‹ Exploration du Sahara: les deux missions du lieutenant-colonel FlattersChapitre 22 sur 26 · UO · texte numérisé non relu

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il4 EXPLORATION DU SAHARA.

D'Amguid, le chef de la mission écrivit aussi à M. Tingénieur en chef Fournie, une lettre dans laquelle nous trouvons les appréciations suivantes :

a... L'Igharghar monte ici au sud Le reg s'étend indéfiniment sans végétation et sans eau, par la plaine d'Amadghôr à Test, et par celle de Tinnakourat, à l'ouest, qui va au delà de Ghikh Salah. C'est inabordable pour une caravane^ et il n'y aurait peut-être moyen de passer, qu'en longeant le Tifideit sur Idelès.

1) La volte par Timissao me parait encore plus problématique; mais la région des cols de Ghikh Salah n'existe pas; il y a là un reg immense, quelques gour isolés ; les têtes d'eau Tarhit, Bahela, Obrat, etc., sont peu élevées dans TAhenet, et les caravanes y passent; il y a donc là des passages faciles...

» Tout le monde va bien; nous sommes tranquilles du côté des indigènes, Touareg et autres, et rien n'indique que nous ayons quelque chose à redouter de leur part. Il y a assez longtemps que nous sommes dans leur pays, pour qu'ils aient pu essayer de nous jouer quelque tour, vol de chameaux ou autre chose, s'ils nous étaient hostiles; et rien de tout cela n'a eu lieu. Ahitaghen s'abstiendra peut-être, circonvenu par les gens d'Insalah, avec lesquels il a passé quelque temps dernièrement ; mais en somme, il paraît s'en tenir à la parole donnée de ne pas s'opposer à notre passage sur son territoire, puisque nous sommes chez lui depuis environ 10 jours. Il est vrai que J'aimerais mieux le voir me donner signe de vie, avec Cheikh Boudjema, que je lui ai envoyé »

d'amguid a hvrhelman tikhsin

Reconnaissance dans le sud d'Amgnid. — Plateau de Tasill. — Routes du ind-onest. — Oued Tedjert. — Ighellachem. —Retour de Cheikh Boudjema.

— Bonnes nouvelles d*Ahitaghen et du sod. ^ Région de rÉguéré. — Puits de Tikhsin Tilmas. — Arrivée à Inrhelman Tikhsin. — Dernières lettres des explorateurs. — Observations. — Note géologique de M. Roche.

— Fin de Texploration. — Massacre de la mission. — Conclusion.

Il nous faut aborder maintenant le récit de la dernière étape de nos infortunés voyageurs.

A Amguidy nous les voyons aux prises avec Tanxiété et l'incertitude. Le lieutenant-colonel semble s'irriter des obstacles que la nature et les hommes peut-être commencent à lui susciter ; la pensée qu'il ne pourra remplir le programme de sa mission devient pour lui un sujet d'inquiétude. Mais toujours résolu, il se décide à se lancer en éclaireur, avec les ingénieurs, sans guides, vers ce sud inconnu qu'il lui tarde de franchir.

Il part le 20 janvieravec MM.Béringer et Roche, emmenant le maréchal des logis Pobéguin avec 5 hommes, et pousse droit au sud ; le capitaine Masson reste au camp, à Amguid, avec le reste de la caravane.

Il longe d'abord le plateau de Tasili, qu'il laisse à gauche et dont il trouve l'extrémité à 20 kilomètres d'Amguid, sous la forme de trois caps élevés de 7 à 800 mètres ; il le voit alors se prolonger vers le sud-sud-est, en une chaîne de hautes roches granitiques déchiquetées, et aperçoit à l'ho* rizon, à une distance de 130 kilomètres environ, le mont Oudan, auquel il devait attribuer plus tard, dans une lettre à M. de Lépinay, une altitude de 1500 mètres au-dessus de la plaine dlgharghar et de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les indications géographiques que le journal de route renferme sur cette partie de l'exploration sont trop con-

densées pour pouvoir être résumées. Les voici en entier < :

<t Sur la berge gauche de l'Oued Igharghar, nous distinguons la remarquable gara de Kamfousa. Au delà de cette berge très facile à franchir, s'étend au sud-ouest un reg immense qui va jusqu'à Tinnakourat, garaisolée non loin de Tin Akeli, un peu au sud de Cheikh Salah et visible du point où nous sommes.

