‹ Exploration du territoire de l'Orégon, des Californies et de la mer vermeille [microforme]Chapitre 238 sur 313 · ET DE LA NOUVELLE CALÉDONIE · texte numérisé non relu

ET DE LA NOUVELLE CALÉDONIE

Les Indiens Koumchaouas, Haïdas, Massettes et Skidegats, de l’île de la Reine Charlotte, déploient une grande habileté dans la construction de leurs armes, de leurs pirogues, et surtout dans la manière dont ils sculptent, à l’aide de couteaux et souvent de cailloux tranchants, les vases et les pipes faites d’une espèce de pierre noirâtre, ayant la consistance de l’albâtre. Nous avons vu des pipes de plus d’un pied de long, sur lesquelles se trouvaient sculptées sept ou huit figures entrelacées, représentant des chasses et des combats. La nourriture de ces tribus consiste principalement en saumon et en pommes de terre qu es récoltent en abondance !.

Les Indiens de la côte ou de la Nouvelle Calédonie, Îles Tokalis, les Chargeurs (Carriers), les Schouchouaps, les Atnas, appartiennent tous à la nation des Chipeouaians dont la langue est en usage dans le nord du Continent jusqu’à la baie d'Hudson et à la Mer Polaire. Quoique forts et courageux , ces Indiens n’ont pas adopté le genre de vie nomade de la plupart des tribus. Ils habitent dans des loges de soixante pieds de long, construites avec des troncs de sapin et recouvertes d’écorces d'arbres. Leurs moyens de subsis-

‘ Voir dans ce volume la vignette n° 8.

338 MŒURS, USAGES tance consistent dans la chasse et la pêche du saumon. Pour prendre le poisson, ils établissent en travers des petites rivières, des chaussées au milieu desquelles ils laissent un passage étroit; ils placent au-dessous un panier, ayant la forme d’un entonnoir renversé, avec une porte à bascule dans le fond; ce panier communique avec un autre plus grand. Lorsque ce dernier est rempli, les pêcheurs le vident sur le sable et tuent les saumons à coups de bâton. On les partage en deux, et on les fait ensuite sécher au soleil et fumer, puis les femmes les aplatissent entre deux pierres et les disposent en paquets fortement cordés, pour leurs échanges et la provision d’hiver. On trouve chez les Atnas de la Nouvelle Calé-

donie un usage singulier, qui rappelle une cou-

tume des Hindous. Lorsqu'un homme meurt, on brüle son corps, et sa femme, couchée sur son cadavre , est obligée de conserver cette position jusqu’à ce que la chaleur devienne intolérable. Souvent même les parents du défunt, pour l'empêcher de se lever, l’attachent sur le corps, et ne la délivrent que lorsqu'elle est couverte de brûlures profondes. Dès cet instant, elle devient esclave du plus proche parent de son mari, et ce n’est qu’au bout de deux ou trois ans qu'elle reconquiert sa liberté et le droit de se remarier.

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