‹ Exploration des fonctions rénalesChapitre 85 sur 156 · C.ATUÉTElllSiME CYSTOSGOPIQUE A LA LUMIÈRE DlUECTE · texte numérisé non relu

C.ATUÉTElllSiME CYSTOSGOPIQUE A LA LUMIÈRE DlUECTE

Cystoscope de Tilden-Brown.

Le cystoscope de Tildcn-Brown est, comme celui de Brenner, à vision directe : en réalité, c'est un Brenner modifié. Le canal qui donne passage à la sonde se trouve sur la partie convexe de l'inslrument et, comme dans le modèle de Casper, est partagé par une cloison qui permet d'introduire à la fois deux sondes et de cathétériser simultanément les deux uretères. La manœuvre de ce cystoscope est plus diflicile que celle de ceux à vision réfléchie (Nitze, Casper, Albarran).

Un modèle qui présente de grandes analogies avec le cystoscope que je viens de décrire est connu aux Etats-Unis sous le nom de the « Electro surgical instrument C" ».

Cystoscope urétéral de Freudenberg.

Voici la description de l'auteur' :

« Le nouveau cystoscope que j'ai fait construire présente deux particularités importantes. La première consiste en ce que la lampe, le prisme et l'orifice de sortie des sondes sont placés du côté postérieur correspondant à la convexité du bec de la tige de l'instrument.

« Par cette disposition la lampe, le prisme et l'ouverture pour les sondes urétérales sont placés tout près l'un de l'au tre et peuvent être conduits aussi tout près des orifices urétéraux sans que le bec de l'instrument gêne la manœuvre. De la sorte les orifices urétéraux sont très bien éclairés et très agrandis et il est très facile d'y introduire les sondes. Outre cela il n'est plus nécessaire de tourner le bec de l'instrument en arrière pour voir et sonder les orifices urétéraux ou de le retourner pour sortir l'instrument après le sondage. Go dernier fait est particulièrement important, si on veut laisser à demeure les sondes placées dans les uretères. On évite ainsi le croisement des sondes urété-

1. Freidenuero. Nouveau cystoscope pour le calliétérisme des uretères. Associalion française d'urologie, octobre 190 i.

raies qui se produit lorsqu'on est obligé de retourner l'instrument pour le sortir, ce qui rend difficile de laisser les sondes à demeure.

« La difficulté de laisser à demeure les sondes est encore diminuée par la seconde particularité nouvelle de l'instrument. Ce deuxième nouveau principe est de pouvoir retirer non seulement f appareil optique, mais aussi la cloison entre t' appareil optique et l'espace pour les sondes urétérale%, cloison portant le crochet mobile d'Albarran (un peu modifié d'ailleurs) d'un côté et les petits tubes pour introduire dans f instrument les sondes de l'aulre côté (fig. 42). Après avoir retiré l'appareil optique et la cloison tout l'intérieur de l'instrument forme un seul- canal ovalaire très grand. Dans ce canal se trouvent placées très librement les sondes urétérales sur lesquelles on peut maintenant facilement sortir l'instrument en laissant en place les sondes. De cette manière il n'y a plus de frottement des sondes dans l'intérieur des canaux métalliques ou entre l'instrument et l'urètre comme dans les constructions antérieures.

« Pour sortir la cloison il faut d'abord retirer fappareil optique. D'ailleurs on peut, si on enlève seulement fappareil optique, faire des lavages abondants de la vessie, et introduire de nouveau l'appareil optique. Cette disposition permet d'introduire f instrument sans avoir préalablement lavé la vessie, et c'est souvent un avantage qui peut être considérable en cas d'hémorragies importantes.

« Mon instrument peut être employé également soit pour le cathétérisme double des uretères en introduisant en même temps deux sondes urétérales du calibre 6 à 7 Charrière, soit pour le cathétérisme simple d'un uretère en employant une sonde plus grosse (n° 8 à 9). Dans ce dernier cas on bouche celui des deux petits tubes dont on ne se sert pas. J'ajoule que je fais faire maintenant par la maison de M. Porgès, pour ce cathétérisme d'un uretère avec mon instrument, des sondes urétérales ovalaires. 11 est évident qu'une telle sonde ovale, s'adap tant exactement à f emplacement ovale disponible dans notre instrument, nous permettra d'avoir une sonde à plus large

CATIIÉTÉRISME CYSTOSCOPlQUIi: A L\ LUMIÈIIE DIUIiCTE

lumière qu'une sonde ronde de diamètre maximum que l'on pourrait introduire dans notre cystoscope.

