémité, visible dans la vessie, devait s'engager dans l'orifice de l'uretère (fig. 38). M. Boisseau du Rocher adopta une disposition analogue pour son mégaloscope.
Brenner, Poirier et Boisseau du Rocher ont réussi. dans quelques cas, chez la femme, le cathétérisme des uretères à l'aide de ces instruments. Poirier, le premier, réussit une fois chez
riiommc. Casper, Gùtterbock et moi-môme n'avons pu réussir chez l'homme ni chez la femme avec les instruments primitifs de Brenner et de Boisseau du Rocher.
En 1896 Nitze et Casper ont fait construire de nouveaux modèles de cystoscopes permettant de cathétériser les uretères chez l'homme et chez la femme.
Cystoscope de Nitze.
La figure 39 représente le premier modèle du cystoscope urétéral de Nitze. L'instrument se compose d'un cystoscope ordinaire de petit calibre (a) entouré d'un manchon métallique (c) pourvu d'un conduit (6) destiné à laisser passer la sonde urétérale. Le manchon métallique glisse dans le cystoscope de haut en bas et peut, en outre, tourner sur lui-même à droite et à gauche. Pour introduire le cystoscope dans la vessie, on pousse vers le bec de l'instrument le manchon c, de manière que le conduit par lequel sort la sonde urétérale vienne s'appli quer sur la portion coudée du cystoscope qui porte la lampo.
Lorsque l'extrémité du cystoscope est dans la vessie, on tire à.
soi le manchon, qui, en glissant
CATHÉTÉRISME CYST03G0PIQUE A LA LUMIÈRE DIRECTE
sur le cystoscopc, prend la position représentée dans la figure, dégageant ainsi la lampe et le prisme. Il faut alors pousser la sonde urétérale de manière à la faire affleurer rorifice de sortie et on va à la recherche de l'uretère. Lorsqu'on a placé le cystoscope de manière à bien voir l'uretère, on manœuvre le manchon pour placer l'orifice métallique de sortie de la sonde en face do l'orifice urétéral ; il suffit alors de pousser la sonde en tâtonnant un peu pour la faire pénétrer dans l'uretère. Nitze avait réussi, et j'ai réussi moi-môme avec son instrument, à praliquer le cathétérisme urétéral, mais l'appareil décrit était trop imparfait, la manœuvre trop difficile, les échecs trop fréquents pour que le cathétérisme urétéral devînt un moyen pratique.
Reconnaissant lui-même les avantages du dispositif de mon appareil, que je décrirai plus loin, Nitze a fait construire ses nouveaux cystoscopes en reproduisant la pièce urétérale du mien dans toutes ses parties essentielles. Ces nouveaux modèles sont excellents, mais le conduit de la sonde urétérale est trop petit.
Cystoscope de Casper.
Le cystoscope urétéral de Casper est représenté figure 40. La tige de l'instrument est construite comme celle du cystoscope de Nitze, avec cette différence que la forme en béquille est remplacée par une petite courbure de l'extrémité vésicale de l'instrument. Sur la face antérieure de la longue tige de l'instrument existe une gouttière qui s'ouvre en bas, vers la; pointe, un peu au-dessus du prisme vésical, de telle sorte que, lorsqu'on introduit une sonde dans la gouttière et que son extrémité sort par son orifice inférieur, on voit, à la fois, l'image de la vessie et celle de la sonde. La partie supérieure de l'instrument est munie d'un oculaire qui, au lieu de se trouver sur le prolongement de la tige, est placé plus en arrière, disposition qui permet de regarder dans la vessie et de pousser en même temps la sonde urétérale.
Pour se servir de cet instrument, on introduit le cystoscope
muni d'une sonde ui'étérale n" 0 enfoncée jusqu'à, ce qu'elle affleure Forillce de sortie ; ce n'est que lorsqu'on se trouvera en face de l'orilîce urétéral qu'on fera sortir le bec de la sonde. Pour réussir, il faut se placer le plus près possible de l'uretère et pousser alors la sonde en retirant ou en enfonçant le cysto-
FiG. 40. — Cystoscope urétéral de Casper.
A, lampe électrique; B, prisme; C, orifice inférieur d'une gouttière qui parcourt toute la longueur de l'instrument et qui est transformée en canal par la glissière D, représentée séparément en M. Dans celte gouttière passe la sonde urétérale; E, oculaire.
scope, en relevant ou en abaissant le manche de l'instrument, jusqu'à ce que le bec de la sonde coïncide bien avec l'orifice urétéral. Avec le cystoscope de Casper, c'est l'instrument tout entier qu'il faut manœuvrer pour faire évoluer l'extrémité de la sonde. On peut pourtant changer directement la direction de la sonde en poussant plus ou moins la pièce qui forme le couvercle
FiG. 41. — Cystoscope urétéral double de Casper.
de la gouttière qui contient la sonde, mais les changements de direction qu'on obtient ainsi sont insuffisants.
L'instrument de Casper permit de pratiquer sans grandes difficultés le cathétérisme urétéral et il réalisa un véritable progrès.
Dans son dernier modèle de cyotoscope urétéral, fig. 41, Casper a divisé la gouttière en deux parties, droite et gauche, qui permettent de cathétériser les deux uretères sans retirer le cystoscope de la vessie. C'est un très bon modèle.