ÉPOQUE DES EXPÉDITIONS
ont un tirant d’eau de quatre mètres et demi. Ils sont armés de six caronades de seize, et pourvus de munitions, de fusils, de lances et de haches d’abordage. Indépendamment du pavillon anglais qui flotte à l'arrière, ils portent au mât de beaupré, le pavillon de l'Union des trois royaumes (Union Jack), et au grand mât, un guidon qui doit servir à les faire reconnaître constamment. Ces guidons consistent en un champ bleu, sur lequel se détachent en blanc les trois lettres H. B. C. Ces navires ont les noms de Colombia, Cowlitz, Wan Couver, Albert et Victoria. La Compagnie possède encore deux goëlettes et un pyroscaphe, le, Beaver (le Castor), de cent cinquante tonneaux, pourvu de deux machines, chacune de la force de trente-cinq chevaux, destiné spécialement à trafiquer dans le détroit de
Juan de Fuca , et dans les nombreux archipels de :
la côte où les bâtiments à voilesauraient de la peine à pénétrer. Les grands navires partent généralement de Londres à la fin d'avril et de décembre, arrivent au Rio Colombia en quatre mois et demi environ, y laissent une partie de leur cargaison, prennent de la farine, du saumon, des madriers et des planches qu’ils transportent aux iles Sandwich, et reviennent avant la mauvaise saison au fort Langley, à la baie de Puget et au
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INSPECTION DES TERRITOIRES. 175 fort Van Couver, où ils complètent leur chargement pour l'Europe.
Nous avons vu, en décembre 1841, le navire Colombia se mettre en route pour Londres avec une cargaison de fourrures et de pelleteries évaluée à cinquante mille livres sterling, c'est-à-dire à près de treize cent mille francs. Généralement, il part annuellement quatre navires , soit d’Angleterre, soit de la côte Nord-Ouest; ces navires se rendent depuis peu d'années de Sandwich, ou du fort Van Couver, en Californie, où ils échangent des marchandises contre des piastres, du blé et des cuirs de bœuf. Bien que nous nous soyons trouvés en plein hiver dans la Colombie avec deux bâtiments anglais, il est extrêmement rare que la Compagnie les fasse entrer ou sortir à cette époque; s'ils doivent hiverner sur la côte, on les envoie à la baie de Puget.
Tousles ans, les chefs des districts se réunissent dans un lieu indiqué à l’avance pour traiter des affaires dela Compagnie, rendre compte de leur gestion, proposer les améliorations à introduire et les nouveaux postes à créer. Si l’on remarque que dans quelques cantons le nombre des castors diminue, on cesse de faire trapper, afin que l’espèce puisse sé reproduire. Certaines tribus punissent même de mort les individus qui tuent les