B De Tinnakourat, on va en reg', sans accident sensible de terrain : au sud, à la tête de l'Oued Aberzoug; au sudsud-ouest à la tête de l'Oued Adelès et au sud-ouest, à la tête de rOued Tirhedjert.

» Ces trois oueds forment les principaux passages de TAhenet, vers le pays de Timissao et du Tanezrouft, au delà du massif du Hoggar. L'Atakor unissant en cap élevé par le Taourirt, et le Taourirt se prolongeant à l'ouest-nordouest par la chaîne plus basse de l'Ahenet, ces passages sont faciles et forment comme des coupures de reg dans l'Ahenet. Cependant celni de TAberzoug, le plus au sud, longeant presque le pied du Taourirt, est un couloir assez pierreux, d'environ 15 kilomètres de longueur. Celui de rOued Adelès est beaucoup plus large et à terrain moins pierreux, en reg; celui de l'Oued Tirhedjert est semblable àrOued Adelès, mais sensiblement plus au nord en donnant en plein reg du Tanezrouft. »

Le lendemain, les voyageurs arrivèrent au débouché de la principale branche de l'Oued Tedjert, oîi se trouvait un ghedir considérable plein d'eau, t C'est ici, dit le chef de la mission, qu'il faut placer Ighellachen, c'est-à-dire un des aguellach ou élargissement d'oued avec végétation, qui se trouvent eç nombre considérable de ce c6té^ sans que rien de remarquable les distingue à première vue. » Le point qu'indique ainsi le lieutenant-colonel se trouverait à environ 60 kilomètres au sud d'Amguid.

1 . Le lieutenant-colonel étui t alors à 20 kilomètres environau sud d'Amgaid* 2 Le mot « reg » doit être pris ici dans le sens de plaine de sable.

Le lendemain 22, on marche directement au sud-ouest sur le Kamfousa^àlO kilomètres duquel on compte s'arrêter.

(( D'ici, écrit Je lieutenant-colonel Flatters, à 15 kilomètres d'Ighellachen, on voit parfaitement la vaste entrée plate et unie du reg, rive droite de Tlgharghar, qui donne accès dans la plaine d'Amadghor; le mont Oudan à l'ouest; l'Eguéré ou prolongation rocheuse du Tasili, rive gauche de rOued Tedjert, à l'est; au sud-ouest le reg vers Tinnakourat; au nord, à environ 50 kilomètres, le Mouydir, continuant Tlraouen et allant au sud-ouest; le débouché de rOued Gharis, venant de près de Khangat el Hdid, après un cours d'environ 60 kilomètres, tomber par une large ouverture du coudiat dans la plaine, pour aller à l'esté vers Kheneg, à l'Igharghar.

» Une autre tête de l'Oued Gharis, dite Elaghen el Ouat, vient du sud-ouest en deçà du Mouydir. Toute cette partie de la carte par renseignements de M. Duveyrier est à modifier, particulièrement au point de vue des distances relatives et de certaines orientations ; mais la concordance des renseignements avec Tobservation est toujours extrêmement remarquable, tant pour l'ensemble, que pour les détails. »

Ce jour'là, le 22 janvier, en revenant à son camp d'Igbellachen, le chef de la mission eut l'agréable surprise de voir arriver son émissaire Cheikh Boudjema, accompagné d'un Targui nommé Si Mohamed. Ils venaient d'Amguid, d'oJ!i le capitaine Masson les avait dirigés sur Ighellacbem.

Cheikh Boudjema apportait une lettre d'Ahitaghen qui informait le lieutenant-colonel, qu'étant en route, au retour d'Insalah, pour regagner ses campements, il ne pourrait peut-être pas le voir, mais que lui ayant promis son passage à travers son pays pour aller au Soudan, il tenait parole et lui envoyait des guides. Son beau-frère, le vieux Chikkat ben Hanfou, des Oulad Messaoud, père d'Altissi, le successeur désigné d'Ahitaghen, s'était arrêté à un campement de l'Oued Gharis,* à 70 kilomètres environ, pour

attendre que Gbeikh Boudjema eût retrouvé la mission.