« Les deux nouveaux principes que j'ai trouvés comme essentiels de mon instrument sont indépendants l'un de l'autre et on peut employer l'un sans l'autre pour la construction de cystoscopes. D'ailleurs il est très facile de transformer mon instrument eu un instrument ne montrant plus le premier principe mais conservant le deuxième. Il faut seulement pour cela dévisser le bec ayant la lampe à sa partie convexe et visser un autre por-

FiG. 42. — Cystoscope urétéral de Freudenberg.

tant la lampe à la place ordinaire. J'espère qu'il sera possible d'employer l'instrument aussi pour des opérations intravésicales (cystoscopie opératoire) en introduisant des appareils destinés à ce but au lieu de la cloison éloignable (fig. 6). Certainement on peut employer dès maintenant l'instrument comme cystoscope à irrigation et pour l'évacuation de petits calculs ou de petits débris. »

L'instrument de M. Freudenberg, très ingénieusement construit, n'étant pas encore dans le commerce, nous n'avons pu 1 essayer. Nous croyons que le premier auteur qui ait employé un appareil optique démontable, transformant ainsi le cystoscope en sonde métallique servant aux lavages de la vessie, est aliuhrax. - Exploration rénale. 19

M. Boisseau du Rocher dans son mégaloscope ; cet instrument porte aussi sur sa partie convexe le prisme, la lampe et les canaux recevant les sondes urétérales. Dans le cystoscope simple de Gûtterbock on peut aussi enlever l'appareil optique. La principale nouveauté de l'appareil de M. Freudenberg me paraît ôtre la cloison mobile qui sépare le canal recevant les sondes urétérales du tube qui contient Tappareil optique, ce qui permet | de laisser plus facilement deux sondes urétérales en môme temps. : On verra d'ailleurs comment, avec mon cystoscope urétéral mo- , difié, on peut obtenir le môme résultat (p. 302). La disposition i d u prisme de la lampe et des orifices urétéraux sur la partie con- ^ yexe de l'instrument est analogue à celle des cystoscopes de i Brenner, de Boisseau du Rocher et de Tilden Brown ; nous la , croyons moins utile que les autres dispositions signalées, mais i nécessaire, avec ce modèle de cystoscope, pour bien laisser à | demeure deux sondes urétérales simultanément introduites. Dans son ensemble l'instrument de Freudenberg nous parait i un excellent modèle de cystoscope urétéral.

Cystoscope urétéral d'Albarran. |^

En 1897, nous avons fait construire par M. CoUin notre g

cystoscope qui est d'un maniement facile et a été employé par t

un orand nombre de chirurgiens. Nitze a adopté, pour ses nou- |

veaux modèles, le principal dispositif du nôtre, dont l'onglet se j

retrouve à peu près dans presque tous les différents modèles | ■construits par d'autres auteurs.

Cet instrument se compose de deux pièces distinctes, la por- *

tion optique et la pièce urétérale. j

La portion optique (fig. 43) présente la disposition générale .i

d'un cystoscope ordinaire de Nitze. -La principale modification i

porte sur la longue tige de l'instrument qui est très mince <

■et qui se continue en bas avec la portion renflée qui porte le A

prisme c. Sur la face antérieure de cette portion droite du u

cystoscope, tout près du point où elle se continue, sur sa .

face antérieure, avec le [prisme, se trouve une encoche qui u

CATIIÉTÉKISME CYSTOSCOPIQUE A LA LUMIÈRE DIRECTE

reçoit l'onolct dont est munio la portion nrétorale de l'ins- Irumciit. Cette portion optique de rinslrunient constitue, à elle seule, un cystoscopc complet pour les usages courants.

FiG. 43. — Cystoscope d'Albarran.

Sur cette portion optique peut se monter à volonté la pièce urététrale.

