‹ Exploration du Sahara: Les Touâreg du nord;Chapitre 97 sur 139 · S II* — ANIMAUX SAUVAGES · texte numérisé non relu

S II* — ANIMAUX SAUVAGES

Si la nomenclature des animaux domestiques laisse à désirer, celle des bêtes fauves, quoique plus riche, dénonce également un pays pauvre.

Mammifères,

Parmi les mammifères on compte :

La chauve-souris, watwat, thir-el-lîl (ar.); La hyène, irJienî, bêlfen (tem.), dhebaà (ar.); Un Carnivore? tahoûri (tem.) ; Le chacal , âbaggui ( tem.), dhîb ( ar.) ; Le loup? adjoûlè (le mâle en temâhaq); Id, tarlisU (la femelle), pi. tirhès; Le fennec (Fennecus Brucei), akliôr-hi, alzôzhekkal, khônchekki, arhôleh (tem.), el-fenek (ar.);

Le renard, abârrân ( tem.), thaàleb (ar.) ;

Le guépard (Felis jubata) amayâs (tem.), fehed (ar.);

Le chat sauvage (Felis catus) târhda (tem.);

Id. bârheda {tem.);

Id. c^^a«(tem.);

Le rat rayé (Mus barbarus) akoûnder (tem.), djird (ar.); Le rat ordinaire, akôteh (tem.), fâr (ar.); Le Ctenodactyle de Masson, télout (tem.), goundi (ar.); La gerboise, idhaoui (tem.), djerbouà (ar.); Le lièvre isabelin, tîmerouelt (tem.), ameb (ar.); L'onagre, ahoûlil ( tem.) ; Le hérisson, tihanêsU (tem.), ganfoud (ar.); L'antilope addax, amellâl (m.), tamellâlt (fém. tem.), el^m6to(ar.); L'antilope mohor, êner (tem.)» eÏHTiohor (ar.); L'Alcelaphe bubale (ant. orix) tiderit (tem.), fceâfueur-eI-(nkiAcfc(ar.); Le mouflon à manchettes, oûdad (tem.), laroui (ar.) ; La gazelle commune, akankôd, pi. iliinkad (tem.), ghozâl (ar.) ; La gazelle des dunes, tedemît (tem.), er^m (ar.); Un petit mammifère? akaokao (tem.); Un rat des champs (au Fezzân), korowmbâko.

Le lion âhar; la panthère, anâba, dâmesâ; le sanglier, azhîbara (appelé adaouiydaouay dans l'Aïr et aganguera dans le Ahaggâr); l'éléphant, êlou, le buffle, tahâlmousy ainsi que le rhinocéros et l'hippopotame, quoique connus des Touareg du Nord, dans leurs voyages au Nord et au Sud, ne sont pas des animaux propres à leur pays, trop pauvre en eaux, en végétaux ou en gibier,- pour qu'ils viennent s'y. aventurer.

Quelquefois les Touareg rapportent du Soudan , soit comme articles de commerce, soit comme objets de curiosité, des singes, adâguel (tem.), guerd (ar.), connus sous le nom de Guenon patas (Cercopithecus ruber) ; j'en ai acheté deux qui sont au Muséum dhistoire naturelle de Paris.

OiseaiUD [iguedàd).

Parmi les oiseaux figurent :

Un aigle noir et blanc, îhadar (tem.) ; Un aigle à tête blanche, azhizh (tem.);

Le néophron, tarhâldji (tem.);

Le gypaète, tamîdda ( tem.) ;

Le faucon, imestarh (tem.);

La chouette, taouîk ( tem.) ;

Le hibou , bôinhên (tem.) ;

Le corbeau, arhâlidj, arhâla (t^m.);

Le moineau des arbrps, çiden-firdzelàn (tem.) ;

Un motteux, belrhô (tem.), boû-bechîr (ar.);

Une berçeronnette, me^ci (ar.) ;

L'hirondelle, améstarh (tem.). hhotteïfa (ar.);

Le pigeon ramier, tîdebirt (tem.);

Le flamant, adjâïs- (tem.);

Le Pteroclurus aldiata, erak (tem.) ;

Le ganga, tîkedouin ( tem.), gatâ (ar.) ;

La bécassine, tenêq (tem.) ;

Le canard sauvage, tenèq-cnrâman (tem.);

La demoiselle de Numidie, arhellendjoiim (tem.) ;

L'autruche, ânhil (m.), tarthîlt (fém.), plur. tînhcU (tem.).

Tels sont, sauf quelques omissions, les seuls oiseaux que nourrit et que peut nourrir le pays, oiseaux voraces pour la plupart, et qui trouveraient à vivre là où il n'y a rien.

Quant aux autres espèces, celles qui aiment l'ombrage, les fleurs, les eaux, le voisinage de l'homme, la vie et le mouvement, que feraient-elles au milieu d'une nature désolée, aride, où la mort règne sur d'immenses espaces ?

Un des caractères du' désert, celui qui surprend le plus les voyageurs européens, est l'absence d'oiseaux. On peut voyager une semaine, dans certaines contrées, sans en rencontrer un seul.

