PI. XXIV
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Fig. 39.
grand, âdjedeL Cette arme ne peut être lancée qu*à une distance très-rapprochée. (Voir fig. 1 bis.)
L*arc, tanâchchabt, faite avec un bois léger nommé kinba, est plus en usage chez les Touareg du Sud que chez les Touareg du Nord. (Voir fig. 3.)
Les flèches, emlerbâ, sont en roseau ou en bois léger avec pointes ailées en fer. (Voir fig. ù.) Jamais elles ne sont empoisonnées.
L'anneau de bras, âJiabedj, a un double but : donner plus de force pour porter le coup de sabre ; offrir un point d'appui solide pour écraser la tête de son ennemi, en cas de prise de corps. Cette manière de tuer prend le nom de temârhait.
Cette arme, je Tai déjà dit, est portée au bras droit, entre Fattache inférieure du deltoïde et le ventre du biceps.
Le bouclier, ârhar, est la seule arme défensive des Touareg. C'est un grand disque, en peau épaisse, qui couvre tout le corps, moins la tête et les pieds.
La peau adoptée pour la confection des boucliers est celle de Vmtilope mohor, très-commun dans le pays d*Aïr.
Impuissant contre la balle, le bouclier résiste aux flèches, amortit les coups de sabre et de lance. On voit qu'ils sont utiles, car beaucoup sont couverts d'honorables cicatrices.
Les armes à feu, très-rares chez les Touareg nomades, sont plus communes chez les serfs pacifiques du Fezzàn, qui s'en servent principalement pour la chasse; cependant quelques chefs ont des fusils et des pistolets à pierre, du même modèle que ceux des Arabes du Sud de l'Algérie.
Les noms donnés à ces armes témoignent du peu d'habitude de s'en servir :
On appelle : un fusil albârôd, du mot arabe qui signifie poudre; un pistolet elrhodnyet, d'un mot également arabe qui signifie traîtrise; la poudre, etoû; la balle, tabellàlt; la pierre à fusil, tafarâst; la corne à poudre , attelkhîg,
A la joie qu'lkhenoûken a éprouvée en recevant de moi une paire de pistolets, et de M. le gouverneur général de l'Algérie un magnifique fusil, je dois croire que les Touareg apprécient à- leur valeur les armes à feu, et que, s'ils n'en sont pas tous pourvus, il faut l'imputer à la difficulté de s'en procurer.
(Cependant, la substitution des armes à feu aux armes blanches
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mettra le pouvoir aux mains du premier groupe qui pourra faire entendre la poudre. S'il entrait jamais dans la politique française de constituer un makhzcn targui, pour la protection de notre commerce et la sécurité des routes, ainsi que l'a proposé M. le commandant Hanoteau, la délivrance de quelques centaines de fusils à ces auxiliaires les aurait bientôt rendu les arbitres des destinées du pays.
En rétat de l'armement, les rencontres ont lieu de très-près, presque corps à corps, mais, en somme, elles sont lrè5r-peu meurtrières. Le combat cesse dès qu'il y a quelques liotnmes tués ou blessés de part ou d'autre.
En 1860, les Azdjer et les Ahaggâr en sont venus aux prises ensemble; les premiers ont eu quatre hommes tues.
Antérieurement, les Cha'anba avaient opéré une grande rhazia sur les Azdjer, au pied du Tasîli; la perte a été de quelques hommes seulement.
Dans leurs rencontres avec les Teboû, les Touareg sont exposés aux blessures très -dangereuses du changuomanguer, à la fois arme de jet et d'escrime. (Voir planche XXIV, fig. 5.)
Équipement.
Le méhari, aredjdjân, est, par excellence, l'animal de guerre, car on n'en connaît pas d'autre. C'est à peine si, dans la totalité des tribus des Azdjer, on trouverait une dizaine de chevaux de selle.
Le méhari est au chameau porteur ce que , chez nous , le cheval de selle est au cheval de trait. Autant l'un est lourd et lent, autant l'autre est léger et vif.
Le méhari marche, trotte et galope, mais ses allures accélérées sont très-dures. Généralement, on le tient au pas.
Comparé au cheval, il peut faire une plus longue marche sans boire ni manger; il peut porter un poids plus lourd, mais il a moins de vitesse, il est moins docile; quand le méhari est en fureur, ce qui arrive souvent, c'est un animal terrible. Parfois il jette à terre celui qui le monte, et les chutes sont suivies d'accidents graves.
Pour monter un méhari ou pour en descendre, il faut qu'il se soit rais à genoux, et un long dressage est nécessaire pour qu'il se prête à cette manœuvre. Par précaution, les chefs sont assistés d'un homme à pied chaque fois qu'ils veulent monter ou descendre.
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