‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 46 sur 139 · ÉchaDtiUon n · texte numérisé non relu

ÉchaDtiUon n

2. — n" 49. Cet échantillon , déterminé par M. Des Cloizeaux , porte la mention suivante : lave d*un volcan qui a fait irruption, mais qui peut être éteint aujourd'hui»

couvert de pierres noires et d'affleurements de calcaire blanc; puis dépression riche en végétation et dans laquelle se trouve le puits de Gourmêda.

Après Gourmêda, sol pierreux, ligne de petites montagnes coupant la route. A l'Est apparaissent les plantations de Semnou et celles de l'oasis de Zîghen.

A la sortie des palmiers de Zîghen, le sol s'élève par gradins superposés; à 10 kilomètres au Nord, les sables réapparaissent, et plus loin, de leur milieu, se dressent des hauteurs noires ; entre les sables et le plateau est la source d' 'Aouînet-Tittaouin. Toujours le voisinage des sables donne de l'eau. On en retrouve encore au puits d'Oumm-el-'Abîdetà unfogàr, ou puits à galerie horizontale situé sur la route, et creusé dans le rebord occidental d'une petite dépression, lequel rebord est composé d'argile feuilletée, recouverte de pierres de grès noir et gris.

Entre ces puits et la montagne volcanique de la Soda, la route est tout entière dans une hamâda qui d'abord porte le nom de Serîrben-'Afin, puis celui de Boû-Hogfa.

Serîr est synonyme de hamâda.

Mais cette hamâda n'est pas un plateau uni : d'abord elle est coupée par la ligne de collines de Mehyaf, de 10 mètres de hauteur environ, composée d'une roche blanche analogue au plâtre sablonneux; puis viennent deux petites ligues de sable et une dépression, El-Hofer ; et enfin la ligne des collines blanches du Gàf que la route traverse entre deux mamelons symétriques.

A l'Ouest de Mehyaf se dresse la gara ou témoin d"Ameyma qui en est détachée.

A l'Est de la route, mais entre El-Hofer et le Gâf , sont les hautes dunes de Remla-el-Kebîra.

Au delà du Gâf, on aperçoit les hauteurs de la Soda, et le sol, composé d'un gravier rougeâtre, commence à être parsemé de pierres basaltiques que l'on trouvera en plus grandes quantités dans le ravin de Màitbât, au pied même de la Soda.

Le Djebel-es-Sôda, ou montagne noire, est un massif volcanique comme le Hâroûdj, isolé comme lui, au milieu d'une hamâda de calcaire blanc.

Sa longueur est de 110 kilomètres environ de l'Est à l'Ouest, et de 55 environ du Sud au Nord. Une sorte de col formé par une' série

successive de ravins le traverse dans cette dernière direction, et le divise en deux sections, la Sôda-Gharbia et la Sôda-Cherguîya. Cest dans ce col que passe la route.

L'altitude moyenne de la Soda est de 736 mètres au dessus du niveau de la mer ; les sommets les plus élevés sont le Dhâharet-es- Sôda dans TOuest, et la Gâret-Tefîrmi dans TEst.

A partir du ravin d*El-Mâitbât, en continuant la route, on commence à gravir les pentes méridionales du massif, au milieu d*amas de grosses pierres basaltiques.

DansTOuest, au loin, est une montagne importante, Gâra-el- Kohela (le témoin noir), isolée comme toutes les goûr, mais, par sa nature noire, appartenant au massif de la Soda.

Les échantillons des roches que j*ai rapportés de cette contrée ont été déterminés par M, Des Cloizeaux, ainsi qu'il suit :

Èchanlillon n° 50. « Roche volcanique amygdaloïde basaltique, remarquablement lourde, contenant probablement du fer et du péridot. Cette roche indique presque certainement un épanchement volcanique sous-marin. »

Échantillon n^ 51. « Amygdaloïde basaltique avec géodes remplies de calcaire et d'une substance brune paraissant analogue à l'hyalosidérite. Cette roche se retrouve dans les volcans éteints de l'Islande et de l'Auvergne. »

Les Arabes qui m'accompagnent, et qui sont des Riah de Sôkna, dont les troupeaux, après avoir consommé les pacages de la Soda, vont dans le Hâroûdj , m'affirment que les pierres de ce dernier massif sont de môme nature que celles de la Soda.

Hornemann, qui traversa la Soda après avoir reconnu le Hâroùdj, fit la même constatation.

Le point culminant de la route, celui qui forme le partage des eaux, est Dhâharet-Moûmen {le dos de Moûmen), plateau uni, trèsvaste, couvert de grosses pierres.

Au centre de ce plateau est une légère dépression à sol de gravier; elle se nomme El-Mejnah.

De Dhâharet-Moûmen, la route continue par une succession de ravins et de vallées jusqu'à Sôkna, au pied du versant Nord de la montagne.