Souvent les caravanes rapportent aussi du Soudan des perroquets, akoû (tem.).

ReptUes.

La série des reptiles est plus complète, quoique la famille des chéloniens manque entièrement.

Parmi les sauriens, on compte :

Le crocodile, arhôchchâf (tem.) ;

Le gecko des murailles, amazregga ( tem.) ;

Le gecko des sables, timakouert (tem.), boû-kechâch (ar.);

Un lézard vert et rouge, ametarhtarh ( tem.) ;

Un lézard jaune, tîmekelkelt (tem.);

Le scinque, tân-ahâlmouU (tem.), zelgâg (ar.) ;

Le même (jeune), imechellerh (tem.);

Le fouette-queue (Uromastix), aguezzarâm (tem.), dhobh (ar.);

Le varanus, arhâtâ (tem.), elrourân (ar.).

Les batraciens n'ont que deux représentants : la grenouille, âdjerou, autour des sources et des lacs, et le crapaud des joncs, autour des oasis.

Les ophidiens venimeux sont très-connus, et même au delà du chiffre-de leur nombre réel , car la nomenclature locale comprend deux espèces dont l'existence est au moins douteuse.

Voici cette nomenclature :

Vipère cornue, tâchchelt (tem.), lefa'a (ar.); Vipère des jongleurs, seffeltbs (tem.) ; Vipère minute, zorreîg (ar.) ; Serpent fabuleux, âchchel (tem.) ; Autre serpent fabuleux, tânerhouet (tem.).

Les ophidiens non venimeux, probablement plus nombreux que les précédents, sont tous confondus sous deux noms communs : àchchel et emedjel (tem.).

Poissons,

Dans un pays où l'eau manque, les poissons doivent être rares; cependant on en distingue trois espèces : Le Clarias lazera, asoûlmeh (tem.); Une autre espèce, isâttafen (tem.); Id. imanân (tem.).

Arachnides.

Deux familles de cette classe sont représentées dans le pays par les scorpions, tâzherdâmt, et les araignées, sârâs, dont l'une, trèsgrande, tîn-aghrân, est réputée venimeuse par les indigènes.

In$ect$s.

L'entomologie intéresse assez peu les Touareg pour qu'ils ne s'amusent pas à donner des noms particuliers aux myriades de petits êtres qui composent cette classe d'animaux ; ils se bornent à distinguer par des noms particuliers les grandes familles qui ont des caractères bien tranchés. Leur classification peut être résumée ainsi qu'il suit :

Coléoptères, èguèlê (gros), téguéleyt (petits) ; Orthoptères (sauterelles), tâhouâlt;

Névroptères (libellules), tâtel'-oùlarhet (mot-à-mot, qui vole bien).

Hyménoptères (abeilles), tihenhikert-^n-toûraout ;^

Id, id. tihenkêkert'enrtâment;

Hémyptères (punaises du chameau), tacMloûft; Id. ( id. Sàlàrve), adjôrmel; Id. (punaises des maisons), bîzbîz; Lépidoptères (papillons), ehellêloû; Diptères (moustiques), tadast; Id. (mouches du chameau), aheb; Id. (mouches de l'homme), ehi, pi. ehân; Id. {Arihemia Otxdneii, larve), ed-doùda.

Myriapodes.

Cette classe très-nombreuse d'animaux inférieurs n'est représentée que par un seul type, la scolopendre, téouânt des Touareg, sott-^lrkheU des Arabes.

Annélides.

Un seul genre de cette famille , les sangsues, tâdelît, appelle l'attention par les accidents qu'elle détermine sur les animaux qui vont boire avec avidité dans les eaux troubles.

Le ver de terre se dit tâouhki.

Mollwques,

Toutes les coquilles sont confondues sous le nom général d'issinentafoûk {i^m.).

Cependant les Touareg donnent le nom dHzhabi à une volute venant de la côte de Guinée, et qui est employée comme pendant d'oreille ; de tâmguelloût à la Cyprea monela, qui sert de monnaie au Soudan; de ifarghas aux coquilles d'eau douce et particulièrement à celles du genre Melania.

Parmi les coquilles fluviales ou palustres que j'ai recueillies dans mon voyage se trouvent :

Une Planorbis nouvelle et la PAj/5a contorta récoltées à Bîr-ez-Zouâït, région des dunes ;

La Melania fasciolata, commune dans les environs de Ghadâmès et de Titerhsîn ;

La Melanopsis Dufouri de l'Ouâd-Biskra ;

Une Paludine à déterminer, provenant d'Aîn-Temôguet (environs de Djâdo).

ParasUes,

L'un est spécial au pays, le ver de Guinée, arhân; l'autre, le pou, tillik, commun à toute la partie de l'espèce humaine qui vit dans la malpropreté.

Les vers intestinaux, fréquents chez les enfants, se nomment achchellen (serpents).

Un parasite des végétaux, donnant un miel de qualité inférieure, porte le nom de khamît.

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