C'était une heureuse nouvelle qui remplit Flatters de joie et le dédommagea amplement, ainsi que ses compagnons, de leurs récentes inquiétudes; elle justifiait, en effet, ses prévisions et couronnait ses efforts. Du reste, ce n'était pas la seule. D'après les guides, grâce à de récentes pluies, la plaine d'Amadghôr n'était pas aussi dépourvue de pâturages qu'on le supposait ; on trouvait de l'eau, soit à droite, soit à gauche de la sebkha et au delà; on pouvait d'ailleurs la tourner par l'Oued Tedjert et l'Eguéré, pour trouver une bonne route de caravane. De plus, les guides connaissaient Assiou et le Soudan et se chargeaient d'y conduire la mission directement.

Aussitôt le parti du lieutenant - colonel fut pris. Il envoya un homme à Ghikkat et un autre au capitaine Masson, avec ordre d'amener la caravane à Ighellachem, où il resta avec les ingénieurs jusqu'au 36 janvier.

Une lettre de M. l'ingénieur Béringer écrite d'Ighellachen à M. l'ingénieur en chef Fournie, nous peint fidèlement les impressions qui agitèrent à cette époque nos explorateurs.

fl Ghedir de la dune, 24 janvier 1881.

» Nous campons par 26o (y 45'' de latitude et environ 3 degrés de longitude, dans l'immense plaine des Ouedigharghar et Tedjert. Depuis plusieurs jours l'aspect du pays a changé; nous sommes dans les granits et dans les basaltes qui forment la queue du Tasili et de l'Iftesen. Dans le lointain se découpe la silhouette du mont Oudan. A droite et à gauche, le reg à perte de vue.

> La situation était fortement tendue ii y a peu de jours. Nous étions à Amguid, dans le même dévonien et à la même latitude qu'à Mengkhough; et, comme à Mengkhough, on agitait la question d'un retour, avec cette nuance qu'au printemps dernier, nous avions trop d'indigènes sur le dos et qu'en ce moment, ils nous faisaient absolument défaut.

EXPLORiLTION DU SAHiLRA. 119

)) Il n'y avait qu'à attendre la réponse d'Àmtaghen. C'est ce qu'on résolut de faire. Pour ne pas rester désœuvrés^ et en prévision d'un refus du chef des Hoggar, nous partîmes, Roche et moi, avec le colonel vers le sud, sans guides^ afin de voir le plus possible de la plaine d'Amadgbôr. Pendant cette volte, la réponse d'Ahitaghen nous arriva. Elle était favorable, et peut se résumer comme il suit : a Vous pouvez passer sans crainte pour vous rendre au Soudan, mais prenez la route la plus directe, car nous ne nous soucions pas de vous voir pénétrer dans nos douars.

» Demain matin, nous partons vers la sebkha, accompagnés parChikkat, le beau-frère et l'oncle d'Ahitaghen, et par un guide volontaire raccolé en route par l'émissaire que nous avions envoyé à Ahitaghen. Ghikkat nous quittera, aussitôt que les deux guides annoncés par Ahitaghen nous auront rejoints.

)) La crise est donc heureusement terminée, et j'ai bon espoir que nous arriverons au Soudan; car une fois à Asiou, il sera plus court de pousser vers le sud que de traverser une nouvelle fois le Sahara.

> Tout le monde va bien.

> Nous continuons notre travail technique comme par le passé, et j'ai commencé aujourd'hui mes tours d'horizon au théodolite, le pays que nous allons traverser s'y prêtant admirablement. »

Le 24 janvier, la caravane avait rejoint; on la laissa se reposer le 25 à Ighellachen, en attendant Ghikkat ben Hanfou, qui arriva le même jour, accompagné de quelques Touareg Hoggar, et d'indigènes Isakkamaren, qui vinrent vendre des chameaux. Le chef de la mission crut constater que, chez ces Touareg, le sentiment dominant était la crainte de le voir chercher sa route par le pays des Azdjer, ou vouloir s'écarter de la route directe. Aussi ne fit-il aucune nouvelle demande ; ce qu'il avait obtenu lui semblait suffisant, et il ne crut pas devoir exiger davantage d'une première visite. Il es-

pérait bien d'ailleurs calmer ces défiance3 au cours du voyage.

