EXPRÉS DE MONTRÉAL
animaux pendant le printemps et l'été. Tous les trois ans à peu près, le Gouverneur des Territoires, Sir George Simpson, traverse le continent de l'Amérique, examine tous les forts, et revient à Londres rendre compte au Comité supérieur de la situation des affaires.
En 1842, le gouverneur Simpson , après avoir inspecté tous les établissements des Territoires de la Compagnie, ceux de Californie et de Sandwich , s'est rendu dans l'Amérique russe , et est retourné en Europe par le Kamschatka et la Sibérie. La Compagnie impériale de Saint-Pétersbourg a eu la courtoisie, pour ne pas dire l’imprudence, de laisser visiter ses comptoirs et de faciliter tous les moyens de transport à ce chef intelligent d’une Compagnie rivale.
Iudépendamment de la visite du gouverneur et des arrivages, afin que les rapports des établissements entre eux soient fixés d’une manière périodique, on expédie chaque année de Montréal, au mois de mai, un exprès , accompagné d’une brigade de porteurs, de bateliers, d’engagés et de nouveaux agents qui se rendent dans les postes. Nous croyons utile, pour donner une idée de la navigation intérieure, d'indiquer ici l’itinéraire que suit cette caravane (itinéraire tracé sur notre carte générale), et qui permet de relier
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ITINÉRAIRE. 177 par une ligne non interrompue de lacs et de rivières l'Atlantique à la Mer Pacifique , de franchir les dix-huit cents lieues qui séparent ces deux Océans , et d'aller enfin par eau, de Londres ou de Paris, à la mer du Sud, en traversant le Continent américain , sans interrompre la navigation autrement que par un trajet de quelques jours à cheval".
De Montréal on remonte le fleuve Saint Laurent, et, par les grands lacs, on arrive au Lac Supérieur. On gagne de là, par de petites rivières, le lac de la Pluie et le lac des Bois ; puis, au fond de ce lac, la rivière Ouinipeg, qui conduit au lac du même nom; dans sa partie sud se jette la Rivière Rouge, sur les bords de laquelle est établie la colonie où réside ME Provencher, Évêque de Juliopolis. La distance de Montréal à la Rivière Rouge est de sept cents lieues, et peutêtre parcourue en trente-trois jours environ. En remontant le lac Ouinipeg, on arrive, après une navigation de sept jours, à la station de Norwége , située à cent quarante-quatre lieues de la Rivière Rouge. On s'embarque sur la rivière Saskatchaouan , et l'on atteint en dix jours
: Voir le Rapport sur les Missions du diocèse de Québec , par M. l'abbé Blanchet, N° 2, p. 12. Québec, 1840.
Voir dans l’Atlas la Carte générale n° 1.
LLR