La pièce uréêémle 44 et 45) est formée par une demi-

Cystoscope .l'Albarran avec la pièce urétérale montée L'onglet est ouvert.

|a ■svïSSit pSs^^r.^. ru/iJt^::^^ '-^'1 ^ -PO-

gouttière qui s'emboîte parfaitement sur la portion optique Le long des parties latérales de cette gouttière se trouvent deux

F'o. /». - Cystoscope urétéral d'Albarran. L'onglet est fermé pour introduire

1 instrument dans la vessie.

fines tiges d'acier e, qui viennent s'articuler avec l'onglet / ^et onglet est articulé avec la demi-gouttièr. et peut prendre toutes les positions intermédiaires entre l'horizontale et un

angle de 30" ; lorsque l'onglet occupe celte dernière position, il s'emboîte parfaitement avec la partie terminale de la gouttière; c'est la position de repos de l'instrument. Les mouvements de l'onglet s'obtiennent à l'aide d'une roue g, qui, placée près de l'extrémité oculaire de l'instrument, a pour fonction de faire glisser les tiges d'acier dont j'ai parlé et, par leur intermédiaire, d'élever ou d'abaisser l'onglet. La voûte de la demi-goutlière qui constitue la pièce urétérale est parcourue par un canal destiné à laisser passer la sonder; cette sonde sort en bas par l'orifice p, placé en avant de l'onglet ; aussi se trouve-t-elle

reposer sur celui-ci lorsqu'on la pousse.

Cette disposition permet, en manœuvrant la roue g, de donner au bec de la sonde la position que l'on veut entre l'horizontale et un angle de 140° ; on peut ainsi chan- ., , „ , . ... s;er à volonté, et avec la plus

FiG. 46. — Détail de l exlremite gci a y , ^ i

de l'instrument. grande précision, l'mclmaison du

L'onglet r se relève et fait mouvoir la J^gc de la SOUdc. Le COuduit dcS-

so>i^« S. ^.j^^ passage de la sonde uré-

térale présente, au niveau de son orifice extérieur, une petite boîte vissée m qui contient une rondelle de caoutchouc percée pour le passage de la sonde ; en serrant plus ou moins la vis, on aplatit la rondelle de caoutchouc qui s'applique sur la sonde, et, par cet artifice, tout en laissant à la sonde des mouvements libres de glissement, on empêche le liquide vésical de sortir au dehors.

Sur le conduit de la sonde urétérale vient se souder un autre conduit r, muni d'un petit robinet : ce conduit sert, pendant l'examen, à pratiquer des injections vésicales destinées, si besom est, à nettoyer le prisme ou la lampe ou encore à modifier la quantité de liquide vésical ou à le changer s'il est trouble.

Lorsque la pièce urétérale est montée, par simple pression, sur la portion optique de l'instrument, le cystoscope dans son ensemble présente un calibre n» 23 Charrière ; on construit

CATIIÉTÉRISME CYSTOSCOPIQUE A LA LUMIÈRE DIRECTE

aussi des modèles n" 21 dans lesquels les doux pièces optique et urétérale sont solidaires.

Lorsqu'on pousse la sonde urétérale, on aperçoit son extrémité vésicale aussitôt que celle-ci dépasse la pointe de l'onglet, tandis que cet onglet lui-même demeure invisible; cette disposition permet de suivre avec la plus grande facilité les mouvements d'avant en arrière exécutés par la sonde, sans que la vue puisse être gênée par les portions métalliques de l'instrument.

Yoici quels nous paraissent être les principaux avantages de l'instrument que nous avons fait construire :

1° Le môme instrument peut servir à volonté de cystoscopc simple, de cystoscope irrigateur ou de cystoscope urétéral. Ce cumul instrumental a, au point de vue économique, une certaine importance, étant donné le prix élevé des cystoscopes;

2° Facilité vraiment remarquable de pratiquer le cathétérisme urétéral, aussi bien chez l'homme que chez la femme. La précision des mouvements imprimés au bec de la sonde est telle, que, bien souvent, je fais le cathétérisme urétéral en quelques secondes. Tous ceux qui connaissent la cystoscopie apprennent très rapidement la manœuvre ;

3" Les mouvements dont jouit la sonde urétérale sont si étendus qu'on réussit le cathétérisme même lorsqu'il existe un bas-fond par hypertrophie de la prostate. Les échecs sont absolument exceptionnels;

4» La sonde pénètre dans l'uretère dans la direction la plus appropriée pour la faire avancer vers le rein, c'est-à-dire de bas BQ haut et de dedans en dehors ;

3° L'instrument est parfaitement étanche ;

6° Pendant le cathétérisme, on peut nettoyer par irrigation le prisme et la lampe qui peuvent parfois être salis pendant la traversée de l'urètre. On peut aussi, le cystoscope restant introduit dans la vessie, augmenter ou diminuer la quantité de liquide contenue dans le réservoir, et même pratiquer facilement le lavage de la vessie. L'utilité de ces manœuvres est surtout appréciable dans les vessies peu tolérantes ou lorsque le liquide •vésical est troublé par du pus ou par du sang ;

294 PROCÉDÉS POUR RFXUElLLlll SÉPARÉMENT LES URINES DES REINS \

T Le calibre du tube ur6téral permet d'introduire directement , dans l'uretiu-e des sondes n" 8 filière Charrière.

