INDIENS PIEDS NOIRS
Ventres des Prairies ou Acapatos, qu'il ne faut pas confondre avec les Gros-Ventres du Missouri qui parlent la langue Braou, et résident entre la rivière du Vent et la rivière Plate, des Gens du Sang, des Sursis , des Pigans et des Pieds-Noirs proprement dits. La population totale de ces tribus s'élevait, il y a peu d'années, à plus de trente mille individus; mais la petite vérole, la syphilis et les fièvres ont depuis sensiblement réduit leur nombre. Cette nation n’en est pas moins l’effroi des autres Indiens, contre lesquels elle est toujours en guerre, et des blancs euxmêmes, qui ne se hasardent à traverser la contrée qu’ils habitent, que par bandes de quarante à cinquante hommes armés.
Malgré leur férocité et leur audace, ces Indiens sont extrêmement superstitieux. L'établisse. ment de M. Rowan sur leur territoire en est une preuve frappante. Ce personnage, qui dirige depuis plus de trente ans une factorerie fondée au fort Edmonton par la Compagnie d'Hudson, vit sans défiance avec sa famille et avec quelques Français Canadiens, au milieu des loges renfermant douze et quinze mille Pieds-Noirs. Il a su prendre sur l'esprit des indigènes un tel ascen-
dant, que ceux-ci, le regardant comme un être
surnaturel, lui adressent des prières, lui offrent
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LEURS SUPERSTITIONS. 343 des sacrifices, et viennent quelquefois de deux et trois cents lieues le consulter sur leurs affaires et sur leurs alliances.
Le même esprit superstitieux qui protége M. Rowan contre les Pieds-Noirs, occasionna au fort Thompson la mort d'un autre agent de la Compagnie, nommé M. Black. En mai 1840, un Indien Schouchouap, arrivé de plus de cent lieues exprès pour le rencontrer, s’approcha de lui avec un fusil, l'ajusta à bout portant, et l’étendit roide mort. Il tenta ensuite de se soustraire, par la fuite, au châtiment qu'il méritait ; mais les Indiens Nez-Percés, fort attachés à l’agent anglais, s'étant mis à sa poursuite, ne tardèrent pas à le rejoindre. Pressé d’avouer le motif du crime, l’assassin se borna à dire que M. Black lui avait jeté un sort! Les autres Indiens le tuèrent sur place à coups de flèches.
La tribu la plus nombreuse des territoires de l’Orégon est la nation Ouakich, établie sur la grande île de Quadra et Van Couver, et qui ne compte pas moins de vingt milles âmes. Ces Indiens sont presque tous pêcheurs; leur taille est moyenne, et leur crâne aplati sur les côtés, ce qui donne à l’ensemble de la tête une forme pyramidale, fait ressortir les sourcils, et imprime aux pommettes une plus grande largeur; ils