CHAPITRE II
Les Touareg du Nord se divisent en deux grandes sections : les Azdjer à l'Est, les Ahaggâr à l'Ouest.
Les Ahaggàr, je l'ai déjà dit, sont les Hoggàr des Arabes et des Européens.
Chacune des deux sections se subdivise en tribus.
Les unes sont nobles et prennent le titre de ihaggâren; les autres sont serves et placées dans la dépendance absolue des nobles; on les appelle imrliâd. Quelques-unes ne sont ni nobles ni serves, mais rayonnent dans le cercle d'action d'une tribu noble à laquelle elles payent impôt ; d'autres, enfin, sont des tribus de marabouts remplissant le rôle de modérateurs, de conciliateurs et d'instructeurs, rôle important au milieu d'une société qui n'est soumise à aucune forme de gouvernement régulier, mais qui, grâce à une certaine force de cohésion, traverse la série des siècles, sans subir de modifications sérieuses, malgré ses nombreuses pérégrinations, ses guerres intestines et les luttes qu'elle a dû soutenir pour conserver son indépendance.
Dans la section des Azdjer, les tribus nobles sont : Les Imanân , Les Orâghen , Les Imanghasâten , Les Kêl-Izhabân, Les Imettrilâlen , Les Ihadhanâren.
Les tribus de marabouts sont :
Les Ifôghas, Les Ihôbaouen.
Les tribus mixtes sont :
Les Ilemtln, Les Kê)-Tln-Alkoum.
J'indiquerai les noms des tribus serves au chapitre suivant en faisant l'historique des tribus nobles auxquelles elles appartiennent.
Dans la section des Âhaggâr, il n'y a que des nobles et des serfs. On pourrait considérer comme tribus mixtes celles qui habitent les villages du Touât, mais elles ne sont plus considérées par les Touareg comme faisant partie de leurs confédérations.
Primitivement, les Âhaggâr ne constituaient qu'une seule tribu, celle des Kél-Ahamellen ^ divisée en un grand nombre de filetions : mais l'accroissement de la population , l'obligation de se disperser sur d'immenses espaces pour assurer la subsistance des troupeaux, probablement aussi la rivcilité de familles à fattailles, ont amené les fractions de la tribu tnère à se constituer en tribus indépendantes, et aujourd'hui, au lieu d'uhe seule tribu, on en compte quatonse, savoir t
Les Tédjéhé-Mellen,
Les Tédjéhé-n-oû-Sîdi,
Les Ennîtra,
Les Tàïtoq,
Les Tédjéhé-n-Eggali,
Leslhembà,>^>-^"^^^^^^
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Kôl-Tahât, Les Kêl-Rhelà , Les Irhechchoûmen, Les Tédjéhé-n-Esakkal, Les Kêl-Ahamellen, Les Ikadéen, Les Ibôguelân, Les Ikerremôïn.
Comme pour les Azdjer, je ferai connaître, au chapitre suivant, les tribus serves de la dépendance de chaqut trilm oob^i
De la division des tribus je passe à quelques considëffitions générales sur chacun des organes constitutifs de cette société»
Du Pùuvoit «otttwfdin. ^ AmanOkal et, Àtnghâr.
Il y a environ deux siècles, une famille, réunissant à la noblesse de race la hoblesse religieuse des chorfa, celle des Imanàn, dominait au dessus des Azdjer et des Àhaggâr, nobles, marabouts et serfs, et son chef* sous le titre (ïamanôkal^, nom berbère synonyme de sultan, représentait le roi d'une monarchie féodale.
Par suite d'une révolution, les Imanân, vaincus par leurs sujets, (avec le concours d'un élément étranger, les loûrâgheli, sont, depuis, réduits à l'état de simple tribu noble, et les deui groupes des Azdjer et deB Ahaggâr, constitués en confédérations aristocratiques, reconnaissent l'autorité supérieure de cheikh héréditaire^ , sous le nom d'amghâr, synonyme de cheikh.
Malgré sa déchéance, l'héritier du litre d'amanôkal continue à le porter, et on le lui accorde par déférence pour sa qualité de chérîf, mais ce titre est purement nominal. Aujourd'hui, les deux amghâr exercent dans chacune des deux confédérations les pouvoirs autrefois dévolus à l'unique souverain.
(iCS pouvoirs, on le comprend, ne sont définis par aucune charte, et ils varleht, dans les limites de la loi musulmane, suivant l'autorité ou le crédit personnel dont jouit Vamghâr.
De$ NMts.
Les nobleë, ihaggârerii sont seuls en possession des droits politiques dans la confédération et seuls ils exercent le pouvoir dans la tribu*
Tous* dès qu'ils ont atteint leur grande majorité, Sont appelés à faire partie des mia^âd^ oU assemblées, dans lesquelles se discutent les intérêts communs.
Un seul* dans là tribu, par une sorte de droit d'aînesse spécial, gouverne et administre, avec ou sans le conoourls des autres membres de sa famille^
L'occupation ordinaire des nobles est de faire la police du territoire de la tribu, d'assUrer la sécurité des routes, de prot^er les caravanes de leurs clients, de veiller sur l'ennemi , de le coknbéttre