TECHNIQUE DU CATHÉTÉRISME DES URETÈRES

Pour mieux faire comprendre ce moyen d'exploration, je décrirai plusieurs temps successifs.

1° Préparation de ^instrument. — Il est indispensable de bien stériliser non seulement le cystoscope en entier, mais encore les sondes, la pince et les fils conducteurs d'électricité, c'est-à-dire toutes les parties de l'instrument que le chirurgien doit toucher. Parmi les procédés de stérilisation connus, le seul qui stérilise

Fia. 41. — Etuve thermoformogêne d'Albarran. La lampe est montée pour

fonctionner.

bien, sans détériorer l'instrument, est mon procédé par Yéluve thermoformogêne que j'ai fait construire par M. Collin (fig. 47) : la stérilisation de toutes les parties de l'instrument est parfaite en une demi-heure, aux vapeurs de formol chauffées à 60 degrés. Les sondes urétérales étant très longues et de fin calibre seront laissées dans l'étuve pendant deux heures.

Les instruments étant stérilisés et les mains du chirurgien lavées comme pour pratiquer une opération, on commence par s'assurer que tout marche à souhait. On vérifiera si les mouve-

CATIIÉTÉRISME CYSTOSCOPIQUE A LA LUMIÈRE DIIIECTE

mollis de l'onglet s'exécutent facilement, et, lorsque la pièce urétéralc a été montée par simple pression sur la partie opiique, on s'assure que l'onglet est bien relevé, et qu'il est logé dans l'encoche que lui présente l'extrémité de la pièce urétérale.

On introduit alors la sonde urétérale dafts le canal qui lui est destiné et, suivant son diamètre, on serre plus ou moins la vis, de manière que la sonde, un peu huilée, glisse à frottement doux. On vérifie encore si le champ visuel de l'instrument est clair et si la lampe s'allume bien.

2° Préparation du malade. — Ce sont les précautions ordinaires de la cystoscopie sur lesquelles je n'insiste pas. Je me borne à rappeler que, chez l'homme, il faut s'assurer que l'urètre a son calibre

normal ou crue tout 'arope- La lampe est remplie -aveo de ralcool méthylique

' (esprit de vin), dont les vapeurs, en contact avec la mousse

au moins, il laisse de platine rougie, donnent naissance aux vapeurs de formol.

DaSSerune d La stérilisation est parfaite en une demi-heure, à 60 degrés,

p UneSOnae gg^g q^Q somies ou les cystoscopes soient détériprés.

n" 24. Dans les deux

sexes, il faut laver la vessie, de manière à obtenir un champ, aussi clair que possible, et garnir le réservoir avec unii quantité de la solution d'oxycyanure de mercure au 1 : 4000 qui sera, si possible, de ISO à 200 grammes, et au minimum de 40 à 60 grammes. On doit aussi laver l'urètre et le méat. La position du malade a une réelle importance. Le mieux est de le placer sur une table, assez haute pour que l'opérateur puisse s asseoir commodément, à demi assis et les jambes pendantes soutenues par des pédales.

Le cathétérisme urétéral n'est pas douloureux lorsque la vessie

est bonne. Chez les malades pusillanimes ou dans le cas de vessie . sensible, on donnera une demi-heure avant l'exploration un petit lavement avec 2 grammes d'antipyrine, 15 gouttes de laudanum et 100 grammes d'eau; en outre, à vessie vide, on fera une injection de 5 grammes de la solution de cocaïne à 1 p. 100 en laissant tomber quelques gouttes le long de l'urètre. Depuis plusieurs années je n'ai plus eu besoin de recourir à l'anesthésie générale.

3" Introduction de rinstrument. — On trempe l'extrémité du

cystoscope dans de la glycérine ou dans l'huile de vaseline stérilisée et on l'introduit comme on le fait à l'ordinaire pour les instruments métalliques.

Chez la femme, il suffit, sans huiler l'instrument, de pousser le cystoscope en appuyant un peu sur la paroi postérieure de Turètre. Pour pratiquer aseptiquement le cathétérisme des uretères, il est nécessaire d'avoir un aide destiné à soutenir la sonde urétérale et à l'empêcher de toucher aux cuisses du malade.

