CUCURBITACÉES
GccuBiis Melo L.
BetUkha {arabe).
De nombreuses variétés de melons sont cultivéesT)ar les Sahariens. Celles préférées sont les melons à chair aqueuse, particulièrement les melons verts d'Espagne.
COCUMIS SATIVUS L.
Foggoûs {arabe): Itekel {lemâhaq).
Le concombre entre pour une part très-considérable dans Talimentation des Oasiens. On le mange généralement avec des dattes, à rimitation du Prophète, qui disait : « Le froid des concombres compense la chaleur des dattes, et la chaleur des dattes compense le froid des concombres. »
CUCUMIS GOLOCYNTHIS L.
Handhal {arahe)\ Alkat {tcmâhaq)\ Tajellet {mesabite).
Récollé le 18 janvier 1859 dans l'Ouâd-Mezàb et le 24 août 1861 dans les montagnes de la Soda.
Croit spontanément partout. Rencontré en cinq stations entre Ghadâmès et Rhât; en deux de Tîterhsîn à la Cherguîya; indiqué dans les montagnes entre Rhàt et In-Saïah. Assez commun dans le pays des Teboù pour que la vente de ses graines, aguellet, soit Tobjet d*un commerce.
Les auteurs grecs et romains ont signalé, comme une très-grande aberration du goût, l'usage que les Troglodites (ïeboû modernes) faisaient de la graine de la coloquinte. Cet usage s'est perpétué jusqu'à nos jours. Les graines de coloquinte, débarrassées de leur principe amer par Tébullition et torréfiées, sont encore vendues aujourd'hui sous le nom de taberka par les Teboù sur les marchés et recherchées comme aliment de^luxe.
A l'imitation de mes compagnons de route, j'ai mangé des graines de coloquinte et je n'ai pas trouvé qu'elles fussent dignes de la réprobation des anciens. J'avoue cependant qu'il faut habiter le pays de la famine pour avoir l'idée de chercher un aliment dans la graine d'une pareille plante.
La graine de coloquinte, non débarrassée de son principe amer, est donnée comme boisson, en mélange avec de l'ail, contre les morsures de vipères.
CCCURBITA MAXIMA Ducll.
Guera'a (arabe); Takasâïm [temâhaq).
Le potiron, qui atteint dans les oasis des proportions gigantesques, est un aliment très-prise dans le Sahara, comme tous les fruits de la famille des Cucurbitacées.
• GocuRBiTA Pepo Scringe.
Kâboùïa (arabe); Kabêoua {temâhaq).
La citrouille est cultivée concurremment avec le potiron et est recherchée comme lui.
CucuMis CiTRCLLus Seiinge.
Della'a {arabe); Tiledjest {temâhaq).
Dans les pays chauds, la pastèque est le sorbet le plus agréable qu'on puisse trouver. On en cultive, dans tout le Sahara, de nombreuses variétés à chair rouge, à chair blanche et à chair jaune! Toutes sont sucrées et très-rafraîchissantes.
Lagenadia vdlgaris Seringe.
Guera*a {arabe).
Cette courge bouteille est principalement cultivée pour son écorce solide. On en fait des vases, mais surtout des instruments de inusique à cordes, compagnons obligés de toutes les femmes et de tous les nègres qui se vengent de l'infériorité de leur position sociale, en chantant et en dansant, dès que leurs maîtres leur laissent un instant de liberté.
TAMARISCINÉES.
TaMARIX ARTICULATA Vahl.
Ethel {arabe); Tabarkat {temâhaq).
Échantillon récolté à El-Bedîr le 20 juillet 1861.
La carte itinéraire de mon voyage indique 65 bois de taoïarix , doct 58 entre Ghadàmès et Rhât et 7 entre Titerhsin et la Ghergulya.
Cl\ez les Touareg, le tamarix éthel est Tarbre le plus important par son nombre, par les proportions qu'il atteint et par les services qu'il rend.
Sur la ligne de Rhât à Ghadàmès, la limite Nord de cet arbre est à Tahâla par le 29® degré de latitude ; à partir de ce point, on le trouve dans tous les bas-fonds des vallées, où il forme quelquefois,
VÉGIÎTAUX. 173
soit seul, soit mélangé à d'autres tamarix, d'importantes forêts qui rompent la monotonie saharienne.
Au Sud de TAlgérie, Téthel se montre pour la première fois sur rOuâd-Nesâ inférieur.
Cet arbre, à moins de mutilation dans son jeune âge, pousse en un tronc unique, qui s'élève à plusieurs mètres de hauteur et porte généralement de 1" 50 à 2" de circonférence.
A Azel-n-Bangou, un éthel, celui sous lequel le forgeron Bangou avait établi son atelier, d'où lui est venu ce nom, mesure à sa base 5" iO de circonférence. Cest un véritable géant pour la région saharienne; mais il n'est pas le seul, car j'en ai remarqué d'autres qui m'ont paru presque aussi gros.
Souvent cet arbre pousse en groupes de quatre à cinq pîeds, mais toujours distincts lès uns des autres.
Souvent aussi il se ramifie à partir de terre et projette des branches tortueuses dans toutes les directions.
Son feuillage, composé de fils articulés, retombe gracieusement comme des plumes. 11 est d'un beau vert bleuâtre.