Dans cette seconde partie de la route, la nature des roches s'est modifiée: les pierres basaltiques n'occupent plus que le haut des

berges; celles qu'on trouve dans le lit de Touâdi ont toutes été roulées; le fond des roches est un calcaire coquillier, de couleur rougeàtre, qui repose lui-môme sur des argiles.

Les ravins successivement suivis ou traversés sont :

Au Sud de Dhâharet-Moûmen,

L'Ouàdi-Temechchîn, très-étroit, qui se dirige vers l'Est ; L'Ouàdi-Fonguer;

L'Ouàdi-Ouiddegànen (les lits de ces deux ouâdi se creusent de plus en plus et ont des berçes très-marquées) ; Megrîz-es-Sâmeha; Megrîz-el-Ghârega ;

L'Ouâdi-'On-Guezzin, assez vaste et profond; L'Ouâdi-Boù-l'Hàchem; L'Ouâdi-Boû-lTerêa'a ; Au Nord de Dhàharet-Moûmen :

L'Ouàdi-Tef îrmi, profond ; L'Ouàdi-Zeggàr, qui se dirige dans l'Est ; L'Ouâdi-el-Wouchka; L'Ouàdi-BoiVSouwàn ; L'Ouàdi-el-Afenàt.

Le nombre considérable d'ouàdi rencontrés ou traversés indique combien la Soda est ravinée et accidentée, et, bien certainement, la route la parcourt dans sa partie la plus accessible.

Une argile verdàtre*, imprégnée de sel marin, et parsemée de cristaux de gypse lamellaire, sert de base au calcaire de l'Ouàdi-el-Wouchka.

Ce calcaire, crétacé*, gris, jaunâtre, saccharoïde, contient des moules de cardium et de turritella indéterminables.

L'Ouâdi-TIn-Guezzîn a des puits-citernes {ihemed) dans le haut ; mais le seul puits réel de la route est celui de Gottefa, dans la vallée de Boû-Souwân.

Un pacha du Fezzân, Moukkeni, avait entrepris d'en faire creuser dans le ravin de l'Ouâdi-Temechchîn ; il a dû abandonner cette entreprise; depuis, les travaux ont été continués par un riche marchand de Sôkna, Makersou, mais sans plus de succès, malgré la grande profondeur du forage.

i. Échantillon n° 52.

ti. — n« 53.

Sur la .périphérie du massif, on me signale tuit puits, savoir: Wenzeref, Oumm-es-Slàg, Moguettem, 'Açîla, 'Aâûa, Zâkeia, Ferdjân, Zemâmîya.

J'ignore queJle est la qualité des eaux de ces puits, mais celles de Sôkna se troublent beaucoup par Taddition du nitrate d'argent, qui ne s'y dissout pas complètement, ce que j'ai pu constater en cherchant à préparer un collyre. Celle de la petite ville de Hôn, à 12 kilomètres Est de Sôkna, est amère et encore plus désagréable au goût; enfin celle de Zemâmîya, que j'ai eu l'occasion de goûter, en allant de Sôkna à Bondjêm, est aussi amère et mauvaise, comme celles de toute cette région.

Je ne continuerai pas cet itinéraire dans les détails qu'il comporte jusqu'à la mer. Je me bornerai à dire qu'au Nord de Zemâmîya, les sables disparaissent, le sol devient calcaire, et toutes les montagnes sont de calcaire blanc compact. La seule exception à cette loi générale est à quatre journées de marche de Tripoli , dans les berges de l'Ouàdi-Nefîd : on y retrouve la même structure géologique que sur le flanc Nord de la Soda, notamment dans le Chaa'btes-Sôda, où des pierres basaltiques sont éparses sur une assez grande étendue de terrains calcaires *.

Toutefois, je ne puis m'abstenir de parler de la grande Hamàda-el- Homra (la rouge), dont les quatre points cardinaux sont marqués par Ghadâmès à l'Ouest , Gueria-el-Gharbîya au Nord , Sôkna à l'Est et Ïl-Hesî au Sud.

M. le docteur Barth l'a parcourue du Nord au Sud sur une étendue de 215 kilomètres. De l'Est à l'Ouest, eUe en a 690. Dans cette dernière direction, aucune route ne la traverse, parce qu'aucun animal ne peut supporter la faim et la soif assez longtemps pour entreprendre un pareil voyage.

D'après le savant voyageur, l'altitude moyenne du plateau est de 451 à 486 mètres. A son point le plus élevé, Redjem-el-Erha Qe tas de pierres meulières), il atteint 511 mètres.

Le caractère général de cette hamâda est d'être totalement dépourvue d'eau et presque totalement de végétation et d'animaux. Les oiseaux eux-mêmes n'entreprennent pas sa traversée sans dan-

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