‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 33 sur 139 · ii · texte numérisé non relu

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Au delà de ces ravines, la surface du plateau se nivelle et présente une formation de graviers et de petites pierres.

Entre El-Gafgàf et Tifôchayen, la distance est de 34 kilomètres; peu avant ce dernier point, le plateau est couvert de pierres détachées.

Tifôchayen est une large vallée dont la direôtion générale est du Sud-Est au Nord-Ouest. Le sol de cette vallée est sablonneux; il provient des sables de T'Erg que les vents y ont apportés.

Entre Tifôchayen et Timelloûlen (12 kilomètres), le plateau reprend son caractère précédent. La vallée de Timelloûlen consiste en un large ouâdi dont le sol, comme celui de Tifôchayen, est formé de sables de l"Erg apportés par les vents. On y trouve l'eau à 1"50 de profondeur.

Le plateau reparaît sur une étendue de 12 kilomètres et se montre couvert d'affleurements de calcaire décomposé ; après quoi on arrive à la dépression circulaire de Tahâla, qui a 5 kilomètres de diamètre et est bordée de hautes berges à pic très-déchirées.

Du bas de la dépression, sur une épaisseur de 1">50 à 2 mètres, la berge consiste en assises marneuses d'un blanc légèrement verdàtreS avec des veines et des noyaux de gypse blanc, pur, compact et excessivement fin *. Cette roche ne contient pas de fossiles.

Le sommet de la berge est un calcaire rougeâtre, identique à celui qui couronne la gara de Tîsfin.

Au centre de la dépression est une gara à formes bizarres.

De Tahâla à Ahêdjren (20 kilomètres), le sol est alternativement un fond de sable ou un fond de gravier solide, recouvert de petites pierres et d'affleurements calcaires mêlés à des marnes vertes décomposées.

Avant l'arrivée à Ahêdjren, le flanc des hauteurs qui bordent la route à l'Est est d'un calcaire blanc, exactement semblable à la craie de Meudon, solide par endroits, friable dans d'autres.

Dans la partie friable , je détache facilement cinq échantillons de coquilles moyennes ^ qui ont été reconnus être Yostrea columba (Desh) et appartenir au terrain cénomanien de d'Orbigny

i. Échantillon n» 16.

et aux grès verts supérieurs ainsi qu'à la craie chloritée du terrain crétacé.

Dans la partie compacte de la base de la roche sont d'autres coquilles qui, à la vue, me paraissent de la même espèce que les précédentes, mais grandes comme le creux de la main. La dureté de la gangue ne me permet pas d'en prendre de spécimens.

Quoique le fond de cette roche soit blanc, elle est teinte de taches brunes ou roussâtres en plusieurs endroits.

Sur toute la route, j'ai commencé à trouver des débris informes d'ammonites au milieu des graviers.

Ahédjren est un ouâdi à direction Sud-Est et Nord-Ouest et à lit sablonneux. Ici, comme dans les vallées précédentes, la présence du sable s'explique par le voisinage de l"Erg.

De Ahédjren à Ohânet, le plateau de Tînghert continue avec ses mômes caractères généraux sur une étendue de 25 kilomètres. Là, il finit et contribue par son flanc méridional à former, avec le rebord septentrional des dunes d'Edeyen, la longue dépression d'Ohànet dont la direction générale est Est et Ouest.

Cette dépression d'Ohànet est appelée par les Arabes El-Djoua (le fourreau), parce qu'elle ressemble à un couloir par lequel les eaux, conservées comme dans un réservoir au milieu des dunes, s'écoulent dans un lit pour aller rejoindre l'Igharghar au Sud de Timâssanîn.

La largeur de la vallée est de 12 kilomètres; son fond est alluvionnaire : sables et graviers mêlés.

Au centre est un abankôr ou rhedir, bassin argileux, qui, d'après les Touareg, conserve quelquefois l'eau pendant 2 ou 3 ans après les pluies.

Entre Ahédjren et Ohânet, sur tout le parcours du trajet, les ammonites continuent au milieu des pierres parsemées à la surface de ce désert. Elles sont nombreuses, brisées en fragments. C'est avec grande peine que je puis en trouver deux entières.

Les géologues à l'examen desquels ces ammonites ont été soumises, les ont trouvées trop frustes pour pouvoir être sûrement déterminées*. Ils les croiraient volontiers nouvelles, mais se rapprochant de Vammonites Mantellii du terrain cénomanien de d'Orbigny ou des grès verts supérieurs, de la craie tufifeau ou de la craie chloritée.

i. ÉcbantUlon n» 19.

La pâte de ce fossile est un calcaire d'un blanc jaunâtre, compact, légèrement saccharoîde, parsemé de quelques mouchetures de manganèse.

B. — Dunes d'Èdêyen.

Entre Ohânet et Âbrlha, sur un parcours de 75 kilomètres, s*étend une région de sables, continuation occidentale des dunes d'Edeyen, groupe séparé de celui de T'Erg par un prolongement du plateau de Hnghert.

A peu près à égale distance des points extrêmes de cette zone sablonneuse, on trouve dans TEst la ligne des goûr noires d'Ayderdjân, au Nord de laquelle est un puits comblé, tandis qu'au Sud on trouve accidentellement des flaques d'eau dans une dépression peu profonde à fond d'argile.

Sur toute l'étendue de ces 75 kilomètres, les sables recouvrent le sol qui apparaît de temps en temps, soit sous forme d'un calcaire noirâtre ou violet, compact et solide, soit sous forme de graviers quartzeux arrondis; quelquefois ces graviers ont été cimentés avec le sable par les pluies au moyen d'une substance calcaire agrégeable, et alors ils forment un poudingue.

On rencontre aussi parfois dans ce parcours des places couvertes d'une aiple violette solide et lisse, mais fendillée par l'action du soleil; ces couches d'argile représentent les lits de mares desséchées, et expliquent jusqu'à un certain point comment les graviers et le sable ont pu se souder ensemble de manière à former la roche dont je viens de parler.

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