4° Recherche de l'orifice urétéral. — C'est là encore une manœuvre de cystoscopie courante sur laquelle je ne puis insister ici. Je me bornerai aux indications suivantes :

Le cystoscope est introduit assez loin pour que son extrémité soit libre dans la cavité vésicale; on le tourne ensuite le bec en bas et en dehors, de manière à donner à ce bec une inclinaison d'environ 30° sur la ligne horizontale. Lorsque le cystoscope est dans cette situation, on tient l'instrument avec la main gauche et on établit le contact pour allumer la lampe : souvent on verra de suite l'uretère ; d'autres fois, il faudra tâtonner un peu, tourner un peu plus à droite ou à gauche le bec du cystos-

Fio. 49. — Image cystoscopique lorsqu'on dirige la sonde dans la direction de rorifice urétéral.

CATHÉTÉRISME CYSTOSCOPIQUE A LA LUMIÈRE DIRECTE

cope, ou bien encore l'enfoncer un peu plus ou un peu moins.

S» Poiisser modérément la sonde nrétérale. — Lorsqu'on a reconnu l'orifice de l'uretère, on place le cystoscope de manière que le méat urétéral se trouve vers le milieu du champ de l'instrument ou au-dessous de la moitié de ce champ et un peu vers le côté qu'on veut cathétériser. On abaisse alors complètement l'onglet et on pousse lentement la sonde urétérale, jusqu'à ce qu'on aperçoive bien distinctement son extrémité.

6° Incliner dans la direction de 1 uretère V extrémité vésicale de la sonde. — Il suffit, pour cela, de tourner avec la main droite (qui reste toujours libre, la gauche tenant le cystoscope) la roue : à mesure qu'on tourne la roue, on voit le bec de la sonde se relever et se placer dans la direction de l'orifice urétéral. Lorsqu'on croit être en face de l'orifice, on pousse, toujours lentement, la sonde ; et comme on la voit avancer, on peut juger si elle va bien dans la direction de l'orifice.

Au besoin, lorsque le bec de la sonde est déjà tout près de l'uretère, on rectifie sa position en le faisant légèrement avancer ou reculer, à l'aide de la roue extérieure. A ce moment, le bec de la sonde se trouve en face de l'orifice urétéral, et dans la direction voulue pour y pénétrer (fig. 49).

Dans presque tous les cas, la manœuvre de la roue suffit, à elle seule, pour arriver à faire pénétrer la sonde dans l'uretère; dans quelques cas pourtant, la pointe de la sonde va un peu trop à droite ou à gauche. Comme le champ visuel de l'instrument est très grand, on peut alors changer un peu dans son ensemble la direction du cystoscope sans perdre de vue l'uretère.

7° Faire pénétrer la sonde aussi loin qu'on le désire. —

FiG. 50. — Image cystoscopique lorsque la sonde a pénétré dans l'uretère.

m PROCÉDÉS POUR RECUEILLIR SÉPARÉMENT LES URINES DES REINS

Lorsqu'on a exécuté la manœuvre précédente, on pousse la sonde, qui pénètre dans l'uretère; si elle vient à s'arcbouter et ne pénètre pas bien, on rectifie légèrement la position, en manœuvrant la roue toujours par des mouvements doux et de très courte étendue. Lorsque la sonde pénètre dans l'uretère, on continue à la pousser aussi loin qu'on veut aller, et on suit du regard le progrès de cette pénétration; si un obstacle quelconque empêche la progression, on voit la portion de la sonde qui est dans la vessie se plier au lieu de continuer à avancer. Il est indispensable de pousser, dès l'abord, la sonde aussi profondément qu'on désire l'introduire : l'instrument, quoique irH flexible, est soutenu à ce moment par le canal du cystoscope qui rengaine et il avance facilement. Plus tard, si on voulait, une fois le cystoscope enlevé, faire avancer la sonde dans l'uretère, on n'arriverait qu'à la faire se plier dans l'intérieur de la vessie. Pour permettre de faire avancer la sonde dans l'uretère lorsque le cystoscope est retiré, j'ai fait construire des sondes métalliques perforées du bout, qu'on introduit dans la vessie en se servant de la sonde urétérale déjà placée comme conducteur : lorsque le bec de l'instrument en métal est arrivé dans la vessie, il sert de poulie de renvoi à la sonde urétérale qui peut alors être poussée plus avant dans l'intérieur de l'uretère. C'est là une manœuvre d'exception et mieux vaut, d'emblée, pousser la sonde urétérale aussi loin qu'on le désire.

