IP SECTION
DB guadAmès a rhAt 1.
Cette section comprendra ;
i4. — Le plateau de Tînghert, de Ghadâmès à Ohânet;
L La route que J*ai suivie pour aUer de Ghadâmès à Rhàt, du moins Jusqu'à Tlterhsln, n'est pas celle que prennent les caravanes , beaucoup plus directe et sise
i6 TOUAREG DU NORD.
B. — La traversée des dunes d'Edeyen, entre Ohànet et la Hamàda d'Eguélé;
C. — La Hamâda d'Eguélé, des dunes d'Edeyen à la plaine des Igharghâren ;
D. — La plaine des Igharghâren, de Sâghen à Tàdjenoût; ^. — Le Tasîli des Azdjer, de Tàdjenoût à Tîterhsîn ;
F. — La vallée d'Ouarâret, de Tîterhsîn à Rhàt.
A. — Plateau de Tfnghert.
Le plateau de Hnghert commence vers le Nord-Est au Djebel- Nefoûsa; dans le Sud-Est il vient se confondre avec la grande Hamâda-el-Homra , dont il n'est séparé par aucun relief apparent ; dans le Sud, sa limite est marquée par un rebord sous lequel sont les points d'El-Hesî, de Tambalout et d'Ohânet qui le séparent des dunes d*Edeyen; dans l'Ouest, un rebord, assez caractérisé en quelques endroits, le sépare de la région de l"Erg. La ville de Ghadàmès est bâtie sur ce rebord.
Ce plateau a 185 kilomètres du Nord au Sud; son étendue de rOuest à l'Est ne peut être précisée, car nul ne connaît le point de séparation entre la Hamâda de Tînghert et celle d'El-Homra. On sait seulement qu'entre l"Erg à l'Ouest et le Djebel-es-Sôda à l'Est, il y a 600 kilomètres sans eau et sans végétation ; ce qui interdit à qui que ce soit d'aller faire la reconnaissance de cette immense solitude. Entre Ghadàmès et Ohànet, ce plateau s'appelle Hamâda de Tînghert; entre Ghariân et El-Hesî, il s'appelle Hamâda-el-Homra, noms différents, l'un berbère, l'autre arabe.
Les Sahariens appellent Hamâda tout plateau élevé, uni, pierreux, sans végétation, sans eau, quelle que soit sa formation géologique.
Du Djebel-Nefoûsa aux environs de Ghadàmès, le calcaire est de couleur grise ; aux environs de Ghadàmès, la coloration, du moins à la surface du sol, devient plus uniformément sombre; au delà de Ghadàmès, les dolomies prennent les différentes couleurs des minéraux qui se trouvent dans le voisinage.
dans TEst. J'eus Theureuse chance de trouver la tribu de Témir Ikhenoûkhen près de Ghadàmès, et je la suivis dans ses pérégrinations, ce qui m*a permis de beaucoup mieux connaître le pays.
Les environs immédiats de Ghadâmès offrent à l'observation du géologue :
Le sol même de Toasis, léger, sablonneux et calcaire, fécondé par les nombreux engrais de sa propre végétation ;
Les eaux de la source, dont j'ai fait connaître la température et l'analyse au chapitre précédent, et sur laquelle je reviendrai au paragraphe spécial à Ghadâmès, du Livre IIP;
Une carrière de plâtre exploitée près du cimetière du Dhâhara et qui fournit un sulfate de chaux cristallisé, blanc, presque pur, quoique mélangé à un peu de sable ^ ;
La roche du plateau qui entoure la ville ;
Enûn la gara ( témoin ) de Tîsfîn , à sept kilomètres E. de la ville.
La roche du plateau de Ghadâmès *, est un calcaire crétacé, de formation marine, jaunâtre, avec grands fragments d*inoc^ames et quelques petites bivalves indéterminables, identiques comme aspect aux calcaires jaunâtres coquilliers de la Chebka du Mezâb. Ce calcaire donne une effervescence bien marquée à l'acide chlorhydrique, mais paraît contenir une quantité assez notable de magnésie, comme la plupart des roches du Mezâb.
La gara de Tîsfîn a 90 mètres de hauteur environ.
Elle repose sur une roche siliceuse, grisâtre, homogène, ne donnant aucune trace d'effervescence à l'acide '.
Elle est couronnée, à son sommet, par une roche superficielle, calcaire, rougeâtre, composée de fragments très-brisés de coquilles, dans lesquelles; on distingue quelques petites limnèes et des traces nombreuses de zoophytes. Cette roche, très-compacte, rend un son semblable à celui de la poterie cuite *.
Entre les deux, l'intérieur de la gara est formé d'un calcaire tendre, jaune, blanc, marneux, d'une pâte très-homogène '*.
Ce dernier calcaire apparaît aussi dans les ravins des environs de la gara.
La gara de Tîsfîn est entièrement isolée, mais à peu de distance
i. ÉchantUIon n*" 8.
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on voit, dans différentes directions, des goûr d'une élévation beaucoup moindre et qui doivent appartenir à la même formation.
A k kilomètres au Sud de Ghadâmès. on entre dans la petite dépression de Kaboû, formée par un lit d'alluvions sablonneuses et terreuses, au milieu duquel on trouve des sables et du carbonate de chaux agrégés à la façon des grès de Fontainebleau. Ces agrégations sont évidemment une création des eaux.
Les bords de cette basse dépression sont d'un calcaire spathique, rougeâtre, très-compact *, dans lequel on trouve accidentellement de la chaux cristallisée; dans le lit même sont des concrétions composées d'éléments calcaires en mélange avec le sable.
A 15 kilomètres de Kaboû, on traverse FOuâdi-Mâreksàn dont la direction est Est-Ouest. Son lit est de sable, graveleux à la surface, caillouteux au fond. Sous le sable apparaissent des couches de sable marneux , contenant de petits fragments de plâtre *. Les berges latérales, qui ont 8 mètres de hauteur au-dessus de l'ouâdi, sont d'un calcaire semblable à la roche du plateau de Ghadâmès.
Entre l'Ouâdi-Mâreksân et la dépression d'El-Gafgâf (48 kilom.), le plateau se présente sous forme d'un chaos monotone de pierres calcaires anguleuses, tantôt amoncelées sur le roc calcaire, tantôt enchâssées dans des filons de terre sablonneuse.
De distance en distance, apparaissent dans l'Ouest, à 16 kilomètres environ, les rebords d'un gradin plus élevé sur lequel se dressent des goûrs calcaires indiquant l'ancien niveau du sol primitif; eu égard à leur distance, ces goûr doivent atteindre à une altitude assez grande.
Avant d'arriver à El-Gafgàf , pendant toute une journée de marche, le sol est couvert de petites pierres noires qui donnent au paysage une teinte funèbre.
Entre Mâreksân et El-Gafgâf on rencontre les lits des Ouâdi-Amàli et Imoûlay qui vont se perdre dans T'Erg.
El-Gafgâf est une petite dépression circulaire, à fond alluvionnaire, d'un kilomètre environ. Du côté du Sud, ce bas-fond reçoit les petites ravines d'Imozzelaouen (c'est-à-dire, petites ravines étroites) qui traversent un sol calcaire à affleurements plus ou moins détériorés.