ORIGINE
devenir musulmans, fonda un Empire en Espagne et dans le Nord de TAfrique, et, épuisée à force de dominer, consumée dans de lointaines expéditions et ruinée par le luxe, disparut exterminée par les Alraohades, » sauf les fractions restées dans \e désert et représentées aujourd'hui par les Touareg, dans le Sahara central, par les Maures de la côte de l'Océan Atlantique, débris de ces Sanhâdja qui ont donné leur nom au Sénégal.
Ebn-Khaldoûn nous éclaire encore sur beaucoup d'autres points.
«Les Sanhâdja, d'après lui, forment la majeure partie de la population de l'Afrique occidentale, au point que bien des personnes les regardent comme formant le tiers de toute la race berbère.
« Primitivement ils occupaient la presque totalité du littoral méditerranéen.
« De temps immémorial, — bien des siècles avant l'islamisme, — les voilés parcouraient la région qui sépare le pays des Berbères de celui des Noirs, » c'est-à-dire le plateau central du Sahara, entre le bassin de la Méditerranée et celui du Niger.
(( Ils ne cessèrent de se tenir dans ce pays et de le parcourir avec leurs troupeaux qu'après la conquête de l'Espagne par les Arabes, moment où ils abandonnèrent le magisme pour embrasser l'islamisme. » C'était dans le troisième siècle de l'hégire.
« D'abord les Sanhâdja se rangèrent parmi les clients de la famille d"Ali-ben-Abî-Tàleb , gendre de Mohammed, mais leur conversion fut suivie de retours fréquents au paganisme.
« Ce fut un missionnaire de Sédjelmâssa, envoyé par Aggâg, de la tribu de Lemia, » — probablement celui dont les nobles des Ahaggâr prétendent descendre, — « qui les ramena dans la bonne voie en leur enseignant la vraie religion.
«Au iv** siècle de l'hégire, un des plus illustres de leurs rois, Tinezwa, étendait sa domination sur une région longue de deux mois de marche et large d'autant. Vingt rois nègres reconnaissaient son autorité, mais, sous ses fils, l'unité de la nation sanhâdjienne se brisa, et chaque tribu, chaque fraction de tribu eut un roi. »
Dans le milieu du vui" siècle de l'hégire, à l'époque où Ebn- Khaldoûn écrivait son Histoire des Berbères, « les Sanhàdjiens porteurs du voile, soumis à l'autorité du roi des Noirs (Mâlek-es-Soûdân), lui payaient l'impôt et fournissaient des contingents à ses armées. »
Ce roi des Noirs doit être le sultan de Gôgo qui détruisit la ville
Màzigh des généalogistes et des Maz^es ou Maziqfies de l'antiquité, je dirai que désornaais Tétude de la langue temâhaq, comparée aux autres langues africaines et asiatiques, peut seule jeter quelque lumière dans la question.
En vue de fournir mon faible contingent à ces recherches, j'ai recueilli, avec le soin le plus scrupuleux, toutes les inscriptions, tant anciennes que nouvelles, en caractères tefinagh, que j'ai trouvées sur les rochers , et j'ai réuni, en un vocabulaire, environ 1,500 mots de la langue temâhaq, surtout de ceux dont j'ai pu contrôler la véritable signification , et j'ose espérer que ce travail ne sera pas sans quelque utilité pour établir la filiation anté historique des Touareg modernes.
D'un autre côté, M. le docteur Barlh , qui a longtemps vécu parmi les Touareg du Sud, a recueilli un riche vocabulaire du dialecte temâcheq, dialecte aussi étudié par M. le chef de bataillon Hanoteau K
Avec ces éléments modernes, comparés avec les éléments anciens de l'inscription bilingue de Thugga, dont la partie gauche reproduit la presque totalité de l'alphabet teviâhaq ou temâcheq, il est impossible qu'on n'arrive pas prochainement à rattacher les Imôhagh et leur langue à l'une des souches primitives de l'antiquité.
1. Essai de grammaire de la langue temâchek\ par M. A. Hanoteau, chef de bataillon du génie. (Paris, Imprimerie impériale , iSCO.)
M. Hanoteau écrit femàchek* par un k suivi d'un accent; j'ai préféré représenter la môme lettre de récriture teflnagh par un q. Voilà la raison des différences de transcription , l'orthographe du mot restant la même.