8" Retirer le cystoscope, en laissant la sonde en place. — Lorsque la sonde a été, suivant le cas, poussée suffisamment loin, on abaisse complètement l'onglet de manière à le placer dans l'axe de l'instrument, on éteint la lampe, puis on soutient et on pousse un peu la sonde avec une main, tandis qu'on fait sortir le cystoscope, qui glisse ainsi d'arrière en avant sur la sonde. Dans ce mouvement, il faut avoir soin de pousser la sonde lentement, à mesure qu'on retire l'instrument, de manière à ce que la portion de la sonde qui reste en dehors du méat soit toujours de môme longueur.

On continue ainsi jusqu'à ce que le bec de l'instrument se trouve au niveau du méat : à ce moment, on prend avec deux

CATHÉTÉRISMIi: CYSTOSCOPIQUIÎ A LA LUMIÈRE DIRECTE

doigts la sonde au niveau du prisme du cystoscope, tandis que de l'aulrc main on finit de dégager l'instrument en le laisant glisser sur la sonde.

Sondes urétérales.

Lorsqu'on se propose uniquement de recueillir les urines des deux reins, les meilleures sondes nous paraissent être celles à bout coupé.

Nous nous servons habituellement du modèle représenté fig. 51 ,2° sonde; ce sont des sondes souples dont l'extrémité perforée est coupée en bec de tlûte et qui portent en outre deux yeux latéraux à peu de distance l'un de l'autre ; au-dessous de l'œil le plus inférieur la sonde est légèrement renflée ; ces sondes fonctionnent très bien et ne laissent pas s'écouler d'urine entre la sonde et la paroi urétérale. Ces sondes sont graduées par centimètres sur toute leur longueur et présentent à chaque 10 centimètres une marque facilement visible au cystoscope, ce qui permet de connaître toujours la longueur de la partie de la sonde qui a été introduite dans l'uretère. Dans les cas habituels, la sonde qui convient le mieux est celle du n° 7 Charrière; lorsque l'uretère est très large on peut prendre un n° 8 ; exceptionnellement il pourrait être

avantageux d'employer des sondes à bout arrondi ou conique si l'uretère était très étroit (fig. 51).

Dernièrement Nitze ' a fait construire des sondes urétérales qui portent près de leur extrémité, au-dessous de leurs yeux latéraux, un petit ballon qu'on renfle avec du liquide lorsque la sonde est en place; cette disposition a pour but d'éviter le passage de l'urine entre la sonde et l'uretère. Ces sondes devant avoir un double conduit, l'un pour laisser passer l'urine, l'autre pour permettre de gonfler le petit ballon, sont assez grosses tout en présentant un calibre utile de petite dimension. Théoriquement on pourrait encore objecter à ces sondes la possibilité d'une petite rétention d'urine au-dessus du ballonnet, ce qui pourrait modifier la sécrétion du rein. Nous avons d'ailleurs maintes fois vérifié que si le passage d'une certaine quantité d'urine le long de la sonde est fréquent lorsqu'on emploie les petites sondes à bout arrondi et à yeux latéraux en usage en Allemagne, cet inconvénient n'existe qu'exceplionnellément avec les instruments de plus fort calibre et perforés du bout que nous avons décrits plus haut et dont nous nous servons couramment.

Nous croyions, au début de nos recherches, qu'il était nécessaire d'introduire la sonde urétérale jusque dans le bassinet : l'expérience nous a appris que, lorsqu'on n'a d'autre but que de recueillir séparément l'urine de chaque rein, il suffit d'introduire la sonde de Sa 10 centimètres dans l'uretère; toute l'urine fournie par le rein passe par la sonde et, si la manœuvre est bien faite, il ne passe pas d'urine le long de la sonde, entre elle et la paroi urétérale, pour venir se mélanger dans la vessie à l'urine de l'autre rein. On peut s'en assurer en injectant par la sonde, lorsqu'elle est en place, en quantité suffisante pour remplir le calibre de la sonde et arriver jusque dans l'uretère (1 gr. 50 pour une sonde n" 7), du bleu de méthylène en solution a 5 p. 100; si l'urine coulait le long de la sonde, le liquide vésical serait teinté en bleu.

Pour recueillir séparément les urines des deux reins, il suffit

Page 1