Il renvoya les Ifoghas qui l'avaient accompagné depuis TAlgérie et qui avaient compté le conduire vers Ikhenoukhen ; à son avis, il était prudent de ménager toujours les excellentes dispositions du chef des Azdjer, afin d'assurer notre influence chez les Touftreg du nord et de préparer les voies pour pénétrer chez ceux du sud. En conséquence, il lui envoya un cadeau, en lui faisant espérer plus tard sa visite.

Le 26 janvier, il quitta son camp avec ses nouveaux guides, et s'avança d'abord à travers l'Eguéré, par l'Oued Tedjert, entre d'énormes roches de 5 à 600 mètres de haut; il atteignit le même jour le pied du fioughedegh et décrit ainsi, le lendemain, le pays où il se trouve, dans l'Eguéré.

€ A notre droite, ditril, de hautes roches bordent l'Eguéré à l'ouest et forment la chaîne que nous avons vue de l'autre coté, par Tlgharghar. Le Tasili va à l'est-sud-est. L'Oued Tihoudai, qui vient de Todidié, forme dépression mêlée de gour déchiquetés et de dunes au pied du Tasili et doit être considéré comme une des têtes de l'Oued Tedjert. L'autre tête, l'Oued Tedjert proprement dil, tourne au sud-est pour aller plus haut, par le sud et le sud-ouest, aboutir à ÀmadghAr en passant derrière les hautes roches du Tinbelghen que nous avons devant nous, et en deçà desquelles court un affluent important, l'Oued Alouhad, que nous devons suivre.»

Dans la même journée, la caravane aperçut le pic de Tahohaït, puis le coudiat dit Chah et le pic de Toufrigh qui avait, à distance^ les contours de l'Oudan. A deux heures, on campait dans un affluent du Tedjert, l'oued Ahadjéri, qu'on dut remonter le 28, pour gagner de nouveau Toued Tedjert et le suivre vers le sud, dans un pays oix les gour offraient à l'œil du voyageur, des amas de basalte et de laves, produits d'éruptions volcaniques qu'on rencontrait à chaque pas.

On parvint ainsi au puits de Tikhsin Tilmas, où affluent plusieurs ravins, entre autres le Mereggala ; on remonta en

suite de nouveau l'Oued Âlouhai, et Ton vint cdmper le 29 janvier au lieu dit Inzelman « eau sous le sable » Tikhsin .

c Nous sommes ici, dit le journal de route^ au sud de TEguère, près du débouché de l'Oued Tedjert, dans la plaine d'Amadghôr. C'est le chemin des caravanes, et il est assez facile. Ceux de l'Ahenet pour aller au sud-ouest par l'Oued Adelés à Salah et Timissao, ou par l'Oued Aberzoug ou Tarhit, sont un peu plus difficiles, d'après ce que disent les gens qui les ont vus... Il est certain qu'il n'y a aucune comparaison à établir avec l'entrée de TAmadghôr, par le regplat et uni de l'Igharghar et de sa rive au delà de la chaîne du Toufrigh que nous avons ici à notre droite. >

Du camp dlnrhelman Tikhsin, le chef de la mission put adresseren France, par des cavaliers d'Ouarglàqui l'avaient rejoint à Amguid et qu'il avait emmenés avec lui, les derniers documents concernant sa mission. < J'ai pu me mettre en route, écrit-il alors au Ministre des Travaux publics, sans me détourner, en continuant à remonter l'Igharghar, pour aller passer par la Sebkha d'Amadghôr et aboutir directement à Asiou. Je compte atteindre ce dernier point dans vingt-cinq jours, sauf incident.

A la même date, il écrit à M. l'ingénieur en chef Fournie :

€ Mon cher directeur,

:» Mon envoyé est revenu avec des guides et un laissezpasser d'Ahitaghen, sur la ligne directe du Soudan; le 22, nous avons pu prendre au droitsud, sur Amadghôr et Asiou. C'est, sauf incident ultérieur, la réalisation du programme de l'exploration de M. le Ministre et de la Commission.

