‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 111 sur 139 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

Sud, jalonnée par les points de Fez, capitale du Maroc, deGhinguîl, ville de TAdrar, et d'Ks-Soûk, ville de rAdghagh. Cette ligne est aussi celle assignée par tous les historiens du moyen âge au mouvement de migration des Berbères Lemtoûna et Sanhàdja, vers le pays des iNoirs. Une expansion politique les avait portés du iNord au Sud, uqe réaction les refoula du Sud au Nord.

La préiention à une descendance édriside qui donnerait aux principales familles des Touâifeg une origine arabe et leur conférerait le titre cje chorfa est à peu près celle de toutes les grandes familles berbères, et elle serait presque justifiée par les nombreuses alliances çiiatrimoniales que les souverains de Fez ont contractées avec les familles des chefs dont ils ne pouvaient obtenir la soumission par la force des. armes.

Aujourd'hui encore, au Maroc, les unions de l'empereur avec les filles des chefs de Berbères indépendants du trône temporel sont érigées à Tétat de système gouvernemental. Quand, dans une pro* vince -rebelle, un Berbère peut faire échec au pouvoir du souverain nominal, on fait tomber sa résistance en offrant à l'une de ses filles une place au harem. Cet honneur est toujours accepté, parce qu'il confère le titre de chérîf aux enfants qui naîtront de cette union, et \3i répudiation presque immédiate qui réintègre femme et enfant dans la famille maternelle , loin d'être considérée comme un affront, est acceptée comme un titre autorisant à faire souche.

Les deux derniers souverains du Maroc, Mouley-'Abd-er-Rahmân et Mouley-Slîmân , pendant la durée de leurs longs règnes, ont autorisé, par ces sortes d'unions, plus de cinq cents familles berbères à revendiquer pour leurs héritiers la descendance édriside ; et si leuif^ prédécesseurs, depuis le ix® siècle de notre ère, ont procédé de mêi^e |i l'égard des grandes familles berbères du Maghreb, — ce que l'histoire semble démontrer, — il devient très-probable que les nobles Touareg d'Azdjer et du Ahaggàr, soit par des alliances directes, soit par des alliances indirectes avec les chorfa de Kerzàz et d'Ouazzân, sont aussi autorisés à revendiquer la même descendance.

Quoi qu'il en soit, les Touareg, mal^é le mélange de leur sang avec celui des Édrisiens arabes, sont restés Berbères, et, comme fX^çtjiOû du peuple berbère, leur origine est loin d'être incertaine.

^a tradition populaire, chez les Azdjer, ajoute à la Note de Bra-

32i TOUAREG DU NORD.

hlm-Ould-S!di quelques détails sur la formation de la confédération et sur le partage des terres entre les différentes tribus.

D*après cette tradition, les premiers Touareg qui prirent possession du pays d*Azdjer furent les chorfa Imanân et Ifôghas; puis, successivement, d'autres tribus vinrent se ranger autour d'eux.

Un beau jour, le chef dès Imanàn invita à sa cour les femmes douairières des autres tribus, c'est-à-dire celles des dames nobles dont le ventre avait le privilège de donner naissance aux chefs , et , mu par un généreux sentiment de galanterie , il affecta à chacune d'elles un douaire foncier.

La dame douairière des Orâghen reçut en apanage la plaine des Igharghâren ;

La dame douairière des Imanghasâten eut pour lot la vallée de Tikhàmmalt;

Chaque tribu fut dotée de la même manière.

Ce qui frappe dans cette tradition, comme dans toutes celles relatives aux origines des coutumes exceptionnelles des Touareg, c'est le rôle principal qu'y joue la femme.

A Ghadàmès, cherchant la lumière sur cette question d'origine, je m'adressai au kâtlhi, l'homme 'le plus instruit de la ville; il me répondit en ouvrant un livre qui fait autorité dans le Sahara.

11 a pour titre : Roudli-el-ino'altâr, fi aktibâr-el'aqtâr (ou Le Jardin parfumé par les nouvelles des pays), et pour auteur : Ebn-'Abd-en- Nour-el-Hamîri , de Tunis.

Ce livre assigne pour origine aux Berbères musulmans voilés qui habitent l'espace compris entre Ghadàmès et Tademekka (espace de quarante jours de marche) les tribus de Lemtoûna, Massofifa et autres.

Ebn-Khaldoûn est plus explicite encore.

Les Molâthemîn ou les voilés, dit-il, qui habitent la région stérile au Midi du désert sablonneux, entre Barka, Ghadàmès, à l'Orient, et l'Océan Atlantique, à l'Occident, proviennent des tribus de Guedàla, de Lemtoûna, de Oiitzila, îîe Tàrrja, de Zegâoua et de Lemta, tous descendants des Sanhâdja de seconde race.

Ainsi les Târga ou Touareg modernes sont Sanhâdja, c'est-à-dire de la race de ces Almoravides Lemtouniens qui, selon l'expression d' Ebn-Khaldoûn , « après avoir soumis le désert et forcé les nègres à •

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