Le bois de l'éthel, de couleur jaune rosé, léger, tendre, cependant solide, fournit à l'industrie locale des planches, des poutres, mais surtout du bois de tour avec lequel on confectionne des plats, des vases et môme des selles de dromadaire.
Son fruit , nommé par les Arabes adabeh, paraît jouir de propriétés astringentes et tannantes très-marquées, car on l'emploie concurremment avec la galle de cet arbre et celles des autres tamarix sahariens à la préparation des cuirs.
La galle des tamarix, nommée takaout, est un des meilleurs tannins connus. J'aurai l'occasion de revenir sur ce produit dans le deuxième volume de cet ouvrage.
L'éthel n'est pas partout apprécié comme il l'est dans le pays des Touareg, car on lit dans le Coran, chapitre XXIV, verset 15 :
« Dieu, pour se venger des habitants de Saba, rompit les #gues « qui les préservaient de l'inondation, et leurs jardins furent envahis « par l'éthel. »
Arbre de malédiction à Saba, l'éthel est souvent béni dans le Sahara pour l'ombre qu'il donne aux voyageurs après des marches pénibles.
Tamarix Gallica L.
Tarfa, Elhel {arabe); Tabarkat (temâhaq).
Échantillons rapportés de la Heycha de Chegga^ le 25 novembre 1859; d'El- Faidh le 31 mai; de rOuâdi-'l-Ethel, le 17 octobre; de rOuàdi-Tirhît, le 18 novembre 1860; de Tekertlba, le 28 mal 1861.
Les indigènes confondent souvent cette espèce avec la précédente, parce qu'elles peuplent les mêmes forêts, donnent les mêmes produits et servent aux mêmes usages. J'ai pu constater cette confusion par le nom d'Ouàdi-1-Ethel, qu'ils donnent à des vallées dont les lits sont couverts des deux espèces et quelquefois même du T. Gallica seul, à l'exclusion de Varliculala.
Le Tamarix Gallica, qui est l'espèce dominante dans le Tell, paraît s'étendre très-loin au Sud dans le Sahara.
Le bois de cet arbre, presque toujours atteint par la pourriture, dans le Nord, ce qui le rend impropre à tout usage, paraît conserver toutes les qualités d'un bois d'œuvre dans le Sud.
Tavarix paugiovulata J. Gay.
Tarfa, Ethel, Azaoua (arabe); Tàzaouat, Tabarkat (temâhaq).
Récolté le 11 décembre 1860, sur rOuàdi-Sodof, et le !«' janvier 1861, à S&ghen. Parait commun dans les vallées du Âbaggàr.
Mélangé dans les vallées avec les précédents, il est souvent confondu avec eux.
Tamarix Africana Poir?
Tarfa {arabe).
Récolté à 'Aîn-ed-Dowtra le 4 février 1860.
Tamarix Africa?ia var, laxiflora J. G&y.
Tarfa {arabe).
Récolté aux environs de Nafta le 8 mars 1860.
Ces deux dernières espèces, communes sur le littoral, semblent affectionner des stations septentrionales, car je ne les ai pas trouvées au delà de la zone de V 'Erg.
PARONYCniÉES.
SCLEROCEPHALIIS ArABICUS Boiss.
Tasakkaroût {leinâluiq).
Récolté à Tiferghasin, entre Ghadàmès et Rh&t, le 5 ma^s 1S61.
Cette plante , ainsi que l'indiquent son nom botanique et la station dans laquelle elle a été trouvée, appartient aux régions chaudes du Sahara.
PORTULACÉES.
PORTULAGA OLBRACEA L.
Ridjla {arabe) ; Benderâkech {temâliaq).
Le pourpier est une des cultures des oasis et une de celles qui réussissent le mieux.
Indépendamment du ridjla, on trouve encore deux autres variétés de pourpier : le tafrîta et le boguel , ce dernier connu aussi sous le nom de bortoulâkech , probablement parce qu'il a été importé du Portugal.
, FICOIDÉES.
AizooN Canariense L.
Taouit (temâhaq).
Trouvé et récolté dans une station unique, à Ttn-Arrày, le i*' mars 1861.
Cette plante est mangée par les Touareg, ce qui implicyie qu'elle est assez commune dans d'autres contrées de leur pays.
NiTRARIA TRIDENTATA Dcsf.
Ghardek (arabe); Âtarzîm [temâhaq).
Échantillon du Sahara algérien, récolté entre 'Oglat-Setîl et Merhayyer, le 3 juin 1860. Reconnu en six stations entre Tlterhsîn et le Chergutya^ principalement entre Mourzouk et Zouîla, où il dispute le sol à VAlhagi Maurorum.
(( Le fruit de cet arbrisseau, damouch, est une baie rougeâtre, dit « M. le consul Pélissier, d'un goût exquis, mélange de ceux de la « fraise, de la framboise et de la groseille. L'effet de ce fruit sur « l'organisme, ajoute-t-il, est une fraîcheur viviflante, disposant Tes- « prit à la gaieté et laissant dans la mémoire de l'estomac une forte « appétence pour cet aliment suave et presque aérien. »
M. Pélissier, auquel j'emprunte cette appréciation, estime que c'est là le véritable Lotus des anciens , attendu qu'il croît en abondance dans l'île de Djerba, l'ancienne Lotophagitis,
Adhuc sub judice lis est.