» Je crois que nous tenons un succès. Il ne me paraît guère douteux que nous arrivions à Asiou et de là je ne désespère pas d'aller au Haousa. Mais il ne faut pas se dissimuler que si nous franchissons le Hoggar,si nous y sommes bien reçus, le moment ne parait pas encore venu de faire autre chose que de passer, sans s'arrêtera circulera droite

i23 EXPLORATION DU SiHARÂ.

et à gauche. Il y a des défiances sur nos intentions ultérieures; on comprend que nous allions au Soudan; on se défie de Tenthousiasme des Azdjer à nous accueillir et on nous ou^re le chemin^ mais on ne nons invite pas à nous arrêter. Ahitaghen n'avait pas promis et ne pouvait pas promettre autre chose. Il tient sa promesse; c*est tout ce qu'on peut lui demander. Il en sera probablement de même plus loin, si on nous accueille bien ; et nous pourrions, d'Asiou à Agadès, être obligés de suivre la route de Barth. Ce sera dommage, puisque jusqu'ici nous avons suivi une ligne que Jamais Européen n'a suivie; mais on fait ce qu'on peut, surtout en exploration scientifique, d

On voit que dans l'âme de nos explorateurs, l'inquiétude a fait place à la joie, à la fierté qu'inspire le devoir accompli, au bonheur d'avoir à peu près atteint le but indiqué et enfin à une nouvelle foi dans le succès.

« C'est un important résultat que celui que nous avons obtenu, écrit le colonel à madame Flatters; plus de 1200 kilomètres parcourus depuis Ouarglà, dans un pays que jamais pied européen n'a foulé; passage chez les Touftreg et voyage en plein pays des Touareg Hoggar, que jamais on n'avait pu aborder jusqu'ici. A Âsiou, nous serons au 31* degré de latitude, les Touareg Hoggar franchis complètement et les Kel Owi de l'Azben ou Soudan septentrional, entamés. Si les choses continuent à aller bien, nous irons à la mer par Sokoto et l'embouchure du Niger. Si les affaires se gâtent, nous reviendrons par Rhat et nos amis les Azdjer, et môme, dans ce dernier cas, on pourrait dire que nous avons obtenu un très important résultat. Les instructions primitives données à la mission par M. de Freycinet n'allaient pas si loin, et nous les aurions remplies à la lettre, sans aller même jusqu'à Asiou. Nous sommes à 80 kilomètres du point extrême qu'elles marquaient; nous y serons dans trois jours. »

Sa lettre à M. Duveyrier, publiée dans le Bulletin^ de la

i. Voy. le Bulletin de mars 1881, page 255.

Société de Géographie, exprimait les mêmes pensées, en y ajoutant un rapide résumé du chemin parcouru.

On possède encore, outre les documents officiels, une lettre de M. l'ingénieur Béringer à M. H. Duveyrier) qui n'ajoute rien à ce qui précède et que le Bulletin^ a publiée ; puis une lettre fort courte du lieutenant-colonel à M. l'amiral de La Roncière, et enfin une dépêche à peu près oflScielle et d'une forme plus technique qu'il adressa à M. de Lépinay, secrétaire de la commission supérieure. Celle-ci nous fournit encore quelques indications géographiques.

a C'est un résultat important que d'avoir remonté l'Oued Mia, exploré l'Oudje ouest et le Hamada par Mesegguem, pour rejoindre l'Igharghar à Amguid, voir TEguéré, Aghellachen, le reg plat et uni jusqu'à Cheikh Salah, et recueilli des renseignements certains sur le passage des caravanes, par la ligne de faîte à peine sensible de TAhenet, et la contre-pente sur In Amedjel, à la pointe du Taourirt et au delà sur le reg de Timassao qui touche au Tanezrouft. L'Ahenet est une chaîne coupée et relativement très basse qui va à l'ouest-nord-ouest.Il y a des passages en reg presque plat. Le massif proprement ditde l'Atakhor s'arrête en cap à pic auTaourirt'; au pied du Taourirt passe l'Oued Tarhit qui va à Timassao, venant de près de Cheikh Salah, oh il ne se trouve que trois gour isolés au milieu du reg; d'autres gour également isolés et très espacés, visibles d'Aghelachen ou du moins de TÉguéré (car Aghellachen n'est pas un point fixe), relient le Djebel Oudan aux gour de Cheikh Salah, ou plutôt de Tin Aheli ou de Tinnakourat. »

Plus loin, revenant sur l'Igharghar :

« La plaine de l'Igharghar se continue indéfiniment, du moins à ce que nous avons vu jusqu'ici, à hauteur de Oudan, par le 25' degré de latitude, le massif central du

i. Voir le Bulletin de mars 1881, p. 950* 2- Tarerenetx de la carte de M. Duveyrier.

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abondante ofondeur.

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